Courrier des lecteurs de Margaret Robert-Mucy :

Un emploi pour tous, un logement pour tous et de la nourriture pour tous...


Publié / Actualisé
L'affaire Cahuzac a mis en évidence les scandales politiques liés à la gestion des "affaires publiques" et les dérives financières de certains hommes politiques. Les mensonges éhontés et la suspicion généralisée ont incité le gouvernement à instaurer rapidement une démarche de moralisation de la vie publique. Plusieurs politiciens se sont donc empressés, par anticipation, de publier leur patrimoine provoquant davantage d'interrogations sur la sincérité de leurs "confessions" en rapport avec leurs avoirs réels.
L'affaire Cahuzac a mis en évidence les scandales politiques liés à la gestion des "affaires publiques" et les dérives financières de certains hommes politiques. Les mensonges éhontés et la suspicion généralisée ont incité le gouvernement à instaurer rapidement une démarche de moralisation de la vie publique. Plusieurs politiciens se sont donc empressés, par anticipation, de publier leur patrimoine provoquant davantage d'interrogations sur la sincérité de leurs "confessions" en rapport avec leurs avoirs réels.

Par ailleurs, la rapidité avec laquelle le gouvernement s’est évertué à faire voter "le mariage pour tous" corrélée à la publication accélérée des biens immobiliers ou financiers des ministres, n’ont-t-elles pas pour vocation de faire oublier les vrais problèmes des français parmi lesquels on peut noter : le pouvoir d’achat, l’augmentation exponentielle du chômage (au 1er trimestre 2013, le chômage a encore augmenté de 0,6% atteignant 3,187 millions, il a connu un 23e mois consécutif d’augmentation en mars), la paupérisation grandissante et la crise économique.

Plus marqué que jamais, le moral des ménages français a encore plongé en mars sous l’effet du pessimisme ambiant. N’oublions pas que d’autres priorités socio-économiques étaient au programme du candidat François Hollande. L’emploi et par ricochet, la lutte contre le chômage étaient également une priorité électorale, qu’en est-il réellement ?

En effet, dans la pyramide des besoins de Maslow, les besoins primaires : manger, boire, se vêtir, se loger, avoir son salaire… constituent le substrat de toute vie humaine. A La Réunion, le nombre de personnes âgées privées de nourriture et vivant en dessous du seuil de pauvreté est alarmant. Selon les propos de la Députée de la Réunion rencontrée dans le cadre d’une réunion de réflexion sur la situation précaire des personnes âgées, nos "gramounes" sont exclus des priorités gouvernementales ("la pauvreté des personnes âgées n’est pas la priorité du gouvernement" op.cit. Monique Orphé octobre 2012). Des anciens actifs, aujourd’hui retraités, se retrouvent actuellement avec une pension tellement dérisoire qu’ils sont les nouveaux pauvres de la République.

Les exemples sont criants à la Réunion et il n’est pas rare de constater que des employés des collectivités territoriales, après 42 ans de bons et loyaux services, perçoivent une retraite de moins 800 euros par mois. Quand ce n’est pas moins ! La paupérisation flagrante et angoissante de ces  retraités mériterait une attention toute particulière. A quand une revalorisation conséquente et digne des pensions de retraite ? 

Dans cette même déchéance humaine, des tonnes de nourriture sont jetées au pâturage alors que des millions d’individus sont privés d’un "morceau de pain". Dans notre Département, le nombre des "affamés" se comptent par milliers (cf. article de Libération 8/04/2013 p. 16,17 "La Réunion : glaner sa nourriture dans le "jus de merde". A la Réunion, des chômeurs et retraités en sont réduits à récupérer des restes dans un centre de transit d’ordure") et il est grand temps de s’interroger concrètement sur la destruction inacceptable des denrées alimentaires au regard de la pauvreté grandissante à la Réunion. 

Le manque cruel de logement pose la question de l’existence, de la dignité et du respect des individus.

Vouloir instaurer définitivement la question de l’égalité des droits pose surtout la question de  l’emploi pour tous, d’un logement pour tous, de la nourriture pour tous … Ces thématiques existentielles constituent-elles une gageure, un mythe ou une réalité pour les français ? Les souffrances insoupçonnées et silencieuses des classes moyennes sont ignorées.

Une chose est sûre : les classes moyennes  s’appauvrissent de plus en plus. Qui s’en soucie ? Ne bénéficiant d’aucun programme spécifique pour les aider à surmonter leur fin de mois difficile et leurs dépenses incompressibles, elles sont les "laissés pour compte" de ce gouvernement. Force est de constater que ce dernier est atone voire aphone face à ces problématiques de souffrance sociale.

La conclusion est d’une puérile simplicité : les socialistes sont incapables de réguler l’économie et le social alors que tant de Français et de Réunionnais sont en détresse sociale aggravée. Où sont les actions concrètes promises par le nouveau Gouvernement ? Les slogans actuellement visibles sur des affiches : "Les socialistes la roul’ a nou" tendent à renforcer cette colère.

Sur le plan local, que font nos députées du Nord de l’Ile qui ont basé leur campagne législative uniquement sur le programme du candidat Hollande ? Où sont-elles en ces temps de détresse et de misère ? Discourir, c’est bien, mais agir, c’est mieux ! Il faut impérativement que les socialistes disent franchement la vérité aux Français sur l’incapacité du Président socialiste à résoudre les problématiques actuelles ! Le cas échéant, devrions-nous arriver, à la Réunion, à une révolte orchestrée sur le concept : "c’est la rue qui  gouverne" ?

Il serait plus sage à mon sens, de proposer dans les meilleurs délais, un nouveau modèle social qui place la dignité humaine au cœur de nos actions, sans langue de bois, bref, dire la vérité et en finir avec les mensonges. Serait-ce un vœu pieux ou une utopie ? Peut-être les deux pour nos socialistes français ? Jusqu’où ira alors l’acceptation de la population de se faire berner encore et encore ? La marmite–cocotte siffle fort, très fort. Attention danger.
 
Margaret Robert-Mucy

   

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