Courrier des lecteurs de Sud Réunion :

Brevet et programmes de 3ème en Histoire géographie : Peillon doit revoir sa copie !


Publié / Actualisé
Le lundi 1 juillet marque le début des corrections de l'épreuve d'histoire géographie et éducation civique du brevet des collèges. C'est la période qu'a choisi le ministère pour rendre publique une étude de la DEPP montrant que les "performances" des élèves de collège en histoire et en géographie seraient en baisse entre 2006 et 2012. Pourquoi cette annonce? Pour justifier une réforme des programmes et du DNB, imposée sans concertation avec les organisations syndicales et rejetée par la majorité des enseignants?
Le lundi 1 juillet marque le début des corrections de l'épreuve d'histoire géographie et éducation civique du brevet des collèges. C'est la période qu'a choisi le ministère pour rendre publique une étude de la DEPP montrant que les "performances" des élèves de collège en histoire et en géographie seraient en baisse entre 2006 et 2012. Pourquoi cette annonce? Pour justifier une réforme des programmes et du DNB, imposée sans concertation avec les organisations syndicales et rejetée par la majorité des enseignants?

Nous accusons, en effet, la propension à augmenter les thématiques et à multiplier les "études de cas", ce qui affaiblit la possibilité de mettre l’accent sur la méthode et de donner du sens à nos enseignements. Les programmes de 3ème sont trop dispersés et chronophages. À cela, s’ajoute l’épreuve d’Histoire des Arts imposée sans temps d’enseignement et de concertation supplémentaire.

Nous accusons les nouvelles épreuves du DNB de donner trop de place à la mémorisation de connaissances éparses et pas assez à la réflexion. Ainsi, elles multiplient les repères (54) à apprendre par coeur. Elles limitent les exercices de rédaction à une "question longue" pour 5 points sur 40 sans argumentation obligatoire. De fait, on constate le raccrochage des épreuves du DNB au socle commun de compétences. L’examen formatant les enseignements, ces derniers sont mal articulés aux exigences du lycée général vers lequel le ministère nous demande d’orienter la très grande majorité de nos élèves.

À l’issue d’une année de bricolage qui nous laisse un goût amer d’insatisfaction, le sujet du nouveau DNB souffle le chaud et le froid :
- les questions sur documents en géographie et éducation civique pouvaient être traitées sans cours pour la plupart.
- dans les trois disciplines : histoire, géographie et éducation civique, les sujets choisis correspondent plutôt à des fins de programme, surchargés.
- la question longue ne porte que sur une infime partie du programme que beaucoup d'enseignants n'ont pas pu traiter de façon satisfaisante.

Cela ne peut conduire qu'au découragement des élèves comme des professeurs qui ne peuvent manquer de s'apercevoir que les cours s’avèrent finalement peu utiles pour le candidat.

Le ministère et l’inspection régionale et générale doivent enfin entendre les demandes des collègues et de l’intersyndicale. C’est pour cela que SUD éducation est signataire de la pétition intersyndicale "programmes d’Histoire-Géographie : des mesures s’imposent", dont la signature reste d’actualité (suivre ce lien : http://histoiregeo-urgence-allegements.net). Lors de l’audience intersyndicale nationale du 3 juin, nous avons défendu des demandes d’allègement d’urgence et une refonte des épreuves.

Le ministère annonce un chantier sur les programmes et les épreuves du DNB dans le cadre de sa "refondation". Pour nous, ce travail doit être mené en écoutant enfin les enseignants sur le terrain dans la perspective d’une école émancipatrice.

Nous invitons les correcteurs à s’adresser collectivement dans ce sens à l’inspection générale et à la Dgesco (direction générale de l'enseignement scolaire) à l’occasion des réunions d’harmonisation.

   

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