Dégradation de la situation sanitaire :

Covid-19 : La Réunion se donne une dernière chance avant le tour de vis


Publié / Actualisé
La conférence de presse du préfet Jacques Billant, ce mercredi 3 février 2021, avait clairement l'allure de dernière sommation avant des mesures beaucoup plus drastiques pour lutter contre l'épidémie de Covid-19. En effet, face à la " détérioration de la situation sanitaire " qui fait craindre un " basculement ", le préfet a annoncé une série de nouvelles mesures visant à freiner la propagation du virus, tant dans les écoles qu'en dehors. La Réunion échappe donc pour l'instant au couvre-feu mais les restrictions se renforcent, notamment dans les commerces, les salles de jeux ou encore les lieux de culte, alors que le taux d'incidence de l'île approche dangereusement le seuil des 50 pour 100.000 habitants. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
La conférence de presse du préfet Jacques Billant, ce mercredi 3 février 2021, avait clairement l'allure de dernière sommation avant des mesures beaucoup plus drastiques pour lutter contre l'épidémie de Covid-19. En effet, face à la " détérioration de la situation sanitaire " qui fait craindre un " basculement ", le préfet a annoncé une série de nouvelles mesures visant à freiner la propagation du virus, tant dans les écoles qu'en dehors. La Réunion échappe donc pour l'instant au couvre-feu mais les restrictions se renforcent, notamment dans les commerces, les salles de jeux ou encore les lieux de culte, alors que le taux d'incidence de l'île approche dangereusement le seuil des 50 pour 100.000 habitants. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"Nous sommes à la veille d’un moment de bascule" : ces mots de Martine Ladoucette, directrice générale de l’ARS, ne laissent guère de doute concernant l’accelération de l’épidémie. En effet, sur les 7 derniers jours, 440 nouveaux cas ont été recensés. Sur les deux derniers jours (2 et 3 février), 136 nouveaux cas ont été détectés, dont 11 importés et 115 autochtones, hissant le taux d’incidence à près de 50 pour 100.000. "Nous pourrions franchir les 100 nouveaux cas sur une journée", prévient la Martine Ladoucette.

Par ailleurs les autorités recensent un nouveau décès des suites des virus, il s'agit d'une personne hospitalisée d'environ 60 ans.

Lire aussi : Covid-19 : un nouveau décès et 136 cas confirmés sur deux jours

- Des ajustements visant à endiguer la propagation du virus -

"Au-delà de la prolongation des mesures socles, j'ai décidé de mettre en place de nouvelles mesures, qui entreront en vigueur samedi matin", a donc souligné Jacques Billant, face à ces nouveaux chiffres alarmants.

Parmi ces mesures,  la mise en place de nouvelles jauges dans les commerces, de 4 à 8 mètres carrés par personnes pour les établissements de moins de 400 mètres carrés, et 10 mètres pour les autres établissements. Dans les lieux de culte, la distanciation sera portée de 1 à 2 mètres. Les salles de jeux et casinos devront fermer à 0h30. Les colonies de vacances ne pourront plus prévoir de séjours avec hébergement.

Enfin, à l’approche du Nouvel an chinois, la préfecture indique que les danses du lion seront autorisées uniquement si elles respectent les protocoles avec un public assis et des danseurs à bonne distance. La danse sur voie publique est interdite. A cela s’ajoute le contrôle renforcé des voyageurs arrivant à La Réunion et déjà annoncé par la préfecture ce mardi 3 février.

- Dernière sommation avant le tour de vis -

Une chose est certaine pour le préfet, si la situation continue à se dégrader, il n’hésitera pas à prendre des mesures plus drastiques. Il a d’ores et déjà esquissé la montée en puissance de ces mesures en fonction de l’évolution du taux d’incidence.

Ainsi dès lors que ce taux atteindra les 50, les centres commerciaux non alimentaires de plus de 20.000 m2 seront fermés. Si celui-ci est de 100, le couvre-feu à partir de 22h sera mis sur la table. Il pourra être territorialisé à l'échelle d'une commune. Si la hausse dépasse 125 pour 100.000, le couvre-feu passera à 18h. Enfin si le taux d'incidence dépasse 150, un conseil de crise sera réuni pour statuer sur le confinement du territoire. Autant dire qu’il reste à La Réunion et aux Réunionnais une dernière chance avant de basculer dans les mesures les plus contraignantes.

Pour la directrice de l'ARS, même s’il existe des cas importés, la circulation virale est surtout due au "non respect des gestes barrières", d’où la multiplication des clusters en sphère familiale ou professionnelle.

La présence des deux variants (sud-africain et britannique) sur le territoire n’arrange guère la situation puisque les connaissances actuelles permettent de dire qu’ils sont plus contagieux. A l’heure actuelle, on dénombre toujours 9 cas du variant sud-africain et 1 cas du variant britannique.  "Je ne vais pas vous certifier que la présence de ces variants sur le sol réunionnais se limite à ces cas là", nuance la directrice de l’ARS. Il existe d'ailleurs une forte suspicion - confirmée par l'ARS - de second variant britannique. Des échantillons ont été envoyés par le CHU au séquençage, les résultats devraient être connus d'ici peu.

Lire aussi : Suspicion d'un second cas de variant anglais à La Réunion

- Tester, tracer, alerter, isoler et maintenant vacciner -

Face à cette situation, les autorités veulent " amplifier, renforcer, diversifier la stratégie déjà mise en place : tester, tracer, alerter, isoler et maintenant vacciner ".

Ainsi, Martine Ladoucette a annoncé la reprise de campagnes de tests ciblés sur plusieurs communes, les plus touchées : Le Port, Saint-Denis, Saint-Benoît et Saint-Louis. Elle souhaite aussi augmenter le recours aux tests antigéniques en pharmacie. L’ARS annonce par ailleurs une hausse de ses effectifs pour le suivi des cas contact et des tests à J+9.

Par ailleurs, la campagne de vaccination suit son cours dans les huit centres de l’île. 5.600 personnes se sont faites vacciner à ce jour : 874 en EHPAD, 2.663 professionnels de santé, 1.544 personnes âgées de plus de 75 ans à domicile et 517 personnes hautement vulnérables.

- Les écoles se mettent au diapason du national -

Pour le préfet et la rectrice, pas question de fermer les écoles. La continuité pédagogique a d'ailleurs permis de poursuivre les cours pour les 5% d'enseignants qui se trouvaient en septaine à leur retour de vacances lors de la rentrée scolaire.

Lire aussi : Septaine oblige : 800 enseignants ne seront pas en classe

Les autorités veulent tout de même prendre des mesures supplémentaires afin de freiner la propagation du virus dans les établissements scolaires qui ont enregistré cette semaine une accélération du nombre de cas. Durant la première semaine de reprise, 20 cas avaient été recensés chez les élèves, alors que sur ces trois derniers jours, une classe été isolée. On dénombre actuellement 26 élèves et 5 agents contaminés.

Dans ce contexte, la rectrice et le préfet ont décidé d’appliquer strictement à La Réunion le protocole national. Ainsi, alors que le port du masque à partir du CP était recommandé à La Réunion (contrairement à la Métropole où il était appliqué), cette mesure devient obligatoire pour La Réunion à compter de ce lundi 8 février, tant dans les espaces clos que dans les espaces extérieurs, pour les enfants de plus de 6 ans.

Seuls les masques chirurgicaux ou grand public de catégorie 1 sont autorisés. Cette nouvelle va sûrement faire des remous au sein des de parents qui s’y opposaient. Chantal Manès-Bonisseau a tenté d’être rassurante, soulignant que le masque "n’a pas d’effet négatif sur l’enfant".

Lire aussi : Covid-19 : grand flou autour des masques en tissu

Davantage de fermeté également dès la déclaration de cas dans une classe. Ainsi en maternelle, la classe sera fermée dès la détection d’un cas confirmé. Si trois cas sont recensés dans la même classe, les professeurs des écoles sont considérés cas contacts. En cas de suspicion d'un variant, la fermeture sera décidée par l'ARS, le rectorat, la préfecture et l'établissement.

Concernant la restauration collective, si elle est maintenue, le rectorat a demandé à renforcer les mesures de distanciation avec la mise en place du respect des 2 mètres entre groupes. S'agissant des collégiens et lycéens, les élèves d'une même classe ou même groupe doivent manger ensemble.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

4 Commentaire(s)

Marius, Posté
comme chez nous dans les "outre-mer française" nous sommes très disciplinés .....Le virus va aller s'installer ailleurs, nous restons la tête sous l'eau et nous gardons nos distances, en plus nous avons mis nos palmes pour s'en éloigner au plus vite sur ordre des préfets en poste.....
THOR, Posté
Pauvre petit fonctionnaire....comme son maître, Macron, des menaces des menaces encore des menaces et toujours des menaces. Pitié qu'il soit muté dans un autre endroit il saoule à la fin.
J'en doute, Posté
On nous prend vraiment pour des "...", nous laisser croire que les cas importés n'y sont pour rien dans la recrudescence du virus c'est nous rabaisser dans notre esprit d'analyse. Oui peut être il y a eut un peu de laisser aller mais de là à penser que seul les Réunionnais sont en faute et que les cas importés sont infimes, là laisser moi en douter. Analysons les courbes et les tendances depuis juillet-Août (courbe officielle) et on constate que les reprises épidémiques (montée de la courbe des cas) s'effectuent comme par hasard dans la période des retours de vacances ( mi-août à mi septembre, mi-octobre à mi-novembre et maintenant fin janvier...). Ils est donc logique de penser que les retours de vacances peuvent éventuellement jouer un rôle dans cette poussée. Ensuite concernant ces fameux tests demandés aux personnes revenant de vacances, on sait très bien qu'une grande majorité d'entre eux n'ont pas fait le deuxième test à 3 / 4 jours après le retour, ce qui me laisse à penser que si ils présentent les symptômes et sont testés positifs ils sont sûrement comptabilisés en cas autochtones et non importés.
Agir vite, Posté
A force de donner une dernière chance:, espérons qu'on.ne soit pas trop tard. Covid sud africain, variant britannique sont arrivés par avion et par Gillot. ET on. Ulpanise les cas autochtones 974.