Pas de couvre-feu généralisé :

Covid-19 : une situation pas catastrophique mais à surveiller


Publié / Actualisé
Les chiffres annoncés ce mardi 16 février, certains par plusieurs maires et d'autres dévoilés en exclusivité par Imaz Press, semblent indiquer que la situation sanitaire est encore maîtrisable à La Réunion. Trois nouvelles communes sont sous la menace d'un couvre-feu de 22h à 5h dont Salazie qui affiche un taux d'incidence de 328 de 100.000 habitants. Pour autant, les capacités hospitalières de l'île restent correctes et d'autres communes voient leurs indicateurs baisser. Le préfet n'envisage pas pour l'instant de couvre-feu généralisé. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Les chiffres annoncés ce mardi 16 février, certains par plusieurs maires et d'autres dévoilés en exclusivité par Imaz Press, semblent indiquer que la situation sanitaire est encore maîtrisable à La Réunion. Trois nouvelles communes sont sous la menace d'un couvre-feu de 22h à 5h dont Salazie qui affiche un taux d'incidence de 328 de 100.000 habitants. Pour autant, les capacités hospitalières de l'île restent correctes et d'autres communes voient leurs indicateurs baisser. Le préfet n'envisage pas pour l'instant de couvre-feu généralisé. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

• Pas de couvre-feu généralisé

Le préfet a fait penser au pire ce mardi 16 février en convoquant tous les maires de l'île au Conseil départemental pour une réunion en présentiel. De quoi envisager des mesures très restrictives, pourquoi pas sur l'ensemble de l'île.

Pourtant ce sont des chiffres très contrastés qui ont été présentés aux maires au palais de la Source et ceux qu'Imaz Press a dévoilés en exclusivité en début de soirée le prouvent également. Certains indicateurs s'envolent quand d'autres baissent. Certaines communes sont sous la menace d'un couvre-feu quand d'autres, déjà soumises à cette mesure, voient leur taux d'incidence diminuer.

Lire aussi - Covid-19 : le taux d'incidence commune par commune

Des bonnes et des moins bonnes nouvelles qui permettent de garder une chose en tête : les chiffres sont extrêmement hétérogènes et fluctuants. Plusieurs maires ont d'ailleurs fait remarquer, comme Maurice Gironcel ou Olivier Hoarau ont d'ailleurs fait remarquer que les taux d'incidence des quatre communes sous covre-feu avaient commencé à baisser avant l'application de la mesure. "Parce que l'annonce quelques jours avant son application a été dissuasive ? Nul ne sait, mais preuve une fois de plus, que les chiffres bougent tout le temps.

L'heure n'est donc pas encore à l'affolement et le préfet l'a dit aux maires ce mardi : aucune mesure généralisée n'est envisagée pour le moment, la stratégie reste territorialisée, par villes. Pas de couvre-feu sur l'ensemble de l'île, donc, comme l'indiquait Patrice Selly dès sa sortie de la réunion.

• Trois communes sous la menace d'un couvre-feu

Ainsi ce sont trois nouvelles communes qui pourraient passer à leur tour en couvre-feu et ce dès cette fin de semaine.

- Salazie, d'abord, affiche un taux d'incidence exceptionnellement haut vis-à-vis des autres communes et passe à 328 pour 100.000 habitants selon les chiffres du 6 au 12 février, comme l'a révélé Imaz Press en fin de journée, en diffusant les taux d'incidence commune par commune.

Une situation qui se justifie après la découverte d'un cluster à Grand Ilet, encore en état de confirmation lors de la consolidation de ces chiffres. Depuis, l'agence régionale de santé (ARS) a confirmé qu'au moins 25 personnes avaient été contaminées au cours d'une veillée funèbre. Parmi elles, 10 cas de variant sud-africain ont été recensés.

De quoi pousser la ville de Salazie à organiser un vaste dépistage sur deux jours. Ce lundi déjà ce sont 450 personnes qui sont allées se faire tester. Les résultats devraient être connus ce mercredi ou ce jeudi.

- L'Etang-Salé ensuite, avec son taux d'incidence de 166 pour 100.000 habitants a dépassé la barre fatidique des 150. Le maire Jean-Claude Lacouture estime cependant que les arrivées extérieures, sur la plage notamment, justifient cette explosion. "Si on ne peut pas aller à Saint-Leu ou Saint-Louis, on vient là" regrette-t-il.

Pour autant, le taux de positivité des tests à l'Etang-Salé ne fait pas partie des plus hauts de l'île, il n'est d'ailleurs que de 5,8%.

- Sainte-Suzanne pour sa part affiche un taux d'incidence de 162 pour 100.000 habitants. Le maire Maurice Gironcel a rappelé que des mesures ont déjà été prises au niveau du marché forain. L'occasion de dire aussi qu'une livraison de 100.000 masques va être faite sur le territoire de la Cinor. Des mesures visant à limiter la propagation du virus.

Retrouvez les réactions des différents maires à la sortie de leur réunion avec le préfet :

La commune de Sainte-Suzanne, avec l'appui du laboratoire Réunilab, organise d'ailleurs une opération de dépistage Covid-19 auprès de la population. Celle-ci se déroulera à Bagatelle, devant l'église, jeudi 18 février de 8h30 à 11h30.

• D'autres chiffres hauts pas mais alarmants

Dans le tableau des taux d'incidence, taux de positivité et nouveaux cas des 24 communes de l'île, publié ce mardi par Imaz Press, on voit que d'autres communes voient leurs indicateurs augmenter, mais sans tomber dans la panique pour autant.

Saint-Pierre, par exemple, n'est pas passée loin du couvre-feu avec un taux d'incidence de 97 pour 100.000 habitants (la limite étant de 100). Sainte-Rose de son côté affiche 91. De nombreuses autres communes sont au-dessus de 50 mais elles restent bien loin des trois nouvelles communes menacées de couvre-feu.

Par ailleurs sur le taux de positivité des tests, on constate que les plus hauts ne tournent qu'autour de 10%. Salazie est à 11,1% quand Sainte-Rose est à 10,8%. Six autres communes sont au-dessus des 5% de positivité (le seuil d'alerte national) : Sainte-Suzanne, Saint-Philippe, Saint-Benoît, Le Port, l'Etang-Salé et Saint-Pierre.

Sur les nouveaux cas recensés du 6 au 12 février, bien que le total sur cette semaine glissante soit de plus de 646 à La Réunion, force est de constater que la commune qui enregistre le plus de nouveaux cas en une semaine est Saint-Denis avec 97 contaminations. Elle est suivie de Saint-Paul avec 93 nouveaux cas positifs et de Saint-Pierre (82 nouveaux cas). Le fossé est ensuite important puisque la quatrième ville du classement est Sainte-Suzanne avec 38 cas en une semaine. Les nouvelles contaminations restent donc importantes, et à surveiller, mais rien à voir avec l'envolée épidémique que connaît Mayotte.

• Contrôle renforcé des motifs impérieux

Plusieurs élus se sont dits globalement favorables à une fermeture de l'aéroport Roland-Garros pour limiter au mieux la propagation du virus. "S'il faut y aller, il faut le faire oui, mais si on contrôle davantage la septaine, il ne devrait pas y avoir besoin de fermer l'aéroport" a déclaré le maire du Port, Olivier Hoarau.

Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, a pour sa part estimé que le préfet avait entendu les demandes des élus. "Le préfet nous dit que ce n'est pas possible (de fermer l'aéroport, ndlr) mais il reste le problème des motifs impérieux, que le préfet déclare vouloir continuer à serrer, avec un contrôle plus important".

Le détail de ce contrôle devrait être révélé ce mercredi au cours d'une conférence de presse ou par voie de communiqué. Plusieurs maires ont affirmé que ce contrôle devait être prioritaire, alors que ce mardi, une cinquantaine de manifestants se sont mobilisés devant l'aéroport Roland-Garros pour réclamer une surveillance accrue des tests PCR, des motifs impérieux et des septaines.

Rappelons cependant que la Cour constitutionnelle a décrété dès le premier confinement déjà que la mise en place d'un confinement obligatoire n'était pas possible, au regard de la loi. "On dit que c'est anti-constitutionnel mais qu'on m'explique : pourquoi autoriser un confinement mais pourquoi pas une septaine ? Je ne comprends pas" s'est agacé Olivier Hoarau ce mardi.

• Pas de pression hospitalière

A noter aussi que les hôpitaux de La Réunion ne sont pas surchargés, comme l'a indiqué le président de l'Association des maires à la sortie de sa réunion avec les autres maires et le préfet, Serge Hoareau. "La pression sur le milieu hospitalier n'est pas encore prise en compte" indique-t-il, "on doit être autour de 27% d'occupation, on a aujourd'hui 117 lits en réanimation et une trentaine occupés aujourd'hui" assure-t-il. "Il ne faut pas non plus dire des choses pour affoler la situation."

Martine Ladoucette le disait elle-même lors de sa conférence du vendredi 12 février portant sur les évacuations sanitaires (evasan) vers La Réunion, notre département a les moyens de le faire puisque les capacités hospitalières ne sont pas sous pression.

• De la place pour les evasan

Au risque de faire grincer quelques dents, il apparaît pourtant que La Réunion est effectivement en capacité d'accueillir ces evasan. Il semble temps d'arrêter de stigmatiser les patiens mahorais, qui nécessitent pourtant une prise en charge rapide.

Rappelons que Mayotte affiche un taux d'incidence de 843 pour 100.000 habitants, 2.356 nouveaux cas sur une semaine glissante et un taux de positivité global de 30,4%. 185 personnes sont hospitalisées dont 36 en service de réanimation. Par ailleurs ce lundi, trois nouveaux décès liés au Covid-19 ont été enregistrés.

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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