Les clients se font rares (actualisé) :

Motifs impérieux : le secteur du tourisme est encore plus inquiet


Publié / Actualisé
Depuis le rétablissement des motifs impérieux le 28 janvier 2021, les hôtels et gites tournent au ralenti. Le nombre de vols a lui aussi considérablement baissé, avec la suppression de près de la moitié des vols. Une situation qui impacte fortement l'industrie du tourisme, alors que la situation sanitaire de La Réunion est toujours préoccupante (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Depuis le rétablissement des motifs impérieux le 28 janvier 2021, les hôtels et gites tournent au ralenti. Le nombre de vols a lui aussi considérablement baissé, avec la suppression de près de la moitié des vols. Une situation qui impacte fortement l'industrie du tourisme, alors que la situation sanitaire de La Réunion est toujours préoccupante (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"On arrive à maintenir la tête hors de l'eau grâce aux clients locaux, mais la semaine, nos chambres sont presque vides" regrette Sylvie, gérante du gite La rose du sud, situé à Saint-Pierre. Durant tout le mois de février, les réservations ont été rares. Comme pour la plupart des gites et hôtels, ce sont les touristes qui font tourner l'entreprise. Depuis le 28 janvier, il n'y a plus grand monde pour remplir les établissements. "Heureusement, j'ai une petite structure et n'ai donc pas d'employés. Car depuis le début de la crise sanitaire, je n'ai tiré presque aucun bénéfice : tout l'argent gagné amortit mes dépenses pour le gîte, mais je n'ai pas vraiment eu de salaire" regrette la gérante.

Une situation qui se retrouve un peu partout dans l'île. A Salazie, au gîte Pti blanc des O, Claudine peine à remplir son gîte. "Nous sommes remplis le week-end, car c'est le moment où les résidents de La Réunion partent en randonnée. Mais la semaine, il n'y a quasiment plus aucun client. Nous sommes dépendants de la fréquentation touristique" explique-t-elle.

"On comprend que ce soit nécessaire pour endiguer la pandémie, mais à ce point, il faudrait peut-être nous reconfiner pendant quinze jours afin de repartir sur de meilleures bases" suggère Claudine.

Autre menace qui plane sur les hôteliers : l'avancement du couvre-feu à 20 heures, voire un reconfinement. "Pour l'instant, le couvre-feu de 22 heures ne changent pas grand-chose pour nous : avec le nouveau protocole sanitaire, nous n'avons que six ou sept places pour la restauration, et il n'y a pas vraiment de chose à faire passer 22 heures dans Salazie. Si ça devait être abaissé à 20 heures, ça commencerait par contre à devenir un peu plus compliqué" assure-t-elle.

- Les hôtels aussi sont vides -

 Du côté des grands hôtels, l'heure n'est pas vraiment aux réjouissances non plus. "On peut compter sur la clientèle locale pour nous soutenir, mais ce n'est malheureusement pas suffisant pour survivre" regrette Xavier Bargain, président de Oussa nou dor. L'entreprise regroupe plusieurs grands hôtels de l'île : Les Aigrettes, le Grand Bleu, le Santa Apolonia et la Villa Marie-Lucie.

Ces établissements sont prisés des touristes, notamment pour des séjours de plusieurs jours. "Nous avons eu une bonne saison pendant les vacances de Noël, mais ça ne nous a certainement pas sauvé des derniers mois difficiles. Actuellement, on arrête l'hémorragie pour la faire repartir quelques semaines après, nous sommes très inquiets des mois à venir" confie-t-il.

Une cinquantaine d'employés travaillent dans ses établissements. "Certains sont toujours au chômage partiel, nous n'avons pas le choix. Pour ne vous citer qu'un exemple, dans un de nos hôtels, nous avions deux clients pour treize employés sur place. Que voulez-vous qu'on fasse ?" soupire Xavier Bargain.

L'hôtelier s'inquiète aussi d'un couvre-feu à 20 heures, voire du reconfinement. "On commence déjà à avoir des annulations en lien avec le Covid-19, les choses ne se présentent pas vraiment bien pour les semaines prochaines" explique-t-il.

Les choses ne devraient en tout cas pas s'améliorer, le contrôle des motifs impérieux ayant encore été renforcé, et la situation sanitaire toujours préoccupante Un durcissement des restrictions n'est par aileurs pas à exclure.

- Les liaisons aériennes en berne -

Dans les avions, les passagers se font rares aussi. La plupart des compagnies aériennes assurant la liaison entre La Réunion et la Métropole, ou encore Mayotte, ont dû réduire la voilure pour s'adapter à la chute du nombre de passagers.

Chez Corsair, quatre rotations sont désormais opérées avec la Métropole, et deux avec Mayotte. Un période normal, il y a au moins une rotation par jour avec Paris. " Le nombre de passagers est assez variable, et a tendance bien sûr à diminuer, et ce d'autant plus avec le renforcement des motifs impérieux" précise par ailleurs la compagnie aérienne.

Même son de cloche du côté d'Air Austral, qui opère aussi quatre rotations par semaine. "Nous avons en temps normal au moins une rotation quotidienne, mais bien évidemment ce n'est pas possible de maintenir ce rythme alors que les motifs impérieux sont en place. Le nombre de passagers devraient cependant rester le même avec les nouvelles mesures annoncées" estime l'entreprise.

"Nous n'avons pas les chiffres du taux de remplissage des avions, mais ce qui est certain c'est qu'il est en grosse baisse. C'est d'ailleurs pourquoi des suppressions de vols sont nécessaires : il n'y a pas assez de passagers, nous devons donc les regrouper sur un seul vol pour ne pas voler à perte" explique de son côté Air France, dont plusieurs vols ont été annulés aussi.

French bee adapte de son côté "le programme de vol en permanence pour l'adapter à la demande. Ce qui importe, c'est d'assurer le transport des clients qui ont un réel besoin de voyager en cette période. Le programme est donc adapté de manière continue avec cet objectif". Quatre et cinq rotations par semaine sont actuellement effectuées. "Ce nombre a baissé par rapport à la situation nominale qui est d'un vol par jour" précise la compagnie.

Finalement, seuls les restaurants réussissent à s'en sortir en cette période compliquée. "On ne peut pas se plaindre, les salles sont remplies, malgré des protocoles contraignants. Au lendemain de l'annonce du couvre-feu de 22 heures, Patrick Serveaux acnfié : "on n'a pas reçu la meilleure mauvaise nouvelle qu'on pouvait craindre"

Reste à savoir pour combien de temps.

as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

5 Commentaire(s)

Loplop, Posté
A croire les réunionnais île de la réunion degueule de touristes y a plus rien à comprendre c est comme le covld
GERARD97460, Posté
Je pense qu'il faut encore diminuer le nombre d'avion en direction de la Réunion, il ne devrait pas avoir de touristes en ce moment à la Réunion, c'est pour cela que vous avez tous les variants de ce virus en ce moment.Je pense que le gouvernement n'est pas assez agressif contre les voyageurs, il ne devrait pas avoir des voyageurs de complaisance en ce moment à la Réunion.Il faut que les motifs impérieux soient hyper contrÃ'ler et de refuser impérativement toutes les personnes qui plaisantent avec ces motifs impérieux qui sont mises en place en ce moment.Il faudrait être encore plus stricte avec ces motifs.C'est ce que je souhaite pour la Réunion.Prenez l'exemple sur l'Île Maurice, les hÃ'tels ne fonctionnent pas en ce moment et pourtant c'est la principale source de revenu de ce pays, ce n'est pas le cas pour la Réunion, l'hÃ'tellerie à la Réunion passe bien après l'Île Maurice.Il faut aussi interdire les réunionnais vivant en FRANCE venir passer des vacances à la Réunion et pareillement pour les réunionnais voulant venir passer des vacances en FRANCE.
Leconardel, Posté
C'est en partie FAUX ! Je vous mets au défi de trouver un hôtel le week-end à Saint-Gilles et Saint-Leu ! Tous affiche quasi complet, même les hôtels luxe ! Après oui, Saint-Denis ou saint-pierre, il y a de la place mais posez vous les bonnes questions !!! Pourquoi les locaux vont à Saint-Gilles et pas ailleurs ? Et pourquoi ceux de Saint-Gilles qui continuent à se gaver (il faut compter 200 à 300 euros la chambre pendant les vacances scolaires) continuent à crier aussi ? HYPOCRISIE !!!
Eve, Posté
En Décembre /Janvier durant l'embellie certains hôtels comme le Boucan Canot par exemple n'aurait pas dÃ" négliger la clientèle locale et aurait dÃ" faire preuve du sens de l'accueil ! ...
Jose, Posté
Si seulement ça pouvait faire baisser le trafic aérien, et ainsi ralentir le réchauffement climatique, la fonte des glaciers, la remontée des océans, le dérèglement climatique, voyons le coté positif de la chose.A quand un cota de voyages pour limiter la pollution ?