Courrier des lecteurs de Georges Marie Lépinay :

À un an des municipales : véritable "danse Saint Guy" des élus autour des "emplois aidés"


Publié / Actualisé
Soyons clair : il ne s'agit pas ici d'approuver l'Etat et encore moins de le défendre : il est assez grand pour le faire lui-même, et dispose pour cela de ses services, de tous les hauts fonctionnaires et même des moins hauts, et, si besoin est, de gendarmes et gardes mobiles à la demande. De plus, c'est lui qui a institué ce système. Depuis des dizaines d'années, tous gouvernements confondus, l'Etat a admis, toléré, pour ne pas dire encouragé toutes les dérives et déviances possibles et imaginables. Tout cela, avec un seul but : fermer un peu plus la porte à toute politique de développement du pays, avec pour conséquence de maintenir les ayants droit et les élus dans un système d'assistanat, devenu depuis longtemps un mode de gouvernance.
Soyons clair : il ne s'agit pas ici d'approuver l'Etat et encore moins de le défendre : il est assez grand pour le faire lui-même, et dispose pour cela de ses services, de tous les hauts fonctionnaires et même des moins hauts, et, si besoin est, de gendarmes et gardes mobiles à la demande. De plus, c'est lui qui a institué ce système. Depuis des dizaines d'années, tous gouvernements confondus, l'Etat a admis, toléré, pour ne pas dire encouragé toutes les dérives et déviances possibles et imaginables. Tout cela, avec un seul but : fermer un peu plus la porte à toute politique de développement du pays, avec pour conséquence de maintenir les ayants droit et les élus dans un système d'assistanat, devenu depuis longtemps un mode de gouvernance.

On en arrive aujourd’hui au bout du bout ou presque, avec quelque 25.000 titulaires de contrats aidés, soit une fois et demi le nombre de salariés du bâtiment, et des secteurs entiers du service public qui se trouveraient dans l’impossibilité de fonctionner sans eux.

Avec un chômage de plus en plus massif et durable, on peut dire, au delà de toute autre considération, que la Réunion ne peut malheureusement pas se passer actuellement de ces " contrats aidés ". Cela est si vrai que, si par simple hypothèse, ces salariés s’arrêtaient de travailler, sans autre forme de manifestation, toutes les communes seraient paralysées. Idem pour les services de l’Education nationale, voire d’autres grands services publics.

Voilà où l’on est. Et il ne serait pas faux de dire que l’Etat est pris à son propre piège. Et pas que lui d’ailleurs. Cela étant, on assiste depuis quelques temps à un curieux ballet auquel se livrent les élus autour des "emplois aidés". A croire qu’ils sont tous atteints de la "danse Saint-Guy". Sur les contrats "aidés", CUI, CAE d’abord.

Ces contrats sont de six mois et tout le monde admet, depuis longtemps, qu’un tel contrat ne permet aucune formation, aucune professionnalisation, aucune insertion, concepts dont par ailleurs tout le monde se gargarise à longueur de temps.

L’Etat vient de proposer que ces contrats soient portés à huit mois, voire à douze : c’est le tollé général ! Les maires montent en guêpes. Les uns considèrent qu’ils "ne savent pas faire", d’autres crient au vol et, sans "baisser culotte", sont prêts, et en toute dignité, à s’agenouiller voire s’allonger sur le perron de la préfecture !

Certes, cet allongement de la durée du contrat n’est pas sans poser de problème. Chacun comprend bien que si le volume financier alloué pour reste le même et que dans le même temps ces contrats voient leur durée doubler, forcément il y en aura moins. Cela coule de source.

D’ailleurs, lors de la réunion de la commission dite de transparence, les services de l’Etat ont admis qu’il faudrait de la souplesse pour le passage de six à douze mois. Cela se comprend car, qu’on le veuille ou non, cela ne peut pas se faire du jour au lendemain et pour l’ensemble des salariés en contrats aidés.

Ajouté à cela le fait que, pour la réalisation, par le CESER, d’une note consacrée à cette question, et qui est en cours de finalisation, on s’est aperçu que dans de nombreuses communes plus de la moitié des contrats étaient renouvelés au moins une fois ! Nombre de salariés sont même en contrats aidés depuis plusieurs années.  Pareil pour le Conseil général.

Alors pourquoi un contrat de six mois renouvelé est-il possible et un contrat d’un an ne le serait-il pas ? Deux fois six mois, cela ne ferait-il pas un an ? A moins de considérer que si on ne peut plus promettre un "ti contrat" à la veille des élections, comme on promettait avant quelques feuilles de tôles, quelques sacs de ciment ou un camion de tout-venant, pose problème…

Et si, avec les contrats d’un an, il faut en plus faire la formation du salarié, c’est le monde à l’envers !

Cette gesticulation des élus éloigne du vrai problème qui n’est pas forcément et immédiatement le nombre de contrats, mais la masse financière allouée par l’Etat à la Réunion pour les emplois aidés.  Qui ne saurait diminuer et qui devrait au contraire et même dans cette période de restriction, être majorée, pour répondre à la fois à l’allongement de la durée des contrats et aux besoins résultant de l’augmentation du chômage.

L’Etat ne saurait sur ce plan se défausser. Sa responsabilité est engagée. Les élus non plus en refusant de formaliser la mise en place de véritables projets de développement pour leur collectivité liés à l’utilisation de ces contrats. Cela permettrait, par ailleurs de passer de tels contrats vers ceux d’avenir.

Et là, les élus pourraient trouver dans les demandeurs d’emploi un vrai soutien à leur action ; et à l’inverse, les demandeurs d’emploi et les salariés pourraient trouver là le soutien des élus. Encore faudrait-il que dans les collectivités le droit syndical soit reconnu et respecté et que ces dernières aient des relations correctes et responsables avec les organisations syndicales.

 

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !