[LIVE] Conférence de presse de l'Agence régionale de santé au CHU :

Les services de réanimation au bord de la saturation, au Samu un appel sur quatre lié au Covid


Publié / Actualisé
L'agence régionale de santé (ARS) tient une conférence de presse ce jeudi 6 janvier 2021 à 10h au CHU, pour faire le point "sur la situation hospitalière et l'organisation mise en place pour faire face à l'épidémie de Covid-19 à La Réunion". Le risque de saturation des capacités de réanimation et de médecine Covid se confirme, alors que le taux d'incidence de La Réunion frise les 1.600 pour 100.000 habitants selon l'ARS. Les appels au Samu ont été multipliés par 10 pour le Covid et aujourd'hui un appel sur quatre est lié au Covid. A l'hôpital public, le taux d'occupation est de 95%, Covid ou non Covid. 90% des patients en médecine et en réanimation pour Covid ne sont pas vaccinés. Suivez notre direct (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
L'agence régionale de santé (ARS) tient une conférence de presse ce jeudi 6 janvier 2021 à 10h au CHU, pour faire le point "sur la situation hospitalière et l'organisation mise en place pour faire face à l'épidémie de Covid-19 à La Réunion". Le risque de saturation des capacités de réanimation et de médecine Covid se confirme, alors que le taux d'incidence de La Réunion frise les 1.600 pour 100.000 habitants selon l'ARS. Les appels au Samu ont été multipliés par 10 pour le Covid et aujourd'hui un appel sur quatre est lié au Covid. A l'hôpital public, le taux d'occupation est de 95%, Covid ou non Covid. 90% des patients en médecine et en réanimation pour Covid ne sont pas vaccinés. Suivez notre direct (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Nos journalistes sont en direct, suivez leur live :

  • IPR

    C'est la fin de ce live, merci de l'avoir suivi

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    Le "schéma vaccinal complet" passe à 3 doses à partir du 15 février

    On dira d'une personne qu'elle n'a pas de schéma vaccinal complet si elle n'a pas reçu sa 3ème dose à partir du 15 février.

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    Pas de demande d'evasan de la part de Mayotte

    "Nous n'avons pas reçu de sollicitation de la part de Mayotte" indique Lionel Calenge sur la question des evasan. Il indique cependant que si deux vagues épidémiques sont simultanées à Mayotte et La Réunion, cela "serait une première".  "On a su faire face aux besoin de la population réunionnaise et Mayotte". Une centaine d'evasan ont été reçus à La Réunion pendant la crise.

    Quatre patients avaient été évacués vers la Métropole. "Notre limité hospitalière est connue. Pour ne pas l'atteindre : le respect des gestes barrières et la vaccination." A Mayotte, les lits de réanimation sont peu occupés, ajoute Martine Ladoucette. La situation est "gérée et gérable" à Mayotte avec un à deux lits de réa occupés quotidiennement par des patients Covid.

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    Philippe Ocquidant recommande un confinement

    Philippe Ocquidant, du CHU, estime qu'il faudra encore durcir les mesures de freinage, "voire un confinement, je préfère un confinement plutôt qu'une saturation de l'hôpital".

    Sur cette question, Martine Ladoucette rappelle "qu'on connaît tous les effets négatifs du confinement sur la psychologie des enfants, des jeunes adultes, sur l'activité physique". L'ARS et la préfecture disent surveiller l'évolution de la situation épidémique, inédite de par le contexte sanitaire. Le préfet "saura prendre les nouvelles mesures qui s'imposent".

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    Un nouvel appel à se faire vacciner et faire la 3ème dose

    Les trois doses de vaccin sont "absolument nécessaires" rappelle Martine Ladoucette. Toute personne de plus de 18 ans peut faire son rappel quatre mois ou plus après la seconde injection. L'ARS ne désespère pas "de pouvoir rattraper ce ratard", il "n'y a pas de problème d'offre" en termes de vaccin, garantit-elle.

    38% de la population éligible ne sont pas engagées dans la vaccination, dont "66.000 personnes adultes et jeunes adultes" et "53.000 adolescents". "Maintenant ce qui compte de plus en plus aussi, c'est la vaccination des enfants de 5 à 11 ans, car eux aussi peuvent être exposés à des formes d'hospitalisation et le syndrome inflammatoire pédiatrique."

    Environ 250.000 Réunionnais sont éligibles à la troisième dose, "pour ceux-là nous allons faire en sorte qu'ils puissent accéder à la troisième dose sans attendre le quatrième mois" à l'approche de la date limite du 15 février pour la validité du pass sanitaire.

    Martine Ladoucette rappelle que l'isolement pour les cas positifs est de 7 jours pour une personne vaccinée, voire 5 jours à l'issue d'un dépistage négatif. "Nous allons pouvoir augmenter nos capacités de dépistage. Deux nouveaux centres vont être ouverts : à Saint-Denis à la Nordev et à la Saline-les-Hauts dans une maison de santé."

    Pour les autotests, les quantités ont été vérifiées pour être suffisantes. Les personnes contact n'ont plus la nécessité de s'isoler si leur test est négatif. Un premier est nécessaire à J-0 puis deux autotests sont demandés à J+2 et J+4. Cette mesure ne vaut que pour les personnes vaccinées.

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    Les cliniques privées ouvrent des lits Covid

    Le docteur Chaumont, qui représente le privé, prend la parole. Il admet que les hôpitaux publics "sont saturés". La clinique Saint-Vincent accueille 9 patients Covid, dans une unité de 11 places disponibles.

    Depuis le 5 janvier, la clinique Saint-Joseph accueille 3 patients Covid, sur une totalité de 15 places.

    Depuis ce jeudi, la clinique Sainte-Clotilde va accueillir le premier patient Covid, sur 10 places disponibles. D'autres collaborations sont à l'étude ce jour. Pour l'ouest une réunion est prévue à 15h.

    Toute initiative se fera aussi "au détriment" des patients, indique le docteur Chaumont qui appelle aussi appliquer au mieux les gestes barrières et la vaccination. Celui-ci remercie l'engagement des personnels, "dans ce combat contre le virus, public et privé ne font qu'un".

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    A l'hôpital, "on est à 95% d'occupation, Covid ou non Covid"

    Philippe Ocquidant, au CHU Sud, prend la parole. "En médecine on n'a pas de création de lit possible actuellement. On a 130 patients sur le CHU, plus de 14 au CHOR, plus d'une douzaine au GHER qui amputent les lits de médecine habituels. On est obligés de faire de la déprogrammation de médecine. Mais on a toujours des patients qui font des AVC, des infarctus, qu'il faut prendre en charge. C'est difficile de trouver des places pour ces patients. On est à 95% d'occupation, Covid ou non Covid. Les patients Covid se rajoutent à toute l'activité habituelle, qui n'a pas diminué."

    Autre point important, les ressources humaines. "Les patients Covid demandent une charge de travail supplémentaire, ne serait-ce que pour entrer dans la chambre du patient en termes d'équipement."

    Le CHU va essayer de passer à 80 lits médecine au CHU. "On n'est pas encore au pic de l'épidémie, on voit que le taux d'incidence augmente de façon très importante, on va avoir beaucoup plus de place".

    Au CHOR l'augmentation des capacités s'annonce difficile. Des lits de réanimation, "ça s'improvise pas". Ensuite, "il faudra voir ensuite le personnel", sachant que la venue de renforts de Métropole n'est pas possible de la même manière. La marge est très étroite, avec 94% des personnels mobilisés. "On se penche sur des possibilités d'ouverture de 4 lits supplémentaires au nord et 4 à 8 lits au CHU Sud". Tout ceci demandera du personnel qualifié en réanimation. Le CHU doit faire appel aux "IAD", infirmier.e.s anesthésistes. Il faut donc fermer des blocs, "environ 8 salles de bloc opératoire, soit 60 patients déprogrammés par jour, qu'il faudra reprogrammer ultérieurement".

    Tous les jours, à 13h30, le CHU fait le bilan des lits disponibles, "que ce soit en médecine, en réanimation". Philippe Ocquidant demande en priorité le respect des gestes barrières. La vaccination "est fondamentale, elle protège, en tout cas contre les formes graves". Il répète le taux de 90% de patients non vaccinés.

  • IPR

    Les capacités peuvent être augmentées "de manière extrêmement limitée"

    Lionel Calenge, directeur du CHU, prend la parole. Il garantit que les équipes sont particulièrement mobilisées, avec "un niveau d'activité très élevé". Dans le cadre des fêtes de fin d'année, il ne cache pas la tension, liée aussi aux congés des personnels, qui sont aussi fatigués. "Ils sont en première ligne, il y a une fatigue générale des équipes." Les capacités en réanimation et en médecine peuvent encore être augmentées, mais "de manière extrêmement limitée".

    La situation hospitalière "reste sous contrôle" assure-t-il. "Nous n'avons pas de niveau de tension sur nos ressources humaines qui nécessitent un plan blanc".

    90% des patients en médecine et en réanimation pour Covid "ne sont pas vaccinés", indique-t-il. 77 lits de réanimation étaient occupés ce matin au CHU sur 81. Au CHOR le taux d'occupation est de 100%. Au GHER il n'y a pas de lit de réanimation mis les patients peuvent être pris en unité de soins continus.

    69 lits de médecine sont ouverts au CHU, 90% sont occupés. Dans la semaine ce taux est monté jusqu'à 100%. Au CHOR les 14 lits de Covid sont tous occupés, la capacité pourrait passer à 22 lits.

    Le CHU surveille la situation à Mayotte, "on espère ne pas avoir à affronter une double vague épidémique" indique Lionel Calenge.

  • IPR

    80% des non vaccinés sont "indécis ou mal informés"

    Le docteur Rambaud prend la parole. Il représente la médecine libérale et la médecine de ville. Il note qu'il n'y a "pas assez de patients qui n'ont pas fait leur troisième dose". 80% d'entre eux "sont indécis ou mal informés" indique-t-il, d'où l'importance du dialogue avec les médecins.

  • IPR

    Un appel sur quatre lié au Covid

    Le docteur Nativel prend la parole, il représente le Samu et les urgences hospitalières. Il fait part d'appels "mutipliés par 10 pour le Covid". Depuis novembre, le nombre d'appels, tous confonds, représente 2.000 appels par jour. Depuis 48 heures, un appel sur quatre est lié au Covid.

    "Nous faisons tout pour qu'il n'y ait pas de délai d'attente", assure le docteur Nativel avec un "décroché rapide de 30 secondes" pour la majorité des appels. Des adaptations techniques ont dû être nécessaires, mais elles ont une limite. Le Samu s'attend à un nombre accru d'appel dans les "sept à dix jours" qui viennent.

    Le docteur Nativel rappelle que les appels au Samu sont dédiés aux urgences uniquement, avec "une utilisation raisonnée de l'appel aux secours".

    Côté urgences hospitalières, le nombre de cas pris en charge était de 5-6 par jour. Aujourd'hui on enregistre 20 à 25 par jour, la majorité est renvoyée à domicile. La situation "n'est pas catastrophique mais très préoccupante", prévient-il.

  • IPR

    Omicron moins sévère mais plus contagieux

    Aujourd'hui, "on sait qu'Omicron est deux à trois moins sévère que le Delta" ajoute-t-elle, confirmant les indications du gouvernement, soit "moins de risque de recours à l'hospitalisation, et peut-être des durées de séjour plus courtes".

    Mais Omicron est "trois fois plus contagieux". "Aujourd'hui on est encore dans l'inconnu" admet Martine Ladoucette.

    L'ARS et le CHU remarquent toutefois une forte augmentation en réanimation, "ce chiffre n'augmente pas cette semaine" indique toutefois la directrice de l'ARS. La partie aujourd'hui "se joue à deux", avec les institutions mais aussi "le comportement de la population".

    Le docteur Nativel, qui représente le Samu, est sur place pour le point de vue des urgences hospitalières. Le docteur Rambaud prendra la parole pour la médecine de ville. Les hospitaliers publics prendront la parole via notamment Lionel Calenge, directeur du CHU. Le docteur Chaumont prendra la parole pour les hospitaliers privés.

  • IPR

    Le taux d'incidence est de 1.600

    Martine Ladoucette prend la parole. "Très clairement il y a sept jours j'ai fait part à la population de la certitude que nous étions à la veille de la vague Omicron" rappelle-t-elle. "Sept jours après, cette tendance se confirme." Hier ce sont plus de 3000 cas qui ont été détectés. 13.000 cas contaminés sont enregistrés. Nous sommes aujourd'hui à 1.600 pour 100.000 habitants de taux d'incidence. C'est moins qu'en Métropole (2.000 pour 100.000).

    "On voit bien que la vague Delta n'est pas terminée. Aujourd'hui sur les résultats de criblage, on est à moitié moitié avec Omicron" annonce la directrice de l'ARS.

  • IPR

    Bonjour nous sommes sur place pour suivre la conférence de presse du CHU et de l'ARS

A propos

Après déprogrammation d'opérations dites "non-urgentes", le service de réanimation est désormais sous tension, avec 90% de taux d'occupation. Au 4 janvier 2022, 41 des 95 lits de réanimation de La Réunion étaient sont occupés par des patients positifs au Covid-19 (90% d'entre-eux ne sont pas vaccinés). Les autres lits sont occupés par des patients souffrant d'autres pathologies

Dès le jeudi 23 décembre 2021, le CHU avait alerté sur les risques de saturation "en services de réanimations ou en services d’hospitalisation complète Covid" "L’arrivée sur le territoire du variant Omicron, le relâchement des gestes barrière et un taux de vaccination de la population qui reste insuffisant sont des éléments de contexte préoccupants" notait le CHU.

Lire aussi : Covid-19 : le CHU alerte sur la tension hospitalière

Afin d’éviter d’atteindre une nouvelle fois les seuils de saturation des capacités hospitalières, après près de deux ans de crise sanitaire au cours de laquelle le CHU a été en première ligne, se traduisant par un épuisement des équipes, aggravé par des possibilités fortement réduites d’arrivée de renforts compte tenu de la forte dégradation de la situation en métropole, les autorités du CHU avaient appelé "solennellement la population à la plus grande vigilance" .

A la suite d'une réunion de la cellule de crise le mercredi 22 décembre, l'hôpital avait une nouvelle fois procédé à des augmentations capacitaires, notamment en service de réanimation. "Néanmoins, avec un taux d’occupation très élevé dans l’ensemble des services hospitaliers, le CHU est dans le même temps en très forte tension sur l’ensemble de ses activités" prevenait les autorités.

Cette tension concerne au demeurant également les autres établissements de santé du territoire, impliqués dans une dynamique de gestion solidaire de la crise Covid, établissements publics au sein du Groupement Hospitalier de Territoire (CHOR et GHER) et cliniques privées.

Elle fait craindre une dégradation dans les prochains jours et prochaines semaines de la capacité de réponse du CHU à la fois à l’épidémie de Covid, mais aussi à l’accès aux soins pour les autres pathologies, car la gestion de l’épidémie de Covid nécessitera certaines déprogrammations de soins médicaux et chirurgicaux en cours d’évaluation, même si les urgences restent assurées.

"Au final, l’évolution très préoccupante de la courbe de contaminations par la Covid ces derniers jours créée une vive inquiétude pour la Direction et la communauté hospitalière" notait le CHU.

Dans leur bilan ce mardi, la préfecture et l'ARS faisaient état du décès de 10 personnes, de 9.358 cas confirmés du 24 au 31 décembre et d'un taux d'incidence dépassant lles 1.300 cas pour 100.000 habitants.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

3 Commentaire(s)

Prix d'un avion rafale , Posté
Prix d'un avion rafale : 52 millions d'euros. Et actuellement les hôpitaux en grande difficulté.
974, Posté
Les professionnels de santé tirent la sonnette d'alarme. Pour les autorités c'est zncore gerable. Ces mêmes autorités ont autorises le Grand Raid et le sakifo. CQFD. En fait c'est Paris qui décide.
ZembroKaf, Posté
Gestes barrières/ port du masque ... venez vérifier sur le front de mer de st pierre ... "collé/serré" sur la plage dans les bars...dans la majorité des commerces de proximités (fruits et légumes....) personnes ne portent de masque lol !!! AUCUN CONTROLE et on demande de faire des efforts pour aider l'hôpital... Dr Ocquidant prêchez déjà dans votre hôpital de st pierre où "vos" soignants sont "long border" !!!