Tribune libre de Paul Junot :

Pourquoi il faut maintenir le bonus Cospar


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Le bonus cospar risque d'être supprimé d'ici quelques jours si le gouvernement ne maintient pas l'exonération des contributions sociales portant sur les 50 à 60 euros. A ce jour malgré nos demandes réitérées, les services de l'état n'ont toujours pas été capables de nous remettre les chiffres concernant l'attribution de ce bonus. Difficile donc pour les syndicats de savoir à ce jour combien parmi les salariés potentiellement concernés bénéficient réellement de ce bonus.
Le bonus cospar risque d'être supprimé d'ici quelques jours si le gouvernement ne maintient pas l'exonération des contributions sociales portant sur les 50 à 60 euros. A ce jour malgré nos demandes réitérées, les services de l'état n'ont toujours pas été capables de nous remettre les chiffres concernant l'attribution de ce bonus. Difficile donc pour les syndicats de savoir à ce jour combien parmi les salariés potentiellement concernés bénéficient réellement de ce bonus.

Ces chiffres nous permettraient d'évaluer l'impact économique pour l'Etat et pour les entreprises de la pérennisation de cette mesure.

Pour le gouvernement, la situation économique de la France étant en quasi  faillite, tous les moyens sont bons pour renflouer les caisses et ramener le déficit budgétaire et combler la dette publique. La France ayant perdu son triple A pourrait voir disparaître son double A et les taux d'intérêts de ses emprunts sur les marchés financiers pourraient augmenter et dans le même temps aggraver un peu plus la situation.

Cette approche économique de la comptabilité nationale serait recevable si dans le même temps le gouvernement mettait fin  à la politique des subventions peu cohérente au niveau national ou encore aux quelques dérives financières ici ou là.

A Marseille le 8 novembre le premier ministre    annonce un plan de 3 milliards d'euros dont 37 millions débloqués en urgence. Il semblerait selon le premier ministre que la République serait menacée dans la région  et " La République, c'est d'abord l'ordre public, la sécurité des citoyens, la présence des services publics dans tous les quartiers, l'égalité entre les habitants et entre les territoires."

Si il y a bien un territoire qualifié de hors norme et qui mérite une telle considération, c'est bien La Réunion ! Chômage hors norme, pauvreté hors norme.... sans plus de considération.

Autre exemple significatif en Bretagne où les bonnets rouges jugent illégitimes l'impôt supplémentaire écotaxe qui devait rapporter environ 1,15 milliards d'euros par an.  Par  la révolte, les bretons font  reculer le gouvernement.

Au total plus de 4,15 milliards pour le gouvernement entre  les subventions à Marseille et le manque à gagner en Bretagne. A la Réunion pour maintenir l'exonération du bonus cospar quelques millions suffiraient.

Sur ce terrain l'ensemble de nos élus porte une grande responsabilité. Leur pouvoir de persuasion se limite à la période d'agitation fébrile préélectorale, avant de retomber en léthargie  pour beaucoup d'entre eux le temps de leur mandat.

Difficile d'attendre des élus ce qu'ils doivent faire pour la population. Faudrait-il alors comme à Marseille ou en Bretagne que la population passe à l'action pour enfin voir la Réunion bénéficier des mêmes considérations au sein de la République ?

Par ailleurs quelle est la part de responsabilité des entreprises pour pérenniser le bonus cospar?

Dés le départ nombre d'entreprises au motif de crise n'ont jamais accordé ce bonus à leur salariés. Même dans une grande banque de la place, ce bonus n'a jamais été mis en place, obligeant les salariés à se contenter de quelques brèdes  toute l'année.   

S’il est vrai que certaines entreprises connaissent de vraies difficultés, la crise ne peut tout expliquer pour d'autres entreprises où le patron confond aisément chiffre d'affaire et bénéfices. Ces mêmes entreprises qui ne paient pas leurs contributions sociales, parlent d'insolvabilité quand dans le même temps le patrimoine immobilier de ces patrons se chiffre en millions d'euros.

Pour les entreprises qui ont fait l'effort d'accorder ce bonus la pérennisation est possible pour différente raison: Dans la plupart des cas l'impact de ce bonus a été répercuté sur leurs produits ou services et donc au final le bonus est payé par le client.

Dans le même temps, depuis 2009 ces entreprises anticipant la date d'échéance des exonérations du bonus, ont pour beaucoup d'entre elles, bloqué toute augmentation significative  des salaires ces 4 dernières années. Si bien qu'aujourd'hui pour ces entreprises, pérenniser ce bonus ne leur coûterait pas plus cher que si pendant ces 4 ans elles avaient loyalement augmenté les salaires. 

Nous comprenons bien qu'il existe des moyens pour intégrer ce bonus dans les salaires, sans perte de pouvoir d'achat pour les salariés concernés. Les marges de manœuvre existent aussi bien du coté des entreprises socialement responsables que de l’État.

Mais comme pour toute avancée sociale, rien ne peut être obtenu sans mouvement social fort. Depuis les congés payés en passant par la sécurité sociale, toute évolution sociale significative passe par une mobilisation des forces vives de la nation. Notre époque n’y échappe pas, à Marseille comme en Bretagne chez les bonnets rouges, les faits sont là pour nous rappeler ce principe de réalité.

Alors même que ce bonus attribué aux salariés se retrouvent injectés dans l'économie et donc dans les entreprises, que les salariés des uns sont les clients des autres, et que les salaires des uns font le chiffre d'affaire des autres il reste difficile à comprendre pourquoi les entreprises préfèrent se suicider individuellement que de se sauver collectivement.... 

Paul JUNOT CFTC

   

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