Crise sociale :

En Guadeloupe, le Covid-19 n'est que l'étincelle qui a mis le feu aux poudres


Publié / Actualisé
Depuis plus d'une semaine désormais, des violences secouent la Guadeloupe. L'archipel est en grève générale depuis le 15 novembre 2021 pour dénoncer l'obligation vaccinale des soignants et l'instauration du pass sanitaire. Barrages, incendies, affrontements avec les forces de l'ordre rythment les soirées. Mais derrière les revendications liées au Covid-19, la colère gronde depuis bien longtemps maintenant. Précarité, vie chère, chômage, accès aux soins difficile sont le terreau des violences qui secouent actuellement la Guadeloupe (Photo AFP)
Depuis plus d'une semaine désormais, des violences secouent la Guadeloupe. L'archipel est en grève générale depuis le 15 novembre 2021 pour dénoncer l'obligation vaccinale des soignants et l'instauration du pass sanitaire. Barrages, incendies, affrontements avec les forces de l'ordre rythment les soirées. Mais derrière les revendications liées au Covid-19, la colère gronde depuis bien longtemps maintenant. Précarité, vie chère, chômage, accès aux soins difficile sont le terreau des violences qui secouent actuellement la Guadeloupe (Photo AFP)

Et ça, Emmanuel Macron l'a bien compris. "Il y a un contexte très local, des tensions historiques et aussi certains qui ont intérêts à exploiter ces tensions" a-t-il indiqué au micro de journalistes lors d'un déplacement à Amiens. Le Président a donc bien compris que le Covid-19 n'était pas l'unique source de colère dans les Outre-mer, mais il ne semble pas prendre toute la mesure de cette dernière.

Aurait-il déjà oublié la crise des Gilets jaunes ? D'une annonce d'augmentation du prix de l'essence, la colère avait déferlé sur les territoires ultra-marins. Là encore, le prix de l'essence, comme le Covid-19 aujourd'hui, ne fut que l'étincelle qui mit le feu aux poudres : les problématiques soulevées actuellement étaient déjà présentes il y a trois ans. A vrai dire, elles étaient déjà présentes il y a 30 ans.

Crise en Guyane en 2017, crise à Mayotte en 2018, quelques mois plus tard à La Réunion, aujourd'hui les Antilles... Covid ou pas Covid, combien de crises faudra-t-il dans les Outre-mer avant de réaliser que le problème va bien au-delà des mécontentements ponctuels ?

"C'est grâce à la solidarité nationale qu'ils ont accès à ces vaccins" s'est fendu Emmanuel Macron ce lundi. C'est vrai. Mais c'est aussi grâce à la "solidarité nationale" que les territoires ultra-marins ont été exposés à des violences médicales, aux avortements et stérilisations forcées, au déportement d'enfants, à l'empoisonnement au chlordécone…Cette liste, le Président la connaît, mais il semble qu'elle ne soit finalement qu'une excuse à ses yeux pour les violences qui surviennent actuellement.

- Mépris -

Nous ne prétendons pas que les pillages et les affrontements qui ont lieu soient la solution à ces problèmes. Mais la gestion de cette crise relève, au mieux, du mépris le plus total. Comment imaginer qu'en France on puisse décider, une fois de plus, d'un couvre-feu pour verrouiller une protestation sociale ? Comment expliquer, qu'en France, l'envoi d'oxygène prennent plus de temps que d'envoyer centaines de policiers et gendarmes, le RAID, et le GIGN ? Comment expliquer, qu'en France, on utilise tout l'arsenal répressif à sa portée plutôt que de tenter de trouver des solutions aux problèmes exposés ?

"La Guadeloupe a le droit à la quiétude" disait Emmanuel Macron ce lundi. Pour la retrouver, il envoie pourtant des forces de l'ordre par centaines.

On se souvient encore du couvre-feu imposé et des renforts envoyés à La Réunion lors de la crise des Gilets jaunes : face au ras-le-bol réunionnais, 200 gendarmes mobiles avaient été envoyés sur place. C'est dans la même logique que se trouve aujourd'hui le gouvernement, au mépris total des populations exprimant leur colère.

Peut-être que brûler des voitures, piller des pharmacies et affronter les forces de l'ordre ne résoudra rien. Mais quand on est traité en citoyen de seconde zone une grande partie de l'année, que politiciens et pseudo-spécialistes de plateau télé justifient les réticences face au vaccin avec le voodoo, la Vierge Marie ou encore la consommation de rhum, quand certaines villes n'ont pas d'eau potable, que certains villages sont inaccessibles par la route, que des hôpitaux ne sont pas rénovés suite à des incendies… Peut-on vraiment s'étonner de la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui ?

as/www.ipreunion.com / [email protected]

   

5 Commentaire(s)

Chloredecone , Posté
Renseignez vous sur le drame du chloredecone, catastrophe pour les Antilles. Et après on vient investir à la Reunion.
THOR, depuis son mobile , Posté
C'est quoi cet article ' Bon comme vous annoncez fréquemment qu'à la Réunion ça va '' péter' et que rien ne se passe''on laisse à vos seuls soins cette analyse
Volcan974, Posté
Ces Antillaises et Antillais sont solidaires bien que je reprouve la violence ils ne se feront pas acheter par un DR comme les gilets jaunes reunionnais
Payet, depuis son mobile , Posté
Felicitations pour votre article. Vous avez bien résumé la situation. NOUS SOMMES DES FRANCAIS DE SECONDE ZONE. Et qui viendra dire le contraire' Alors piur l envoi des colis pour mieux npus taxer ah non nous voler il existe une reglementation européenne et nous devrons payer nos envois de colis et les colis de fruits beaucoup plus chers . Qui a empêché ceci'Nos politiciens' Tous occupés à courir derrière macro...pour 1 petite place. PITOYABLE. Aujour dhui la Guadeloupe puis la Martinique. Pas dit que ça ne pète pas à nouveau à la Reunion.
Atterré, Posté
Naïf que je suis, je découvre peu à peu qu'ipreunion est un média d'opinion.Adieu IP ! ! !