[PHOTOS] Ils sont partout dans la nature :

Les masques usagés, un spectacle indécent de déchets


Publié / Actualisé
La nature nous renvoie les masques usagés que des " cochons " lui abandonnent et que nous absorbons tous sans le vouloir... Le monde entier se masque, les Réunionnais aussi, nous nous couvrons de masques chirurgicaux et autres, dont certains, bien trop nombreux finissent abandonnés, sales par nature, possiblement infectés... ils sont partout, en ville sur les trottoirs, dans les fossés, à l'aéroport, dans les toilettes, les transports en commun, sur le parking des hypermarchés, portés par le vent, dans les poubelles à papier, les bacs jaunes dont ils polluent les contenus recyclables, les ravines, les bassins, ils sont portés par les cours d'eau, les eaux de ruissellement, finissent au lagon ou directement dans l'océan, ils coulent et s'accrochent aux coraux...
La nature nous renvoie les masques usagés que des " cochons " lui abandonnent et que nous absorbons tous sans le vouloir... Le monde entier se masque, les Réunionnais aussi, nous nous couvrons de masques chirurgicaux et autres, dont certains, bien trop nombreux finissent abandonnés, sales par nature, possiblement infectés... ils sont partout, en ville sur les trottoirs, dans les fossés, à l'aéroport, dans les toilettes, les transports en commun, sur le parking des hypermarchés, portés par le vent, dans les poubelles à papier, les bacs jaunes dont ils polluent les contenus recyclables, les ravines, les bassins, ils sont portés par les cours d'eau, les eaux de ruissellement, finissent au lagon ou directement dans l'océan, ils coulent et s'accrochent aux coraux...

Hier limité au seul personnel médical, qui les traite en tant que déchets à risque et donc les incinère, le port du masque s’est généralisé et s’il est à vocation sanitaire, son abandon sur le mode " band cochons ! " en fait un des pires polluants grand-public actuels. Alors certes, il n’y a pas de poubelles dédiées en ville ou en rase campagne, mais rien qui justifie de balancer ce déchet sensible à la rue, ou chez le voisin, car enfin, l’espace public c’est un peu ça quand même ! Nous avons photographié ce triste état des choses d’un bout à l’autre de l’île…  

Le spectacle indécent de ces déchets, à La Réunion, ne correspond qu’à une toute partie du problème. En premier lieu, parce que tous les jours, plus de 3 milliards de masques sont ainsi lâchés dans la nature au plan mondial, et qu’en France on en compterait 400 tonnes par jour…   L’autre partie du problème correspond à une longue histoire qui découle d’un petit geste contraire à tout sens civique.  

Pour commencer, il faut savoir que ces fichus masques ne sont pas faits de papier, mais de fines couches superposées de plastique, du polypropylène, tiré du pétrole. Balancés dans la nature, ces masques vont très lentement être dégradés, un processus qui dure environ 500 ans ! Pendant ces quelques siècles, ils passeront de la taille que l’on connaît à un nuage de micro et nano particules, qui pollueront les océans, toutes la chaîne trophique, et comme nous sommes au bout, nous finirons par les ingérer à notre tour, nos enfants et notre descendance avec.

 Alors franchement, que ceux qui jettent négligemment leurs masques les bouffent directement, ça nous fera gagner du temps et ça les fera peut-être réfléchir. Ce n’est pas franchement ragoutant un masque, usagé de surcroît.

 Pour ceux qui souhaiteraient comprendre pourquoi il faut prendre au sérieux cette histoire de masques, sans jouer les écolos de service, lisez donc ce qui suit. Tout y est vrai.  

Il y a quelques années, à l’occasion d’une rencontre autour d’un verre, au Roland Garros, avec l’un des inventeurs de Lucy, la petite australopithèque, Yves Coppens, paléontologue de son état, nous avions envisagé le devenir de l’humanité, son évolution, mais aussi l’hypothèse de la fin de notre histoire…
 
- des microplastiques avec presque tout ce que nous mangeons -  
 
 Yves Coppens avait alors évoqué la possibilité d’une extinction par notre incapacité à juguler une pandémie provoquée par un virus.  Lorsque l’on raisonne en temps géologique, on est accoutumé à envisager avec flegme des événements tels que les extinctions de masse, à l’instar de l'extinction de masse qui est intervenue il y a 66 millions d'années, rayant de la carte du vivant les dinosaures entres autres formes de vie à la surface de la planète.

Après une trentaine d’années de débats et d’études, géologues, stratigraphes et paléontologues sont à peu près d’accord entre eux pour dire qu’en en nombre d’endroits de la planète, une fine couche d’argile présentant des pics extraordinaires d'iridium, marque et date le ou les événements cataclysmiques (collision de la Terre avec un ou des géo-croiseurs) déclencheur(-s) de " l'hiver d'impact " qui a éteint la vie…

 A une moindre échelle, les éventuels géologues et paléontologues du futur, lorsqu’ils étudieront la période correspondant à notre époque seront à peu près d’accord pour identifier la couche " plastique " pour ainsi dire planétaire, formée par les micro (< 5 mm) et nanoplastiques (< 1 nm), particules et fibres, qui proviennent de la fragmentation de plus gros déchets sous l’effet de l’eau, de la lumière (UV), des vagues et des organismes vivants qui les absorbent…

Nous en tapissons actuellement le fond de nos mers et océans, l’océan arctique est décrit comme un " puits " de micro déchets plastiques, aux reliefs, en passant par les sources et rivières, sans oublier les mouvements atmosphériques… Cette pollution typique des XXe et XXIe siècles est absorbée volontairement ou non par la quasi-totalité des êtres vivants, des mollusques marins, entre autres organismes filtrants aux êtres humains, en passant par oiseaux, tortues, cétacés… Toutes les chaînes alimentaires sont polluées, même celle du plancton, les organismes planctoniques filtreurs étant affectés aussi, et l’Homme, placé en bout de système, n’y échappe pas non plus.

De savantes études montrent que les particules et fibres s’agglomèrent chimiquement à des métaux, des métalloïdes tels que silicium, germanium, arsenic, antimoine, tellure, polonium, à des polychlorobiphényles (PCB et PCT, produits chimiques organiques chlorés, utilisés comme isolants et cancérigènes) ainsi qu’à d'autres toxiques entre transit par les égouts, eaux de ruissellement, sédiments, divers réseaux hydrographiques… jusqu’à la mer. Nous ingérons des microplastiques avec presque tout ce que nous mangeons, du sel au poisson, sans parler des fruits de mer.

Une étude anglaise a établi en 2018 qu’un "Anglais moyen" avalerait 123 morceaux de plastique par an, ne serait-ce qu'en mangeant des moules ! Beaucoup plus dans les pays où l’on consomme beaucoup de de mollusques et de crustacés. Pour compléter le tableau et ce régime riche en perturbateurs endocriniens, il faut encore savoir que nous inhalons du nanoplastique en respirant aussi ! Y compris dans nos masques chirurgicaux, la boucle est bouclée. Evitons de finir comme les dinosaures en mettant la planète sous blister.

plc/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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    3 Commentaire(s)

    Atterré, Posté
    Le créole l'est macotte un point c'est tout !A croire que la macotterie est dans ses gènes ! ! !
    Jeanbon, Posté
    C'est principalement aux abords des écoles, des arrêts de bus, et au niveau des caddies des grandes surfaces qu'on en voit le plus.Pire que des betes, vraiment des makotes de première, éducation 0 calebasse !
    Pierrot974, Posté
    S'il n'y avait que les masques qui trainent partout !À croire que, pour certains, leur île est trop belle et qu'il faut absolument la pourrir visuellement de toutes les manières possibles en considérant les rues ou la nature comme des poubelles ouvertes.On se demande vraiment comment, et par quels gorets, ces gens ont pu être élevés.