Pression hospitalière :

Les étudiants infirmiers impactés par la crise sanitaire


Publié / Actualisé
Avec la recrudescence du virus sur l'île, la tension est montée d'un cran au CHU de La Réunion. Avec 332 cas de variant Delta recensés le mercredi 21 juillet et un taux d'incidence de 299,1/100 000 selon Santé publique France, un recrutement a été lancé en urgence par le CHU, par manque de moyens humains afin de gérer tous les nouveaux malades. Les étudiants infirmiers, impactés par cette course contre la montre dans les couloirs de l'hôpital, se préparent à travailler en unité Covid. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Avec la recrudescence du virus sur l'île, la tension est montée d'un cran au CHU de La Réunion. Avec 332 cas de variant Delta recensés le mercredi 21 juillet et un taux d'incidence de 299,1/100 000 selon Santé publique France, un recrutement a été lancé en urgence par le CHU, par manque de moyens humains afin de gérer tous les nouveaux malades. Les étudiants infirmiers, impactés par cette course contre la montre dans les couloirs de l'hôpital, se préparent à travailler en unité Covid. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

"Urgent, crise Covid", c'est avec ces mots-clés que le CHU a lancé un recrutement massif d'infirmiers pour se mobiliser face à la nouvelle vague de malades à l'hôpital. Pour l'heure le CHU affirme ne pas avoir mobilisé les étudiants, comme en 2020. Mais les jeunes diplômés sont directement visés par ce recrutement.

- Les élèves de 1ère année perdus -

Bien que non sollicités par le CHU, les élèves de première année à l’IFSI (Institut de formation en soins infirmiers) de La Réunion se sont tout de même sentis concernés par la situation pendant leur stage.

S’attendant à un suivi de la part de sa formatrice, Yasmina s'est sentie infirmière à part entière, elle qui n'est pas diplômée : une infirmière de plus pour combler le manque de personnes soignants dans les autres services. " J’étais souvent toute seule quand il fallait donner les médicaments aux patients, leur faire une VVP (voie veineuse périphérique, ndlr) et faire la douche aux patients en perte d’autonomie. C’était parfois difficile, je ne savais pas si je faisais les choses de la bonne manière " raconte-t-elle.

- Les étudiants de dernière année en ligne de mire -

Etant en troisième et dernière année de stage, les étudiants infirmiers sont d’ores et déjà préparés pour travailler en Unité Covid si la situation continue de se dégrader. " A la base, je faisais un stage en pneumologie, on m’a ensuite transférée en secteur Covid. Mon maître de stage m'a dit qu’il était important de voir comment ça se passe et comme ça, une fois diplômée, j'y serais déjà préparée " explique Morgane, étudiante en troisième année à l’IFSI Nord.

En mai 2020, des étudiants infirmiers avaient été sollicités par le CHU pour renforcer les équipes soignantes. Arrivé en mars 2020 sur l'île, le virus du Covid-19 n’a cessé de se propager sur le département, entraînant par moments une véritable tension hospitalière au CHU.

Par manque de personnels, il a fallu trouver du renfort à tout prix. C’est en accord avec leur école que le CHU avait mobilisé des étudiants infirmiers pendant un mois en soins Covid, ce qui a plus ou moins perturbé leur parcours scolaire. Interrogé, le CHU affirme que ce n'est plus le cas aujourd'hui.

- Le CHU se prépare -

Avec une situation qu’il qualifie de tendue, Franck Bellier, le directeur adjoint des enseignements au CHU assure que toutes les dispositions sont prises pour faire face à cette tension hospitalière.

" Un appel à la réserve sanitaire a déjà été lancé compte tenu du fait qu’il n’y a pas assez de médecins à l’hôpital. Pour ce qui est des recrutements, on doit recevoir 26 nouveaux IDE (Diplômé d’Etat infirmier, ndlr) qui travailleront au site nord et 33 nouveaux IDE sur le site sud" nous explique-t-il.

Dans la répartition présentée, on trouve notamment six infirmiers en réanimation, trois en "réa neuro chir", un en vaccination, quatre en santé mentale… Des jeunes infirmiers qui sont donc recrutés dès leur sortie d'école, et localement, démontre le CHU.

mbi/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Gaelle, Posté
pénurie d'autant plus problématique qu'en ce moment, beaucoup de démissions : le personnel infirmier est confronté à de nombreux risques professionnels, biologiques évidemment du fait de sa proximité avec des malades et du COVID-19, mais aussi psychologiques par côtoiement constant avec des personnes souffrantes.Ces risques infectieux nosocomiaux sont aggravés par des conditions de travail stressantes : https://www.officiel-prevention.com/dossier/protections-collectives-organisation-ergonomie/risque-biologique/la-prevention-des-risques-des-soins-infirmiers-risques-professionnels-infirmieres