Covid-19 :

Dans les Outre-mer comme dans l'océan Indien : chacun sa situation, chacun sa lutte


Publié / Actualisé
Presque aucun territoire dans le monde n'est actuellement épargné par la Covid-19. Cette épidémie a cela de particulier que chaque territoire a sa propre situation, sa propre stratégie et sa propre vision afin de sortir de cette crise. Comment ça se passe autour de nous et dans les autres DOM ? Tour d'horizon. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Presque aucun territoire dans le monde n'est actuellement épargné par la Covid-19. Cette épidémie a cela de particulier que chaque territoire a sa propre situation, sa propre stratégie et sa propre vision afin de sortir de cette crise. Comment ça se passe autour de nous et dans les autres DOM ? Tour d'horizon. (Photo rb/www.ipreunion.com)

• Madagascar : reprise épidémique et gestion étrange

Au 10 mars, Madagascar recensait au total 20.155 cas et 300 décès. Un chiffre faible compte tenu de l’importance de sa population et des infrastructures sanitaires précaires.

Mais la Grande Ile semble ces dernières semaines faire face à une seconde vague de l’épidémie. Le nord est particulièrement touché, notamment Nosy Be où deux décès et 40 cas positifs ont été recensés depuis le début du mois de février, provoquant l’inquiétude du préfet de Nosy Be qui a décidé de prendre des mesures restrictives (interdiction des rassemblements, porte du masque obligatoire sur l’espace public, respect de la distanciation sociale).

Concernant la stratégie vaccinale, Madagascar est l'un des rares pays a avoir refusé de bénéficier du dispositif "Covax Facility" qui permet à des pays pauvres d’obtenir un stock de vaccins afin de démarrer une campagne de vaccination. En effet, le président malgache Andry Rajoelina semble toujours convaincu de l’efficacité du "Covid-Organics", un traitement composé de la plante Artemesia et d’autres plantes médicinales malgaches.

La gestion de la crise sanitaire interroge d’ailleurs la "Transparancy International Initiative Madagascar" selon laquelle certains décideurs auraient profité de la situation, citant détournement d’aides, corruption ou encore trafic d’influence.

• Maurice : la rigueur à tout prix

Au 10 mars, Maurice comptait au total 641 cas, et 10 décès depuis le début de l’épidémie. Un chiffre faible à mettre sur le compte d’une gestion extrêmement rigoureuse des entrées sur le territoire. En effet, dès le 16 mars 2020, les autorités mauriciennes ont pris la décision de fermer les frontières, principale source d’entrée du virus. Cela, aux dépens du secteur touristique qui est une des principales activités économiques du pays, ce qui se ressent dans le PIB mauricien qui devrait enregistrer en 2020 une contraction de près de 15% selon la Banque africaine de développement.

Malgré les conséquences extrêmes pour le tourisme mauricien, son gouvernement a maintenu une gestion stricte des arrivées sur le territoire. A compter d’octobre, les frontières mauriciennes étaient ainsi de nouveaux ouvertes mais les voyageurs doivent s’astreindre à une quatorzaine obligatoire. Cette mesure a été prolongée jusqu’au 31 mai 2021. A noter que compte tenu de la reprise épidémique, le gouvernement mauricien vient de suspendre tous les vols vers Maurice pour au moins sept jours.

Côté mesures sanitaires, l’île Maurice a été confinée du 20 mars au 15 juin 2020. Elle l’est de nouveau depuis ce mercredi 10 mars, et ce pour une période de 15 jours. Cette décision a été prise par le gouvernement mauricien suite à une poussée de cas Covid-19 ces derniers jours.

Côté vaccination, l’île sœur a lancé le 1er mars dernier une vaste campagne de vaccination. L’objectif étant de vacciner 60% de la population d’ici le mois d’août, un seuil qui permettrait à Maurice de reprendre une vie normale, selon les autorités mauriciennes. Parallèlement, le gouvernement travaille à la mise en place d’un " passeport vaccinal " afin d’inciter les voyageurs ayant été vaccinés à venir profiter des plages mauriciennes.  

• Seychelles : les touristes bienvenus

Grâce à une fermeture des frontières dès fin mars, jusqu’au 1er août 2020, les Seychelles ont su contenir l’épidémie de Covid-19. Au 10 mars, l’archipel compte 3000 cas au total et 15 décès. Cette fermeture de l’aéroport a eu un impact considérable sur l’économie seychelloise où le secteur touristique a un poids économique majeur.

C’est la raison pour laquelle les Seychelles font partie des premiers pays à avoir mis en place le " passeport vaccinal ", en janvier 2021. Les touristes souhaitant s’y rendre devaient alors présenter un certificat authentique de leur autorité sanitaire nationale comme preuve de vaccination ainsi que les résultats négatifs du test PCR, obtenus moins de 72 heures avant le voyage. A compter du 25 mars, les Seychelles ouvrira encore davantage l’accès à leur territoire puisque tous les touristes, vaccinés ou non, pourront s’y rendre. Pas de quarantaine, plus de passeport vaccinal. Un test PCR 72h avant le départ suffira.

Côté sanitaire, les Seychelles sont soumises à un couvre-feu de 20 heures à 4 heures du matin ainsi qu’à une fermeture anticipée des magasins à 18 heures. Les rassemblements de plus de 4 personnes sont interdits.

Côté vaccination, l’archipel est aussi le premier pays à avoir lancé une campagne de vaccination pour sa population. Début février, près de 30 000 Seychellois (sur plus de 96 000 habitants) avaient déjà reçu leur première dose. Les Seychelles tablent sur un objectif d’immunité collective à la mi-mars.

• Comores : le variant sud-africain a ravagé les Comores

Au 10 mars, l’archipel des Comores compte 3.580 cas de Covid-19, 3.606 guérisons et 146 décès. Si les Comoriens ont été relativement épargnés par l’épidémie en 2020, celle-ci a connu une brusque accélération fin 2020 et surtout en janvier 2021, à cause du variant sud-africain qui a provoqué un véritable ravage sur les îles comoriennes. Selon les chiffres des autorités, pour le seul mois de janvier, 1.903 nouveaux cas ont été recensés, et 83 décès, soit plus de la moitié des cas enregistrés depuis un an. La petite île de Mohéli a été particulièrement touchée par cette circulation en hausse du virus.

Conséquence, fin janvier 2021, le président de l’Union Azali Assoumani a décrété un couvre-feu, la fermeture des lieux de culte ou encore le port du masque obligatoire. Des mesures qui se sont avérées efficaces, à en croire les autorités comoriennes qui affirment que la circulation virale a fortement ralenti sur le territoire. Conséquence, la coupe des Comores a pu reprendre fin février, " dans le respect des protocoles sanitaires ".

Côté vaccination, l’Union des Comores devrait recevoir prochainement 50.000 doses du vaccin chinois Sinopharm. Avant de lancer la campagne de vaccination, les autorités souhaiteraient mener une vaste compagne de dépistage auprès de l’ensemble de la population, à compter du 25 mars prochain. Elle se fixe ensuite comme objectif de vacciner au moins 60% de la population.

• Afrique du Sud : la seconde vague dévastatrice est passée

Au 10 mars, l’Afrique du Sud recense au total 1.521.706 cas, et 50.803 décès. Le pays de Nelson Mandela a fortement souffert de la seconde vague, fin 2020, qui a également coïncidé avec l’émergence du variant sud-africain. Des pics à plus de 21 cas journaliers avaient d’ailleurs été recensés en janvier 2021, provoquant un engorgement des hôpitaux et une grande inquiétude sur le territoire.

Deux mois après, la situation semble s’être grandement améliorée et stabilisée avec environ 500 cas journaliers. Pour Discovery, la première assurance médicale du pays, cette accalmie peut s’expliquer par le fait que près de 50% des 59 millions de Sud-africains auraient contracté le virus. La société se base sur une étude sur les anticorps qui affirme qu’entre 32% et 63% des Sud-Africains ont contracté le virus depuis le début de la pandémie.

Côté mesures sanitaires, la vie semble reprendre un cours presque normal avec un couvre-feu de 23h à 4h du matin, et le port du masque obligatoire dans l’espace public. Les autorités restent tout de même vigilantes et ne cachent pas redouter une troisième vague durant l’hiver austral.

Concernant la vaccination, la campagne a commencé le 17 février 2021. Le vaccin AstraZeneca qui devait initialement être administré a pour l’instant été mis de côté, son efficacité contre le variant sud-africain n’étant pas démontrée. C’est le vaccin Johnson&Johnson qui a été privilégié. La livraison du vaccin du laboratoire Pfizer est également attendue par les autorités sanitaires qui prévoient de vacciner les deux tiers de la population d’ici la fin de l’année.

• Mayotte : le pic a été atteint

Mayotte comptabilise au 6 mars 18413 cas au total et 129 décès. L’île aux parfums a enregistré une brusque reprise épidémique en janvier 2021, avec l’arrivée du variant sud-africain sur le territoire. Le taux d’incidence a rapidement grimpé en flèche pour avoisiner les 800 pour 100.000 habitants au plus haut de la crise épidémique.

C’est surtout le secteur de soin mahorais qui a été mis à rude épreuve et en extrême tension. Au point que les évacuations sanitaires vers La Réunion se sont multipliées ces dernières semaines, afin de soulager les hôpitaux mahorais, saturés. Depuis le 4 février, 99 evasan ont ainsi été effectuées.

Des moyens supplémentaires avaient par ailleurs été envoyés depuis la Métropole afin de renforcer l’offre de soin sur l’île.

Afin de faire face à cette vague meurtrière et pour casser la circulation virale, un couvre-feu a été instauré le 5 février dernier. Il a été prolongé jusqu’au 15 mars prochain. Ce mercredi, le préfet de Mayotte a annoncé mettre en oeuvre "une sortie très progressive du confinement". A compter du 15 mars, le confinement va faire place à un couvre-feu à 18h. Les écoles vont pouvoir rouvrir, ainsi que les mosquées et les commerces.

Mais d’ores et déjà, l’ARS de Mayotte note une nette amélioration de la situation et plusieurs indicateurs sont en baisse. Durant la première semaine de mars, l'île a enregistré 641 cas de Covid-19 pour un taux d'incidence de 229,4 selon le dernier bulletin de l'agence régionale de santé (ARS) de Mayotte. Le taux de positivité redescend à 12,8 %.

• Martinique : situation calme mais vigilance renforcée

Depuis le début de l’épidémie, la Martinique comptabilise 6.928 cas et 47 décès. Du 1er au 7 mars, 121 nouveaux cas ont été recensés, un chiffre stable comparé à la semaine précédente qui avait enregistré une nette hausse. Cela, du fait du variant britannique qui est désormais installé en Martinique et qui "circule à bas bruit". Pour autant, les autorités ne s’alarment pas mais demeurent vigilantes. En effet, les indicateurs sont encore au vert avec un taux d’incidence de 34 pour 100.000 habitants et seulement 7 personnes hospitalisées en réanimation.

Côté vaccination, 8.548 vaccinations ont été effectuées en date du 8 mars.

• Guadeloupe : reprise épidémique et couvre-feu

En Guadeloupe, 9.968 cas ont été recensés depuis le début de l’épidémie, et 164 décès. Depuis quelques jours, les autorités ont constaté un regain épidémique sur l’île. Selon les derniers chiffres, 387 nouvelles contaminations ont été recensées durant la dernière semaine de février faisant exploser le taux d’incidence qui est passé à 102,69 pour 100.000 habitants. Là encore, c’est le variant anglais qui semble être la cause de cette reprise. En conséquence, le préfet de Guadeloupe a annoncé l’instauration d’un couvre-feu depuis le 7 mars dernier, de 22 heures à 5 heures. Les salles de sport et de fitness, les bars, les salles de jeux, salle d’exposition ont également été fermés.

En ce qui concerne la vaccination, 11.118 personnes ont été vaccinées au 8 mars.

• Guyane : la situation s’améliore

Depuis le début de l’épidémie, la Guyane a comptabilisé 16 693 cas et 84 décès. Contrairement à ses voisines des Antilles, la Guyane, elle, sort de la seconde vague. Après avoir flirté avec un taux d’incidence de 300 pour 100.000 habitants, la Guyane semble retrouver une accalmie relative. Selon les derniers chiffres, 85 nouveaux cas ont été identifiés durant la dernière semaine de février, avec un taux d’incidence de 29/100 000 habitants. La situation n’étant plus aussi alarmante, le préfet de Guyane a décidé de lâcher du lest en élargissant le couvre-feu de 23 heures (au lieu de 19 heures) depuis le 27 février.

Côté vaccination, plus de 6.529 Guyanais auraient déjà été vaccinés, selon le ministère des Outre-mer.

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