Des indicateurs en baisse :

Coronavirus : l'espoir d'une stabilisation de l'épidémie à Mayotte


Publié / Actualisé
Le 101ème département de France, jusqu'ici asphyxié par le Covid-19, semble amorcer une phase "plateau". En deux mois seulement, tous les indicateurs sont passés au rouge et l'épidémie a explosé sur le sol mahorais, entraînant l'évacuation de dizaines de malades vers La Réunion. Comptant parmi les départements français les plus touchés, Mayotte semble entrevoir un espoir avec un bilan qui se stabilise selon les derniers chiffres de Santé publique France et de l'ARS. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Le 101ème département de France, jusqu'ici asphyxié par le Covid-19, semble amorcer une phase "plateau". En deux mois seulement, tous les indicateurs sont passés au rouge et l'épidémie a explosé sur le sol mahorais, entraînant l'évacuation de dizaines de malades vers La Réunion. Comptant parmi les départements français les plus touchés, Mayotte semble entrevoir un espoir avec un bilan qui se stabilise selon les derniers chiffres de Santé publique France et de l'ARS. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Décembre 2020, la situation sanitaire bascule totalement à Mayotte. Les courbes l'indiquent clairement : à partir de la fin de l'année, le nombre de nouveaux cas positifs au Covid-19 s'envolent. La nouvelle vague est là et fait de Mayotte le département le plus touché de France, proportionnellement à son nombre d'habitants.

La raison est aussi simple que brutale et porte un nom : 501Y.V2, le variant sud-africain, devenu majoritaire sur l'île. Comme le rappelle Santé publique France, cette souche du Covid-19, beaucoup plus contagieuse, a entraîné une hausse des cas sans précédent : au 24 février, on comptait 10.621 nouveaux cas depuis le 1er janvier 2021. "Les derniers tests de criblage positifs du variant sud-africain oscillent entre 60 et 80%" rapportent par ailleurs nos confrères de France Mayotte Matin.

Après un pic atteint la semaine du 8 février avec 2.442 nouveaux cas détectés en sept jours seulement, il semble cependant que les indicateurs commencent à se stabiliser sur l'île aux parfums.

- Enfin une phase "plateau" ? -

Dans son bulletin du lundi 1er mars, l'agence régionale de Mayotte indiquait que le taux de positivité était en baisse, passant de 24,3% à 19,8%. Idem pour le taux d'incidence. Bien que particulièrement élevé, il retombe à 505,2 pour 100.000 habitants après avoir culminé à plus de 860. Santé publique France observe un "possible ralentissement de l’épidémie".

La limitation des interactions sociales n'y est pas pour rien. Après un couvre-feu instauré à 18h qui n'a eu que peu d'effets, le confinement total a fini par changer la donne. Après trois semaines confinée, l'île de Mayotte repart pour 15 jours au moins, suite aux annonces du Premier ministre Jean Castex le 25 février, actant le prolongement de la mesure. Mayotte est le seul département français entièrement confiné.

- Vers un soulagement pour les hôpitaux -

Ce temps de répit pourrait signifier un soulagement pour le centre hospitalier de Mayotte (CHM), quasiment saturé depuis plusieurs semaines. Une situation menant à l'évacuation sanitaire (evasan) de nombreux patients vers La Réunion. Dans un bilan en date du 24 février, l'ARS de Mayotte indiquait que 78 personnes avaient bénéficié d'une évacuation sanitaire depuis le 4 février, dont une soixantaine vers La Réunion. La préfecture et l'ARS de La Réunion de leur côté indiquaient ce vendredi 26 février que 96 lits sont actuellement occupés dans les hôpitaux de notre département, dont 47 au titre des evasan.

Pour autant l'aide de La Réunion ne suffit plus, et la situation sanitaire a poussé la compagnie Air Austral à mettre en place des lignes dédiées aux évacuations sanitaires entre Mayotte et la Métropole. Chaque vol pourrait transporter quatre civières équipées dans le cadre de ces vols médicalisés.

Un choix complexe et d'ores et déjà critiqué par des élus, à commencer par la maire de Saint-Denis Ericka Bareigts, qui, très tôt, avait alerté sur la crise sévissant à Mayotte. Dans une lettre directement adressée au Premier ministre, vendredi 26 février, elle a rappelé la grande difficulté de mettre en place un tel pont aérien, "lourd et très long". Avec plus de 8 heures d'avion entre les deux territoires, auxquels s'ajoutent les temps de trajets pré et post vol (notamment si les malades sont emmenés dans des hôpitaux hors Ile-de-France), la prise en charge semble quasi impossible. Seuls les patients ne nécessitant pas de soins urgents pourraient alors bénéficier de ce type de dispositif.

- Regain de racisme -

Bien que préoccupante, la catastrophe sanitaire à Mayotte a hélas réveillé chez plus d'une personne de tristes sentiments de xénophobie, jusqu'à donner l'impression que le variant sud-africain n'est arrivé que par le biais des patients mahorais et que le remplissage des hôpitaux réunionnais est la cause directe de Mahorais qui n'auraient pas su, selon certains, respecter les gestes barrières.

Alors oubliant que la population du 101ème département est en train de mourir du virus, on s'attaque à son voisin. La semaine dernière fut une véritable hécatombe pour Mayotte : trois décès annoncés lundi, trois autres mercredi, quatre jeudi, cinq vendrediUn nouveau décès a été recensé ce lundi 1er mars, il s'agit d'une personne de 56 ans hospitalisée en service médecine.

La venue – bienheureuse – d'une phase "plateau" pourrait non seulement permettre à Mayotte de souffler un peu et d'entrevoir un déconfinement, mais aussi de désengorger les hôpitaux de La Réunion et mettre fin à cette vague de racisme à l'encontre, non seulement de malades dans le besoin, mais de patients qui sont autant français que les Réunionnais. Ce qu'a sans doute voulu dire la directrice de cabinet Camille Goyet, dans des tournures plus que maladroites, hélas.

Ce répit est d'autant plus souhaitable à l'île de Mayotte qui a été jusqu'ici tristement oubliée par le gouvernement. Malgré les demandes de certains élus d'installer un hôpital militaire sur place – comme cela fut le cas dans le Grand Est en Métropole – ce sont des renforts humains et des lits supplémentaires qui ont été envoyés. Nécessaires, certes, mais malheureusement pas suffisants. La lutte semble se faire avant tout sur place, et par les acteurs locaux. Après la décision d'un confinement, les autorités sanitaires de Mayotte tentent de renforcer la campagne de vaccination, débutée le 25 janvier dernier, bien que celle-ci ait encore du mal à décoller.

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

Charité Hospotal, Posté
MASCARADE... tout ce qui vient de la politik et autres c est MENSONGE
Question, Posté
Parler de " baisse " coïncide avec l'arrivée des vacances.Est ce une façon.de mieux nous faire passer la pilule en laissant les passagers libres de se déplacer entre la Reunion et Mayotte ? On nous a tellement enfumé que tout est possible.