Baisse des dépistages et absence de vaccin :

Sida : la lutte contre le Sida ralentie à cause du Covid


Publié / Actualisé
Cette journée du 1er décembre marque la lutte mondiale contre le virus du Sida. Alors que les énergies se concentrent essentiellement sur le Covid-19 depuis près de deux ans, le VIH circule toujours et aucun vaccin ne permet pour l'heure de le contrer. Pire encore, le nombre de dépistages en 2020 et 2021 a drastiquement baissé à cause du Covid et de nouveaux cas, parfois jeunes, sont détectés tardivement (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Cette journée du 1er décembre marque la lutte mondiale contre le virus du Sida. Alors que les énergies se concentrent essentiellement sur le Covid-19 depuis près de deux ans, le VIH circule toujours et aucun vaccin ne permet pour l'heure de le contrer. Pire encore, le nombre de dépistages en 2020 et 2021 a drastiquement baissé à cause du Covid et de nouveaux cas, parfois jeunes, sont détectés tardivement (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

- Sida contre Covid, la guerre des vaccins -

La théorie était souvent avancée par les "antivax" : comment peut-on trouver un vaccin et mêmes plusieurs vaccins anti-Covid aussi rapidement, alors qu'aucun sérum n'a encore été trouvé pour le VIH, qui sévit depuis des années et des années à travers le monde.

Bien que les avancées soient réelles pour ce qui est du traitement du Sida, force est de constater qu'aucun vaccin n'existe en effet à ce jour. Mais les deux virus que sont le SARS-Cov-2 et le VIH n'ont rien à voir. Il ne s'agit tout simplement pas des mêmes virus : on ne guérit pas du Sida. Pour ce qui est du Covid-19, tout est allé très vite, une vraie course contre la montre puisque le virus s'est propagé à une vitesse folle dans le monde entier.

- Manques d'investissements -

Autre explication, bien malheureuse : le manque d'investissement de la part des groupes pharmaceutiques, alors que le monde de la recherche a connu un vrai boom avec le Covid-19.

A ce jour on estime qu'environ 1000 personnes vivent avec le Sida à La Réunion. Dans le monde, le virus touche 38 millions de personnes et il tue encore beaucoup : 680.000 personnes en sont décédées en 2020.

Pour trouver un vaccin, il faudra que ce soit "un choix majeur, mais le marché est aujourd'hui très faible pour les groupes pharmaceutiques. On déplore un manque d'investissement criant sur cette question", relève Nicolas Manel, directeur de recherche à l'Inserm, chef d'équipe à l'Institut Curie. "De nombreux chercheurs sont très motivés mais ils font avec les moyens du bord".

- Baisse des dépistages -

La crise sanitaire liée au Covid un autre impact dévastateur sur la lutte contre le VIH : une baisse drastique des dépistages depuis 2020. Dans le monde, le dépistage du Sida a globalement fléchi de 22%, retardant le début des traitements dans la plupart des pays, selon le rapport du Fonds mondial. A La Réunion, la chute des dépistages des infections sexuellement transmissibles (VIH, chlamydia, syphilis…) atteint -32,3% entre 2019 et 2020.

Selon les chiffres de l'association Rive, pour le VIH, on enregistrait 6.372 dépistages en 2019 contre 3.880 en 2020. Une chute directement liée aux différents confinements. Les associations s'inquiètent alors que les IST étaient déjà en hausse chez les 15-25 ans à La Réunion avant la crise Covid.

Lire aussi - Derrière le Covid-19, d'autres maladies insuffisamment dépistées

Un dépistage est justement organisé depuis le 29 novembre et jusqu'au 4 décembre par les membres du comité de Coordination de la lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH (COREVIH). Cette semaine de sensibilisation pour la santé sexuelle prévoit des actions de prévention des IST, de dépistages anonymes et gratuits du VIH, des hépatites B et C, de la syphilis, qui se déroulent sur tout le territoire.

- Un virus difficile à décimer -

La nature même du VIH est difficile à neutraliser, même si des essais continuent pour en venir enfin à bout. Depuis la découverte du virus en 1983, les recherches se poursuivent. Le VIH "infecte les cellules du système immunitaire" dans l'ADN desquelles il intègre son matériel génétique, explique à l'AFP le Pr Olivier Schwartz, directeur unité virus et immunité à l'Institut Pasteur.

Cela le rend beaucoup plus difficile à cibler car ces cellules immunitaires, quand elles ne sont pas sollicitées, traversent des phases dormantes pendant lesquelles le virus passe sous les radars.

En second lieu, sa variabilité est sans commune mesure avec celle du coronavirus: il "mute beaucoup plus facilement", il est donc "plus difficile de générer des anticorps à large spectre qui pourraient bloquer l'infection", souligne le Pr Schwartz.

- Guérisons miracles -

Mi-novembre, pour la deuxième fois, une patiente séropositive a guéri du VIH sans aucun traitement. Une jeune femme originaire d’Argentine a réussi à guérir du virus sans traitement, alors qu'elle avait été dépistée séropositive il y a huit ans. Les scientifiques, par le biais de ses analyses de suivi, ont découvert que ses cellules ne contenaient plus aucune trace du virus.

C'est la deuxième fois que cela se produit dans le monde. En 2020, une Californienne de 67 ans avait aussi guéri naturellement. Des situations qui poussent les scientifiques du monde entier à vouloir explorer de nouvelles pistes de recherche. En espérant que les fonds injectés soient un jour suffisants pour mener de front la mise au point d'un traitement efficace et celle d'un vaccin.

www.ipreunion.com / [email protected] avec AFP

   

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