Report du plan de désescalade :

Covid-19 : restaurants, sports, culture... ils paient encore sans avoir rien cassé


Publié / Actualisé
Avec 1 335 cas et 13 décès durant la semaine du 15 au 21 mai 2021, La Réunion a enregistré de nouveaux records inquiétants, alors que la Métropole desserre peu à peu l'étau sanitaire. Conséquence immédiate, le plan désescalade débuté le 8 mai dernier et qui devait entrer dans une nouvelle phase le 9 juin prochain a été stoppé net. Au grand dam des restaurants, du monde sportif et culturel qui voient l'embellie retardée. Pourtant, ces secteurs - constamment ciblés depuis le début de l'épidémie -, ont toujours fait preuve d'exemplarité et n'ont jamais provoqué de foyers de contamination. Une fois de plus, ceux qui n'ont rien fait paient les pots qu'ils n'ont pas cassés. Ou lorsque les décisions prises dans la fébrilité par les autorités démontrent (encore) leur incohérence (Photo rb/www.ipreunion.com)
Avec 1 335 cas et 13 décès durant la semaine du 15 au 21 mai 2021, La Réunion a enregistré de nouveaux records inquiétants, alors que la Métropole desserre peu à peu l'étau sanitaire. Conséquence immédiate, le plan désescalade débuté le 8 mai dernier et qui devait entrer dans une nouvelle phase le 9 juin prochain a été stoppé net. Au grand dam des restaurants, du monde sportif et culturel qui voient l'embellie retardée. Pourtant, ces secteurs - constamment ciblés depuis le début de l'épidémie -, ont toujours fait preuve d'exemplarité et n'ont jamais provoqué de foyers de contamination. Une fois de plus, ceux qui n'ont rien fait paient les pots qu'ils n'ont pas cassés. Ou lorsque les décisions prises dans la fébrilité par les autorités démontrent (encore) leur incohérence (Photo rb/www.ipreunion.com)

- Restaurants, monde sportif et culturel… les boucs émissaires -

Depuis plus d’un an et le début de la crise Covid-19 à La Réunion, ils ont été les premiers à subir les conséquences des mesures restrictives. Les restaurants, les salles de sport, les clubs sportifs, le secteur de l’animation et de la diffusion culturels ont vu leur activité fortement perturbée lors des vagues successives. La dernière vague, virulente, qui déferle sur La Réunion n’échappe pas à la règle. Depuis le 18 février, toutes les compétitions sportives ont été arrêtées, à la surprise générale et au grand dam du monde sportif qui ne cachait pas son incompréhension.

Le 6 avril, face à une situation qui ne cessait de se dégrader, le couvre-feu passait à 18 heures, les restaurants fermaient leurs portes (sauf pour la vente à emporter), tout comme les salles de sport, les salles de spectacle, les cinémas et les salles d’exposition.

L’étau s’est un peu desserré le 19 mai dernier avec le couvre-feu à 21 heures, la réouverture des terrasses des bars et restaurants, la réouverture des cinémas, musées et salles de spectacles en jauge très réduite, ainsi que la reprise de compétitions sportives sous conditions.

Mais la suite du plan de désescalade qui devait notamment amener à la réouverture des salles de sport, des salles des bars et restaurants et à la hausse des jauges est finalement reportée suite à la publication des derniers chiffres de l’épidémie.

Lire aussi : Covid-19 : le taux d'incidence bat des records, la 3ème étape du plan de désescalade annulée

- Pourtant les records s’accumulent depuis plusieurs semaines -

Depuis plusieurs mois, études à l’appui, on ne cesse de nous dire que ces sites sont des lieux " à risque de forte contamination ". Il n’est nullement question de remettre en cause ces études sérieuses, mais de regarder les faits à La Réunion.

En effet, alors que tous ces lieux étaient encore fermés, on ne cessait d’aller de record en record chaque semaine. Le 4 mai dernier, La Réunion enregistrait un nouveau record avec 1070 nouveaux cas et deux décès du 24 au 30 avril.  Le 11 mai dernier, ce record était battu avec 1 193 nouveaux cas et 19 décès durant la semaine du 4 au 10 mai. Ce record vient d’être pulvérisé avec ce triste chiffre de 1335 cas et 13 décès durant la semaine du 15 au 21 mai.

Si les terrasses des bars et restaurants ainsi que les cinémas et salles de spectacle ont rouvert le 19 mai dernier, il sera difficile pour les autorités de justifier cette explosion en le mettant sur le compte du plan de désescalade. Plus globalement, depuis le début de la crise, il semble que tous ces lieux qui subissent actuellement l’acharnement de la préfecture et de l’ARS n’ont jamais été des lieux d’enregistrement de clusters, contrairement aux regroupements familiaux ou encore à certains rassemblements en extérieur.

Si le flux aérien a été durant un temps un motif de croissance de cette épidémie, le retour des motifs impérieux depuis fin janvier  et les différentes mesures visant à renforcer le contrôle de ces motifs a permis de canaliser ce flux et à diminuer le nombre de cas importés. A titre d’exemple, sur les 1 335 nouveaux cas, seulement 6 sont des cas importés.

- Le rendez-vous manqué du confinement ? -

Cette situation et sa conséquence laisse en tout cas dubitatif sur la stratégie décidée par le préfet de La Réunion, en lien avec l’ARS, avec cette question cruciale : les mesures prises ont-elles été à la hauteur de la situation jusqu’à maintenant ?

A la lumière de la situation, la réponse semble évidente. C’est un échec. Dès février dernier, nous évoquions la pertinence de certaines mesures, telles que la fermeture de certains centres commerciaux ou encore la mise en place d’un couvre-feu à 22 heures dont l’impact a été, il faut le reconnaître, nul.

A la présentation du plan de désescalade, le 7 mai dernier, la situation sanitaire montrait que les mesures restrictives visant notamment à clore les bars, restaurants et autres salles de sport étaient aussi un échec.

Aussi, alors que La Réunion enregistre un nouveau record mettant entre parenthèse la poursuite du plan de désescalade, on peut se demander si les autorités n’ont pas raté le rendez-vous du confinement, à l’image du processus qui a permis à Mayotte de sortir de la crise, et qui permet à la Métropole d’enregistrer une dynamique qui va pour l’instant dans le sens d’une décrue nette et encourageante.

La Guyane n’a pas hésité à décréter le confinement face à la virulence du variant brésilien. La Guadeloupe commence tout juste sa phase de déconfinement, depuis ce mardi 25 mai, après avoir constaté un recul un lent recul de la circulation virale.

Pour l’heure, La Réunion qui a fait le choix du couvre-feu, celui de faire subir aux mondes de la restauration, du sport ou encore de la culture des semaines de blocage, tergiverse aujourd’hui sur la stratégie à adopter. En attendant, la levée des motifs impérieux est, pour l’instant et avec beaucoup de flou, toujours maintenue au 9 juin prochain pour les personnes vaccinées.

Les autres voyageurs devront toujours justifier d'un motif impérieux et s'engager à respecter une septaine. L'engagement en question reste moral...

On n’est pas sorti de l’auberge… ou plutôt du restaurant, dites-vous ? Sans doute...

www.ipreunion.com / [email protected]

   

3 Commentaire(s)

CECCU , depuis son mobile , Posté
Quand on fait les ÂNES voilà ce qui arrive et après pas content mais ''''ce sont les touristes qui en sont la cause non vous croyez pas ''''les Réunionnais eux sont très très disciplinés '''comme d'habitude bien sûr c'est pathétique et ce sont encore les commerçants qui vont trinquer à cause des ânes
GERARD97460, Posté
A quand un confinement général du monde entier pendant une vraie quarantaine pour faire disparaître définitivement ce virus, sinon on l'aura avec nous durant toute la vie car on ne fait rien avec les mesurettes actuelles que nous avons en ce moment.De la rigolade..
Il.fallait confiner , Posté
Il.fallait confiner il y a quelques semaines.de cela. Aux Antilles il y a eu un.confinement et la situation s'améliore de jours en jours.