Courrier des lecteurs de Damien Hoarau :

Des acteurs publics sclérosés et sans projet pour nos jeunes


Publié / Actualisé
Le Chaudron a été touché une nouvelle fois par des émeutes de jeunes en mal de reconnaissance, de travail, d'avenir... Et pourtant récemment une émission télé vantait la réussite de jeunes de ce quartier grâce à des grands frères. Oui il faut des grands frères, des médiateurs...Oui il faut des actions de valorisation de la jeunesse réunionnaise mais lorsque celles-ci se limitent à quelques individus à des fins médiatiques, je dis non.
Le Chaudron a été touché une nouvelle fois par des émeutes de jeunes en mal de reconnaissance, de travail, d'avenir... Et pourtant récemment une émission télé vantait la réussite de jeunes de ce quartier grâce à des grands frères. Oui il faut des grands frères, des médiateurs...Oui il faut des actions de valorisation de la jeunesse réunionnaise mais lorsque celles-ci se limitent à quelques individus à des fins médiatiques, je dis non.

Non à la désinformation. Non à l’indifférence des services de l’Etat face à l’errance des jeunes diplômés ou non. Contrairement aux années 90 ou 2000, il n’existe aujourd’hui plus de plans de formation pré-qualifiants ou qualifiants. A la mission locale nord, on assure que ces dernières années la baisse du nombre de formations est significative, pas seulement 10 % mais bien plus. Difficile cependant d’obtenir des informations objectives en ce sens car La Région détient ces informations comparatives peu flatteuses. A l’époque en tout cas, les politiques et l’état par le biais de la direction du travail avaient créé des actions de formation spécifiques qui ont conduit des centaines de Dionysiens vers l’emploi pérenne. Désormais, la Région a compétence en matière de Formation et doit mutualiser les actions pour proposer des parcours professionnels adéquats.

Eh bien non, aujourd’hui ce travail n’est pas fait et l’on régresse socialement. Alors cherchez l’erreur, les responsabilités des acteurs publics qui ferment les robinets de la réussite de centaines de jeunes qui au sortir d’école vaquent désespérément dans leur quartier.

La formation professionnelle leur permettait de remettre le pied à l’étrier dans un cadre formateur différent de l’environnement scolaire traditionnel. Sont nés par exemples à la cité cow boy des artistes mais aussi des techniciens son et lumière qui aujourd’hui exercent par exemple dans les télévisions locales. Des personnalités du monde des médias étaient à l’époque venues leur donner des cours pas comme les autres et réveiller leurs talents.

Non aujourd’hui ce ne serait plus possible, les acteurs politiques et sociaux sont sclérosés et sans projet. Alors j’en appelle aujourd’hui à toutes les forces vives réunionnaises pour porter une grande idée de valorisation et de formation de tous les jeunes du chef lieu, une grande idée de partage de notre savoir faire et des compétences réunionnaises. Cela passe avant tout par le financement d’actions par les collectivités territoriales et la mobilisation de tous les secteurs d’activités. Pourquoi par exemple ne pas donner une semaine par an de son temps en tant que tuteurs à des jeunes en difficulté pour pallier aux manquements de l’Etat et de la Région en termes de formation et d’insertion. Les jeunes ont besoin de tous pour avancer et être reconnus socialement.

Ah, si nos décideurs se souciaient un peu des jeunes…Nous nous porterions mieux.

Damien Hoarau

   

1 Commentaire(s)

Rouvrezotzìé, Posté
et voilà, comme d'habitude m. Hoarau demande l'aumône (pardon l'assistance de l'état ) plutôt que de se mettre au travail..
Aucun pays, aucun peuple ne s'est jamais développer sans se mettre au travail réellement. En attendant ce réveil hypothétique continuons à faire semblant grâce aux transferts parisiens et jouissons du picnic du dimanche...