Les malades devront aller en Métropole ou dans un autre pays :

L'Etat suspend les évacuations sanitaires vers La Réunion des Français résidant à l'étranger


Publié / Actualisé
Depuis le jeudi 18 février 2021, les évacuations sanitaires vers La Réunion des Français vivant à l'étranger sont suspendues. L'aéroport Roland Garros l'annonce aux compagnies aériennes dans un mail qu'Imaz Press a pu consulter. Pour se faire soigner, les Français malades résidant aux Comores, à Madagascar ou aux Seychelles devront se rendre en Métropole ou "dans d'autres pays" note l'aéroport en soulignant avoir été "informé (de cette interdiction) par les services de l'Etat". L'aéroport précise aux compagnies que "toute demande (d'évacuation) sera systématiquement refusée". Signifiée à l'aéroport par la préfecture de La Réunion, cette décision aurait été prise par le ministère de la Santé. Elle a fait bondir les ressortissants français vivant dans les pays de la zone sud de l'océan Indien (Photo rb/www.ipreunion.com)
Depuis le jeudi 18 février 2021, les évacuations sanitaires vers La Réunion des Français vivant à l'étranger sont suspendues. L'aéroport Roland Garros l'annonce aux compagnies aériennes dans un mail qu'Imaz Press a pu consulter. Pour se faire soigner, les Français malades résidant aux Comores, à Madagascar ou aux Seychelles devront se rendre en Métropole ou "dans d'autres pays" note l'aéroport en soulignant avoir été "informé (de cette interdiction) par les services de l'Etat". L'aéroport précise aux compagnies que "toute demande (d'évacuation) sera systématiquement refusée". Signifiée à l'aéroport par la préfecture de La Réunion, cette décision aurait été prise par le ministère de la Santé. Elle a fait bondir les ressortissants français vivant dans les pays de la zone sud de l'océan Indien (Photo rb/www.ipreunion.com)

"La France a-t-elle décidé d'abandonner les Français de Madagascar ?" s'interroge Jean-Hervé Fraslin, conseiller des Français de l'étranger, dans un mail destiné à Christophe Bouchard, ambassadeur français à Madagascar. "Ici (à Madagascar - ndlr), tout le monde considère que les hôpitaux de La Réunion sont notre recours en cas d'urgence" regrette Jean-Hervé Fraslin dans son courriel qu'Imaz Press a pu lire dans son intégralité. Le conseiller des Français de l'étranger cite le cas d'un ressortissant français sauvé grâce à une évacuation sanitaire vers La Réunion en décembre dernier. "Demain, le même cas est-il condamné à mourir à Madagascar ?" s'est-il interrogé.

De nombreux Français résidant dans les pays de la zone ont fait part de leur incompréhension, voire de leur colère, auprès des différents consultats et de plusieurs élus.

La nouvelle a alerté la sénatrice Nassimah Dindar, qui a rapidement interpellé le ministre de la Santé, Olivier Véran. "Le préambule de la Constitution de 1946 énonce que "la nation garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé (…) Aucun Français, quel que soit son lieu d'habitation, ne saurait être privé de ce droit reconnu comme valeur constitutionnelle" a-t-elle fait remarquer.

Le maire du Tampon, André Thien Ah Koon, a lui aussi exprimé son inquiétude, interpellant le préfet sur la nécessité d'ouvrir des lits supplémentaires ainsi que de stationner un navire hôpital militaire afin d'assurer l'accueil des ressortissants français habitant dans la zone océan Indien.

La vague de protestation semble avoir atteint la préfecture. Selon nos informations, les services préfectoraux ont fait savoir que les évacuations sanitaires des Français vivant à l'étranger pourraient continuer. "Les centres hospitaliers de La Réunion n’appartiennent pas qu’aux Réunionnais, mais qu’ils fonctionnent pour les français de l’Océan indien" a d'ailleurs écrit dans un communiqué publié ce jeudi soir Camille Goyet, directrice de cabinet de la préfecture. La priorité sera par contre d'envoyer ces malades en Métropole, toutes les fois où cela est possible.

Lire aussi - Air Austral : des vols dédiés aux évacuations sanitaires entre Mayotte et la Métropole

- Les hôpitaux réunionnais sous tension -

La question se pose cependant de la légitimité de la préfecture à passer outre cette décision qui émanerait d'Olivier Véran lui-même. Sauf bien sûr à supposer que le ministère de le Santé a autorisé le préfet à adapter et donc à autoriser partiellement ces évacuations sanitaires. Sauf aussi si cette décision, supposément ministérielle, a été largement inspirée par les autorités à La Réunion. Martine Ladoucette avait d'ailleurs annoncé dès le 12 février que les évacuations sanitaires depuis les Comores seraient désormais redirigées vers la Métropole.

Pour le moment l'aéroport n'a reçu aucune instruction officielle de la préfecture sur un éventuel assouplissement des conditions d"évacuations sanitaires. L'interdiciton totale est donc toujours en vigueur et elle pose une question importante. Quel pays de la zone sud de l'océan Indien est aujourd'hui en mesure de prendre en charge des malades supplémentaires ? Dès lors c'est uniquement vers la Métropole que ces évacuations sanitaires pourront se faire avec tous les risques vitaux qu'un tel long voyage suppose.

Plus largement cette polémique pose aussi la question du manque de prévisions et d'adaptation des services de l'Etat face à la situation sanitaire. Même s'il manque toujours de moyens, le système hospitalier de La Réunion est performant et bien équipé.

Pour autant, il commence à être saturé, avec une forte tension observée dans les services de réanimation. Une tension qui s'explique en partie par les évacuations sanitaires effectuées depuis Mayotte, où le centre hospitalier est, lui, complètement saturé. Les capacités hospitalières mahoraises sont toujours extrêmement limitées, avec un second hôpital dont la construction n'en finit plus.

Pourquoi en est-on arrivé à une telle situation ? S'il y a un an, la crise sanitaire a pris tout le monde par surprise, qu'a-t-il été fait depuis pour éviter que cette situation ne se reproduise ? Il aurait été fondamentalement pertinent d'apprendre des erreurs commises l'an dernier pour éviter la situation dans laquelle se trouvent aujourd'hui La Réunion et Mayotte.

Cela aurait peut-être évité que cette situation soit génératrice de tensions, certains craignant à court terme l'impossibilité de soigner les Réunionnais à La Réunion. Cela aurait aussi évité la prise de position pour le moins maladroite de Camille Goyet sur les ondes de la 1ère. "Les centres hospitaliers de La Réunion n'appartiennent pas aux Réunionnais, ils appartiennent à la France" a-t-elle asséné. En toute contradiction avec les directives données à l'aéroport Roland Garros...

Car si les ressortissants français de l'océan Indien ne peuvent plus être transférés vers notre île, alors l'hôpital français n'est plus vraiment à tous les Français...

mb/as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

9 Commentaire(s)

Arnosybe, Posté
Honteux ,minable ,et ja continuité territoriale si chère aux réunionnais ð?¤"
Poupette, Posté
Heu de ce que je comprends c'est qu'il n'y a plus de places à La réunion tout simplement ! Ce n'est pas un refus en tant que tel juste que nos hÃ'pitaux sont débordés. OK pourquoi créer une polémique alors qu'il suffit juste d'expliquer !!!!
Sandrine, Posté
Et de Mayotte qui est la source de la contamination vers la Reunion ,ca continue ???
Alfred974, Posté
Je pense que le gouvernement et ses représentants courent comme des canards sans tête et font n'importe quoi, notre préfet en tête...d'un côté on prend des mesures en s'abritait derrière le sacro saint principe de précaution et dans le même temps, on joue à l'apprenti sorcier en tenant à vacciner absolument les gens avec une therapie génique expérimentale dont on ne connaît absolument pas les effets à moyen et long terme.... pas très cohérent tout ça ! nous n'en serions pas là si on avait décidé de soigner précocement avec tous les médicaments qui ont maintenant fait largement leurs preuves...Seulement voilà... si on admet officiellement qu'il y a des traitements efficaces et qu'il est important de renforcer nos systèmes immunitaires, le "vaccin" tombe à l'eau... il y a tellement de gros sous derrière tout cela qu'on préfère sacrifier le peuple!!!Le gouvernement ne veut pas sauver des vies. Soyez en convaincus...Si vous regardez les choses sous le prisme de l'argent, vous verrez, tout s'explique facilement...
Boum , depuis son mobile, Posté
Et pan dans ta geul....
Didi, Posté
L'impression que j'ai de Camille Goyet, est que c'est une bonne personne et qu'il ne faut pas lui en vouloir. Non seulement, les mahorais ont droit à l'hospitalisation à la Réunion en tant que Français, mais j'ai cru comprendre que la France rayonnait dans l'Océan Indien aussi grâce à son système de santé et qu'elle s'est engagée à ce niveau.
Dadou, Posté
Comme le dit un autre internaute , trop facile de vouloir profiter des avantages d'un pays mais exiger de profiter du système français !!! Les services de réanimation à La Réunion sont sous tension pour avoir accueilli des malades de la zone .à Mayotte depuis le confinement, non respecté bien sÃ"r, les cas explosent et tous les jours il y a des évasans .vu le coÃ"t de revient , ne serait-il pas plus judicieux de construire un Hopital de campagne , comme ça etait fait en métropole ???
Lucien Raynouard, Posté
C'est bien de vouloir profiter de la vie au soleil avec des avantages indéniables comme le pouvoir d'achat et la bonne entente avec les locaux mais il fait aussi accepter certaines contraintes comme l'éloignement ou les hÃ'pitaux.
Vaut mieux tard que jamais, Posté
Oui à la solidarité.Mais il faut aussi savoir prévoir et notamment protéger les Reunionnais.Il était temps.C'est vrai que les hÃ'pitaux de la Reunion n'apparaissent pas aux Reunionnais comme dirait l'autre ?