Tribune libre de Nassimah Dindar :

Allocation adulte handicapé : le Département "regrette une politique à deux vitesses"


Publié / Actualisé
Le Président de la République, François Hollande, a annoncé l'extension possible de la durée d'attribution de l'Allocation Adulte Handicapé (AAH) de 2 ans actuellement à 5 ans, à l'occasion de la Conférence Nationale du Handicap ce jeudi 11 décembre 2014. La Présidente du Conseil Général Nassimah Dindar se félicite de cette annonce qui répond à sa demande de simplification administrative adressée au Président de la République par courrier le 24 novembre dernier. "Cette annonce qui reprend ma première proposition au président va simplifier les démarches pour les personnes concernées", souligne Nassimah Dindar.
Le Président de la République, François Hollande, a annoncé l'extension possible de la durée d'attribution de l'Allocation Adulte Handicapé (AAH) de 2 ans actuellement à 5 ans, à l'occasion de la Conférence Nationale du Handicap ce jeudi 11 décembre 2014. La Présidente du Conseil Général Nassimah Dindar se félicite de cette annonce qui répond à sa demande de simplification administrative adressée au Président de la République par courrier le 24 novembre dernier. "Cette annonce qui reprend ma première proposition au président va simplifier les démarches pour les personnes concernées", souligne Nassimah Dindar.

La Présidente du Conseil Général regrette cependant que les deux autres propositions soumises au Chef de l’Etat n’aient, pour l’heure, pas reçu un écho favorable. Elle demandait, pour les personnes les plus lourdement handicapées (taux d’incapacité d’au moins 80%) la possibilité de leur accorder cette allocation sur des périodes plus longues décidées par la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) et non plus par décret.

Elle sollicitait également la garantie du versement d’une pension vieillesse sans perte de ressource, c’est à dire au moins au même niveau que l’AAH perçue précédemment, quel que soit le taux d’incapacité de la personne en situation de handicap.

Par ailleurs, la Présidente du Conseil Général note la volonté de l’Etat de privilégier l’inclusion des personnes handicapées, mais regrette une politique à deux vitesses, au détriment des personnes les plus lourdement handicapées. A ce titre, elle constate le manque de volontarisme de l’Etat pour ouvrir davantage de places pour les jeunes lourdement handicapés au sein des instituts medico-éducatif. A La Réunion, ce sont ainsi près de 300 personnes qui ne peuvent pas bénéficier d’un accompagnement personnalisé faute de place. De même, la Présidente du Conseil Général constate l’absence d’annonce concernant le renforcement des places en milieu protégés (Etablissement et service d’aide par le travail) pour les travailleurs les plus lourdement handicapés. A La Réunion, on compte par exemple 1 place pour 2 personnes, laissant ainsi plus de 1000 personnes sans perspective d’insertion professionnelle.

Concernant la question de l’emploi, la Présidente du Conseil Général plaide pour une modernisation de la politique de l’emploi en faveur des personnes en situation de handicap. Elle rappelle que c’est un des axes forts de la Collectivité qui compte actuellement 200 agents en situation de handicap, soit 4,76% de son effectif, et qui s’est engagé à atteindre le cap des 6% d’ici la fin de l’année 2015  "Il faut arrêter de distinguer emploi public et emploi privé. La priorité, c’est la politique de l’emploi pour les personnes handicapées. Je suis favorable à un pilotage unique de cette politique, afin de rationnaliser les dispositifs pour ainsi gagner en visibilité et en efficacité. C’est à cette seule condition que nous gagnerons la bataille des 6%", explique Nassimah Dindar.

Enfin, le Président de la République a évoqué la question du crédit d’impôt pour les aménagements du domicile. "Je suis bien évidemment favorable à une telle démarche mais elle ne correspond pas au contexte économique de La Réunion, où 71% des foyers ne sont pas imposables, ce qui la rend en réalité inefficiente sur notre territoire puisque les bénéficiaires ne peuvent, de fait, pas avancer les dépenses afférentes à de tels aménagements", indique la Présidente du Conseil Général. Elle plaide pour un accompagnement sous forme de crédits européens consacrés à "l’adaptabilité de l’habitat". "Compte tenu de l’expérience dans ce domaine et du public concerné, le Conseil Général serait susceptible d’assumer la gestion de ces crédits", propose la Présidente du Conseil Général.

   

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