Covid-19 :

Déclenchement du plan blanc : réactions sur l'île


Publié / Actualisé
Ce mercredi 19 janvier, les établissements de santé de La Réunion déclenchent le Plan blanc pour faire face à l'afflux de patients atteints du Covid-19. Ce sont les établissements publics du Groupement Hospitalier de Territoire de La Réunion (champ MCO CHU-CHOR-GHER, hors santé mentale) qui le déclenchent, une décision prise en concertation avec l'ARS. Imaz Press Réunion a interviewé les professionnels de la santé suite au déclenchement du Plan blanc. (Photo : rb/www.ipreunion.com)
Ce mercredi 19 janvier, les établissements de santé de La Réunion déclenchent le Plan blanc pour faire face à l'afflux de patients atteints du Covid-19. Ce sont les établissements publics du Groupement Hospitalier de Territoire de La Réunion (champ MCO CHU-CHOR-GHER, hors santé mentale) qui le déclenchent, une décision prise en concertation avec l'ARS. Imaz Press Réunion a interviewé les professionnels de la santé suite au déclenchement du Plan blanc. (Photo : rb/www.ipreunion.com)

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• Ruben Veerapen, président des spécialistes de l’Union régionale des médecins libéraux :

"Avec la mise en place du Plan blanc, toutes les plages opératoires sont annulées et toutes les ressources humaines et matérielles sont mobilisées. On ne devra prendre en charge que les patients Covid. On devra faire le tri des malades et on ne pourra pas opérer tout le monde. Seuls les patients en urgence vitale et à pathologie lourde comme le cancer pourront être pris en charge mais pas aussi rapidement qu’en temps normal."

• Jean-Marc Vélia, secrétaire CFDT CHU Felix Guyon :

"Nous sommes face à un variant très contaminant. Quatre blocs opératoires sont actuellement fermés dans les hôpitaux publics et des patients ayant des pathologies importantes ne vont pas pouvoir être pris en charge dans l'immédiat. Cette situation se fait au détriment de la population... L'impact est à tous les niveaux. Je suis inquiet, je suis attristé... Ce que l'on regrette c'est que l'ARS n'ait pas reconduit des contrats de personnels ayant été formés dans le cadre de la pandémie (kiné, aide-soignant, infirmier, agent de services, etc.). Cela concerne 180-200 postes ; les soignants se retrouvent donc en difficulté. Le Plan blanc remet aussi en question les périodes de vacances du personnel hospitalier. C'est aussi un gros signal d'alarme vis-à-vis des familles réunionnaises qui se regroupent, ce qui crée un risque de contamination; il est important d'observer les gestes barrières. La CFDT avait déjà alerté sur la situation auprès du CHU, nous n'avons pas été entendus. Il y a une détresse hospitalière. Nous appelons ainsi les 24 maires de la Réunion à se mobiliser, pour que le Gouvernement voit notre insularité et donc nous donne les moyens car le Plan blanc montre que l'on a besoin de la force de tout le monde. On a besoin du soutien des députés, de tous les élus pour dire qu'ils sont là pour tous les hospitaliers."

• Luc Triboulet, directeur de la clinique de Sainte-Clotilde :

"Au niveau de notre organisation, nous étions à 12 lits d'accueil pour les patients covid +, puis nous sommes passés à 20 lits : 16 dédiés à la médecine covid, quatre en tant que lits de surveillance en continu. Pour ce qui est de la clinique Saint-Vincent de Saint-Denis 11 lits vont être dédiés à la médecine covid, pour ce qui est de celle des Flamboyants au Port : 15 lits, puis la clinique de Saint-Joseph va passer de 15 à 16 lits ; cela doit être validé dans la soirée. Avec le déclenchement du Plan blanc, nous allons gérer avec le plus de tact possible les déprogrammations, c'est-à-dire que nous allons pour le moment maintenir le plus d'opération possible pour continuer à soigner les autres patients. Mais si on doit le faire, on le fera... Notre personnel actuellement fait plus d'heures de travail et il va y avoir une réorganisation. Certains ne vont pas pouvoir bénéficier de leurs congés par exemple. Le Covid nécessite du personnel..."

• Serge Hoareau, président de l'association des maires :

"La situation est tendue dans le milieu hospitalier donc c'est une bonne chose que ce Plan blanc a été mis en place. Il faut mettre l'ensemble de nos moyens à disposition car il faut faire face à un éventuel afflux de patients. On doit immédiatement apporter des solutions médicales à la population. Nous ne sommes pas à l'abri d'un regain de cas surtout avec le variant omicron."

• Christine Kowalczyk, présidente de l’Union des médecins libéraux :

"Ce plan blanc est un signal d’alerte de la désorganisation des médecins libéraux en ville, qui pourrait s’intensifier dans les semaines à venir. Si l’hôpital est saturé, les médecins libéraux le sont aussi et c’est le cas actuellement. Les hôpitaux ont une réserve sanitaire mais pas nous médecins libéraux. Une réserve sanitaire serait la bienvenue."

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