Crise sanitaire :

Covid-19 : l'Inde toujours plongée dans le chaos malgré l'aide internationale


Publié / Actualisé
Alors que l'Inde a enregistré de nouveaux records de contaminations avec plus de 400 000 cas Covid-19 durant ce premier week-end du mois de mai, l'aide internationale commence à arriver. Le pays de Gandhi est plus que jamais plongée dans le chaos. Cela alors que le nombre des contaminations et des morts serait, selon les experts, bien plus grave que les chiffres annoncés. Le point sur cette situation catastrophique
Alors que l'Inde a enregistré de nouveaux records de contaminations avec plus de 400 000 cas Covid-19 durant ce premier week-end du mois de mai, l'aide internationale commence à arriver. Le pays de Gandhi est plus que jamais plongée dans le chaos. Cela alors que le nombre des contaminations et des morts serait, selon les experts, bien plus grave que les chiffres annoncés. Le point sur cette situation catastrophique

L’Inde va de triste record en triste record

Chaque jour qui passe amène malheureusement son lot de records en Inde. Ce week-end a été particulièrement dramatique. Ce samedi 1er mai 2021, c’est un nouveau cap qui a été franchi avec 400 000 cas enregistrés en une journée en Inde. Ce dimanche, se sont ajoutés 370 000 nouveaux cas, soit près de 770 000 cas en un week-end.

A ces chiffres inquiétants s’ajoutent 3689 morts pour samedi, et 3400 morts pour dimanche, qui viennent engorger les services funéraires indiens déjà saturés. "Les gens meurent parfois devant les hôpitaux. Ils n'ont plus d'oxygène. Parfois ils meurent dans leurs voitures" a expliqué l'ambassadeur allemand en Inde, Walter J. Lindner à l’AFP.

Lire aussi : Covid-19 en Inde : l'aide internationale arrive, mais le virus ne faiblit pas

Conséquence, pour faire face à l’affluence des corps, des parkings ou des vastes terrains vagues ont été transformés en gigantesques crematorium à ciel ouvert comme le montre cette vidéo du Huffington Post.

Lire aussi - Coronavirus en Inde : les crématoriums sont submergés, les corps sont brûlés sur des parkings

Sur le seul mois d’avril, l’Inde a ainsi enregistré 7 millions de nouveaux cas pour un total de 20 millions de cas depuis le début d’épidémie, ce qui représente près d’un tiers du total. Quant au nombre de morts, le bilan avoisine les 219 000 depuis le début de l’épidémie. Regardez cette vidéo de Brut

La riposte indienne s’organise

Conséquence de cette flambée, le confinement sensé prendre fin ce lundi 3 mai dans la capitale indienne, New Dehli, a été prolongé d’une semaine.

La campagne de vaccination, quant à elle, a été élargie depuis ce samedi 1er mai à l’ensemble de la population adulte, ce qui représente 600 millions d’Indiens. Jusqu’à maintenant, environ 150 millions de vaccins ont été administrés, soit à 11,5 % de la population, et à peine 25 millions d’habitants ont reçu leurs deux injections.

Cette généralisation intervient dans un contexte de pénurie de vaccin, ce qui a contraint l’Inde, principal fabriquant de vaccins anti-covid-19 pour le monde, de stopper momentanément ses exportations de vaccins, la priorité étant désormais donnée à sa population. Cette décision a déjà des répercussions puisqu’au Royaume-Uni, la livraison de 5 millions de doses d’AstraZeneca a été suspendue.

L’aide internationale arrive

Face à la pénurie d’oxygène, de médicaments et de lits médicalisés, l’aide internationale s’est organisée pour soutenir l’Inde face à cette grave crise sanitaire.

La France a ainsi affrété un avion-cargo contenant 28 respirateurs, 200 pousse-seringues électriques et 8 générateurs d’oxygène grande capacité. Ces équipements peuvent remplir des bouteilles avec un débit de 20 000 litres d’air par heure chaque centrale pouvant alimenter en continu un hôpital indien de 250 lits sans interruption pendant une dizaine d’années, ont fait savoir les autorités françaises dans un communiqué. L’avion a atterri à New Dehli ce dimanche 2 mai. Les équipements ont été livrés à huit hôpitaux indiens, 6 à Dehli, un dans l’Etat de l’Haryana (nord) et un dans l’Etat de Telangana (centre).

Le Royaume Uni s’est également mobilisé pour son ancienne colonie, en envoyant 495 concentrateurs et 200 respirateurs. 1000 respirateurs supplémentaires seront envoyés prochainement en Inde.

Les Etats-Unis ont pour leur part d’ores et déjà envoyé 400 bouteilles d’oxygène et un million de tests de dépistage. Du côté de l’Allemagne, 120 respirateurs sont arrivés en Inde ce samedi 1er mai.

Au total, près de 40 pays ont annoncé qu’ils apporteraient une aide médicale à l’Inde.

Les frontières avec l’Inde toujours fermées

Pour rappel, face à la flambée épidémique et par crainte d’une arrivée massive du variant indien sur leur territoire, de nombreux pays ont décidé de fermer leurs frontières avec l’Inde. C’est le cas de plusieurs pays européens tels que l’Italie, la Grande Bretagne ou l’Allemagne. La Belgique a aussi décidé d’interdire l’entrée de son territoire aux citoyens indiens. Les Etats-Unis ont mis en place également des mesures de restrictions aux voyageurs en provenance de l’Inde. Celle-ci entrent en vigueur ce mardi 4 mai. Plusieurs autres pays ont pris des mesures d’interdiction tels que le Koweit, le Canada , l’Iran ou encore le Pakistan voisin.

En France, des mesures de quarantaine obligatoire sont appliquées pour les voyageurs en provenance d’Inde, tout comme en Espagne. La Suisse quant à elle réfléchit à inscrire l’Inde dans sa "liste rouge", obligeant alors les voyageurs en provenance de ce pays à respecter une quarantaine de dix jours. Le Nigéria vient également de prendre de mesures de restriction d’accès à son territoire pour les voyageurs en provenance de l’Inde.


Un bilan largement sous-estimé, selon les experts

400 000 cas par jour, ce chiffre donne déjà le vertige. Ramené à sa population (1,3 milliard d’habitants), on pourrait être poussé à relativiser la situation. Néanmoins, certaines donnent poussent légitimement à s’interroger sur la réalité de la situation.

Et pour cause, comment l’Inde peut enregistrer "seulement" un record de 3 689 morts alors que la France et ses 60 millions d’habitants ont atteint, au pic de l’épidémie, le chiffre de 2810 décès ?

Selon de nombreux experts, la situation serait en réalité largement sous-estimée en Inde. Dans un récent article, le site Le Point évoque des enquêtes de plusieurs médias indiens qui auraient procédé à certaines vérifications.

Ainsi, le quotidien indien "The Times of India" a comparé la semaine dernière plusieurs registres dans l’Etat du Karnataka : 25 000 infections n’ont pas été répertoriées dans les statistiques officielles.

Selon des chercheurs américains qui auraient modélisés la propagation du virus en Inde, le nombre réel d'infections quotidiennes était près de 29 fois supérieur aux cas enregistrés. Selon ces calculs, les 10 millions de cas quotidiens seraient déjà dépassés.

Le chiffre des décès serait également sous-évalué selon les médias indiens qui ont notamment comparé le nombre de décès dans l’Etat du Gujarat et les chiffres officiels communiqués. Résultat :  seulement un dixième de ces décès avait été répertorié officiellement.

"L'écart pourrait être de 10 à 15 fois supérieur. Le nombre réel de morts serait de près 50 000 par jour et ferait de l'Inde et de loin le pays le plus touché du monde", affirme Jean-Joseph Boillot, conseiller à l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques) pour l'Inde et les grands pays émergents, cité par Le Point.

www.ipreunion.com/ [email protected]

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !