3.645 morts enregistrés officiellement en 24 heures :

Covid-19 : l'Inde à bout de souffle, l'aide internationale s'organise


Publié / Actualisé
Chaque jour se fait plus meurtrier. L'Inde a enregistré, jeudi 29 avril, 3 645 morts du Covid-19, soit 350 de plus que la veille, un nouveau seuil pour ce pays débordé par la flambée épidémique, selon les bilans du ministère de la santé indien. Sur place, les restrictions s'enchaînent, notamment pour entrer dans le pays : un chef d'entreprise réunionnais, qu'Imaz Press a pu contacter, est cloîtré depuis plusieurs jours dans une chambre d'hôtel en attendant la fin de ses sept jours de septaine. A travers le pays, couvre-feu et reconfinement ont été prononcés (Photo AFP)
Chaque jour se fait plus meurtrier. L'Inde a enregistré, jeudi 29 avril, 3 645 morts du Covid-19, soit 350 de plus que la veille, un nouveau seuil pour ce pays débordé par la flambée épidémique, selon les bilans du ministère de la santé indien. Sur place, les restrictions s'enchaînent, notamment pour entrer dans le pays : un chef d'entreprise réunionnais, qu'Imaz Press a pu contacter, est cloîtré depuis plusieurs jours dans une chambre d'hôtel en attendant la fin de ses sept jours de septaine. A travers le pays, couvre-feu et reconfinement ont été prononcés (Photo AFP)

"J'ai pu accéder au pays grâce à un dossier très complet, étant sur place pour récupérer un proche en situation de handicap. Par contre, l'entrée sur le territoire est extrêmement règlementée" a confié à Imaz Press un Réunionnais confiné à Mumbai, sous couvert d'anonymat. "A l'arrivée, nous sommes accueillis dans un sas où les autorités vérifient nos documents ainsi que les résultats de notre dépistage Covid-19 qui doit dater de moins de 36 heures" détaille-t-il.

Du quotidien sur place, il ne peut pas en dire grand-chose. "Je suis enfermé dans ma chambre et ce pour sept jours. Etant dans un quartier d'affaire, il n'y a que peu de passage, bien que ce soit tout de même étonnant de ne voir qu'une voiture passer toutes les trente secondes" souligne le Réunionnais, qui a été transféré depuis l'aéroport jusqu'à son hôtel en car.

"J'ai pu sortir de ma chambre pour faire des photocopies sans trop de problème" note-t-il cependant. En contact avec certains laboratoires de la ville, il craint désormais de ne pas obtenir de dépistage à temps pour son avion de retour. "Il faut un test de moins de 36 heures pour pouvoir repartir vers Paris, mais les laboratoires sont tellement surchargés qu'on ne peut pas me garantir que j'aurais mes résultats à temps" s'inquiète-t-il.

Lire aussi : Covid-19 : l'Inde consumée par le virus

Une situation d'engorgement qui n'est pas exclusive à Mumbai : tout le pays est submergé par une vague sans précédent de Covid-19. Le pays déplore désormais 204.832 décès dus au coronavirus, mais de nombreux experts estiment que le bilan réel est beaucoup plus élevé. L'Inde a recensé près de 380.000 nouvelles contaminations au cours des dernières 24 heures, battant une fois encore un record mondial. Sur le seul mois d'avril, le pays a dénombré plus de six millions de nouveaux cas de Covid-19.

Cette recrudescence exponentielle, imputée en partie au nouveau variant dit indien, ainsi qu'aux rassemblements de foules à l'occasion d'événements politiques et religieux, a submergé les hôpitaux désormais à court de lits, de médicaments et d'oxygène.

Dans un entretien accordé au journal Indian Express, le conseiller scientifique en chef du gouvernement, le professeur K. Vijay Raghavan, a admis que le gouvernement aurait pu faire davantage pour se préparer à cette seconde vague. " Le gouvernement central et les gouvernements des Etats ont déployé des efforts considérables pour renforcer les infrastructures hospitalières et de soins de santé au cours de la première vague (…), mais lorsque cette vague a décliné, peut-être qu’il en est allé de même avec le sentiment d’urgence à poursuivre le travail ", a-t-il déclaré.

Toutefois, " il n’est tout simplement pas possible d’amplifier les capacités d’un système de santé publique en un an à un niveau suffisant pour faire face à ce que nous observons aujourd’hui ", a-t-il ajouté. La crise sanitaire est particulièrement grave à New Delhi, où des personnes meurent aux portes des hôpitaux bondés.

- New Delhi utilise le crematorium pour chien pour les funérailles humaines -

En raison de l’augmentation des décès, les crématoriums sont surchargés et les Indiens doivent attendre des jours pour pouvoir organiser des funérailles.  Les organismes de la ville de New Dehli aident les familles pour leur trouver une place dans un crematorium pour qu’elles puissent ainsi organiser des funérailles tout respectant le protocole sanitaire. La South Delhi Municipal corporation prévoit de créer des plateformes temporaires pour y installer des bûchers humains, sur un site de projet destiné à être le premier crématorium pour chiens de la ville, selon le Times of India.

"Des plateformes temporaires de bûcher seront développées pour accueillir d’autres organismes. Nous sommes témoins d'une augmentation de 15 à 20 pourcents des crémations chaque jour" a déclaré un responsable de la société. "Avec environ 700 corps déjà incinérés, nous devons nous préparer à 1000 corps par jour pour éviter le chaos. Nous avons également identifié des sites le long de la Yamuna pour augmenter la capacité" ajoute le responsable qui s'appuie sur un rapport de la South Delhi Municipal corporation.

Le rapport montre que ce mardi 27 avril 2021, à Delhi 696 funérailles se sont déroulées selon le protocole de la covid-19 "tandis que d'autres attendaient leur tour".

- Plus de 40 pays aident l'Inde pour combattre le Covid-19 -

L'Inde s'apprête recevoir l'aide de plus de 40 pays qui lui fourniront pour la plupart du matériel lié à l'oxygène et des lots de médicaments essentiels pour aider à renforcer la réponse du pays face à "une seconde vague inédite" a annoncé ce jeudi le ministre des affaires étrangères Harsh Shringla lors d'un exposé de la situation pendant que des avions de transports militaires russes leur avaient expédié du matériel.

Les Russes leur ont envoyé des unités de production d'oxygène, des ventilateurs et 200 000 lots de médicaments. 3 vols spéciaux venant des États-Unis étaient eux-aussi attendus, pour l'apport de matériels pour les vaccins contre le Covid-19, des équipements générant et concentrant de l'oxygène. Des associations de la communauté indienne dont certaines qui se trouvent dans d'autres pays sont au secours de l'Inde pour fournir du matériel de secours.

Le ministre des affaires étrangères travaille actuellement avec celui de la santé et d'autres agences afin d'autoriser les expéditions et ainsi assurer un transport rapide des équipements et des médicaments dans les zones qui en nécessitent le plus, pour qu'il puisse coordonner leurs opérations avec les gouvernements et sociétés étrangers lors des expéditions le matériel nécessaire.  

L'oxygène liquide, des unités produisant de l'oxygène et des médicaments de première nécessité comme le Remdesivir et le Tocilizumab sont les équipements les plus demandés pour faire face à la crise actuelle.


Harsh Shringla a déclaré que l'Inde recevrait plus de 500 unités générant de l'oxygène, plus de 4000 concentrateurs d'oxygène, plus de 10 000 cylindres d'oxygène, et 17 réservoirs d'oxygène cryogénique. Le géant biopharmaceutique Gilead Sciences a offert 450 000 doses du médicament antiviral Remdesivir pendant que l'Inde attend 300 000 doses de Favipiravir de la part de la Russie et des Émirats Arabes Unis et des compagnies Tocilizumab basées en Allemagne et en Suisse.

Les sociétés pharmaceutiques Gilead et Roche aident à l'expédition de matières premières pour que la production locale de vaccins puisse augmenter. Les firmes indiennes peuvent produire actuellement 67 000 doses de Remdesivir quotidiennement alors que 200 000 à 300 000 doses sont requises. Harsh Shringla a précisé que ces firmes prévoient d'augmenter leur production à 400 000 doses lorsqu'elles recevront les matières premières.

Plusieurs pays répondent à la situation en Inde car New Delhi a joué un rôle proactif dans l'approvisionnement de produits pharmaceutiques essentiels et même de vaccins lors des premières phases de la pandémie. Shringla a ajouté que le président américain Joe Biden et d'autres ont déclaré qu'ils aideraient l'Inde car elle a apporté de l'aide tout au long de l'année précédente.

- La compagnie ferroviaire Indian Railways transporte de l'oxygène lors d'opérations express

Les opérations se sont étendues aux états de Haryana et Telangana après Maharashtra, Uttar Pradesh, Madhya Pradesh et Delhi, rapporte le Stateman. Trois autres trains qui transportent de l'oxygène médical se dirigeait ce jeudi vers les usines de chargement. 640 mégatonnes d'oxygène médical liquide devraient avoir été transportées au cours des dernières 24 heures.

L'Uttar Pradesh a reçu une cargaison de 76,29 mégatonnes d'oxygène médicale liquide contenu dans cinq pétroliers. Un pétrolier a été débarqué à Varanasi et les quatre autres à Lucknow. Un autre train avec une cargaison de 33,18 mégatonne d'oxygène médicale liquide  devrait arriver à Lucknow demain c’est-à-dire le vendredi 30 avril 2021.

L'Haryana recevra son premier "Oxygen Express" bientôt. Un flot continu de trains d'oxygène vers cet état devrait le réapprovisionner dans les jours qui suivent.

as/vl/[email protected] avec l'AFP

   

3 Commentaire(s)

Malzack, depuis son mobile , Posté
@Marie .... Ça fait du bien de lire des commentaires sensés. Quelle tristesse de constater que la majorité est aveugle ou veut bien l'être ...
Marie, Posté
Comment avoir le cynisme d'envoyer un médicament le redemsivir qui est interdit par l'OMS car il est inefficace et est la cause de variants c'est criminel
Marie, Posté
Apprenez à compterInde plus de 20 fois plus d'habitant qu'en FranceD'où moins de morts le 29/4 qu en France en ce moment par jour arrêter de paniquer les gens svp