[VIDÉOS] Fresque à Souris Chaude :

Graffiti : rencontre avec Roko et son "Kotum", un pirate haut en couleur


Publié / Actualisé
Les sprays des bombes teintent progressivement un grand mur à quelques pas de la Ravine de la Souris Chaude. Les automobilistes klaxonnent, et regardent intrigués l'homme qui s'affaire à peindre cette étonnante fresque. Roko est graffeur. Il s'est lancé dans les années 2000 et pour lui, le graff ne cesse d'évoluer. La rédaction d'Imaz Press Réunion vous emmène à la rencontre de cet artiste (Photo mc/www.ipreunion.com)
Les sprays des bombes teintent progressivement un grand mur à quelques pas de la Ravine de la Souris Chaude. Les automobilistes klaxonnent, et regardent intrigués l'homme qui s'affaire à peindre cette étonnante fresque. Roko est graffeur. Il s'est lancé dans les années 2000 et pour lui, le graff ne cesse d'évoluer. La rédaction d'Imaz Press Réunion vous emmène à la rencontre de cet artiste (Photo mc/www.ipreunion.com)

Accroupis, les bras tendus et le visage sérieux, Roko trace à l’aide de ses bombes de peinture des dessins aux couleurs vives. Sur le mur, le jaune, le rouge, le bleu ou le vert se fondent le long d’une fresque de plusieurs mètres. Il y a quelques semaines, le long de la deux voies en direction de Souris Chaude, il était possible d’apercevoir le gaffeur réunionnais en plein travail. Sur sa fresque commune avec un autre graffeur, Konix on aperçoit un pirate squelettique, menaçant un perroquet à la jambe de bois. Dans le décor, un bateau pirate vogue sur la mer.

"Aujourd’hui nous avons fait une grande fresque sur le thème des pirates. Nous voulions vraiment créer avec Konix une cohérence avec un décor et quelque chose qui raconte une histoire" détaille l’artiste. "Le kotum, c’est mon personnage " explique Roko en désignant le pirate. "Comme c’était dans mes cordes je m’en suis occupé, tout comme le perroquet", ajoute-t-il. "Je travaille en collaboration avec Konix. Il est expert en décor, c’est lui qui s’est occupé du bateau et du paysage. On a pas de "qui fait quoi", on s’organise comme ça nous vient", dépeint le graffeur. Regardez.

"Sur cette fresque, tout est technique. On s’éclate, on a un super mur. La fresque doit être cohérente, dans les détails, dans les proportions. C'est d'ailleurs une commande. On commence par réaliser une maquette de ce que l’on va graffer et on la présente au client. Tout est fait à la bombe, le décor et le dessin parfois le fond est fait au rouleau pou gagner du temps", explique Roko, graffeur

"Par rapport à la maquette, on s’adapte toujours ensuite avec le mur. Ici, par exemple, nous avons intégré la boite électrique pour la peindre en coffre. C’est un super mur, car le propriétaire nous a laissé carte blanche et là, on peut faire quelque chose qui entre dans notre univers et en plus le client est satisfait" affirme Roko.

Le propriétaire surnommé Merlot, scrute, ravi, les moindres détails de son pan de mur. "C’est un mur que j’ai refait, il allait tomber. Je connais les gars depuis longtemps, parce qu’ils sortent d’un groupe de rap des années 90 "futur crew". On a le même univers, on s’est bien entendu, on a déliré, et il en est sorti cette fresque. Il y a un petit côté marmaille pour les gens qui passent, c’est sympa", explique Merlot.

"On ne calcule pas le temps que l’on passe sur un graff " explique l’artiste. "Ici, on a mis deux semaines à cause de la route du littoral et on ne vient bosser que l’après-midi à cause du soleil. Pour une fresque comme celle là , il faut compter environ cinq jours pleins", détaille Roko.

"Je fais du graff depuis que j’ai rencontré Konix. On s’est rencontré en école d’art. Il a commencé avant moi, ça a vraiment été le précurseur du graff à La Réunion, dans les années 90. Je suis arrivé après dans cet univers dans les années 2000. J’aimais peindre et faire du dessin, pour moi, le graff a été une suite logique.

"J’ai suivi une formation à Lillois, après en métropole, en Belgique à Angoulême en dessin et peinture de décor. Avec Konix, on a commencé ensuite à voir des commandes. On a fait une coupure ou on a fait de la musique. Là, on revient à nos premières amours, il y a trois ans, on a monté le festival Réunion Graffiti avec Eko".

"Je regarde beaucoup ce que font les autres artistes surtout sur Instagram. Ce qui m’inspire, c’est surtout la progression des artistes et non pas forcément leurs œuvres. Ça me fait dire " Voilà, y a des gars qui se bougent et nous, même si on est sur un petit caillou à La Réunion, on n'est pas dernier, faut qu’on se bouge aussi ! "

"On avait eu jamais eu l’idée d’exposer. Le graff, ça ne s’expose pas. Aujourd’hui, c’est devenu le contraire. Les graffeurs entrent dans les musées et les artistes de beaux arts viennent sur les murs" indique fièrement Roko.

"Pour le moment, je n’ai pas de fantasme, j’avance, je découvre, j’explore. On est passé du papier au mur, maintenant au revient a la toile. Dernièrement, j’ai eu une commande d’Allemagne. On commence à être coté ; là, je devais partir en Corée du Sud. Je me dirige vers l’art contemporain. C’est ce qui est génial avec l’art. Maintenant, c’est sans limites. J’avance selon ce que l’on me propose et je prends ce que la vie me donne" exprime Roko.

mc/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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    1 Commentaire(s)

    Teepee, Posté
    C'est pas Lillois mais l'ILOI Institut de L'image de l'Océan Indien