Tribune libre du Conseil représentatif des associations noires (Cran) :

À propos de l'ancienne prison Juliette Dodu


Publié / Actualisé
Le CRAN Réunion regrette que la Mairie de Saint Denis et la SHLMR, n'ont aucunement été sensible à la démarche de l'association " Kartyé Lib " qui, depuis 2014 a fait connaitre son intention de maintenir la prison Juliette Dodu en tant qu'élément patrimonial de La Réunion, son souhait de protéger un lieu qui a écrit autant de phrases de notre histoire.
Le CRAN Réunion regrette que la Mairie de Saint Denis et la SHLMR, n'ont aucunement été sensible à la démarche de l'association " Kartyé Lib " qui, depuis 2014 a fait connaitre son intention de maintenir la prison Juliette Dodu en tant qu'élément patrimonial de La Réunion, son souhait de protéger un lieu qui a écrit autant de phrases de notre histoire.

 

La geôle de Juliette Dodu est une traçabilité historique inséparable de la fondation sociétale de l’ile de La Réunion. En quoi ce patrimoine matériel du peuple réunionnais de par son architecture datant de trois siècles devient une urgente pour construire des logements sociaux ? C’est construire des logements sur l’histoire et la souffrance de nos ancêtres marrons, poser des égouts qui souilleraient, qui emprisonneraient un peu plus les cris de ces Kafs, ces nègres, ces engagés.

Aucune collectivité et bailleurs sociaux en France n’oseraient construire des logements sur un lieu qui abrite l’histoire mémorielle de toute une région, mais à La Réunion l’inacceptable est possible. Ce genre d’effacement de la mémoire est une faute politique qui éloigne encore plus le réunionnais de sa réalité, faire de lui un homme sans mémoire, dépourvu d’histoire, cacher ses blessures sociétales. L’esclavage depuis la loi Taubira de 2001 est reconnu en tant que crime contre l’humanité.

Effacer l’histoire de cette prison est tout simplement un second crime perpétué par le conseil municipal de Saint Denis et la SHLMR. Que fait la DAC OI ? Le conservateur des monuments historiques ? L’Architecte des bâtiments de France ?

La prison de Juliette Dodu est un espace qui doit abriter un musée d’histoire, de l’esclavage et du marronnage à La Réunion, une richesse inestimable qui protègera notre identité réunionnaise des vautours de l’inutile.

Erick Murin
Responsable du CRAN Réunion
                                                                                  

   

4 Commentaire(s)

Erick Murin, Posté
En quoi il y a pleure dans la défense et la protection d'un patrimoine matériel et immatériel de La Réunion, l'ensemble des pays confronté à la sauvagerie de la mondialisation est gardien de leur patrimoine. Tu proposes quoi Bernard , c'est l'Unesco qui protège pour le réunionnais, et nous devenons des paresseux de la mémoire .Trop de gens arrive à La Réunion ,consigne le réunionnais et les fondations de son histoire en tant que sujet négligeable dans son propre pays. Le moyen idéal de faire remplacer une population par un autre, c'est de lui renvoyer au dessert de la mémoire et qu'elle se dise mon ile ne possède rien d'attrayante, donc il faut accepter d'être exilé en France ou ailleurs. Alors nous cautionnons un génocide par substitution. La mémoire est un témoignage et la société est un rendez vous..
Érick Murin, Posté
La France neocolonialisme souille notre île avec le drapeau du déni,cette prison était inhumaine ,mais la mémoire et l histoire ne sont coupables de rien,c est aussi la loi à la Réunion qui est à l origine de nos 130000 chômeurs,150000 illettrés,40% de la population en dessous du seuil de pauvreté 35 000 dossiers de demandent de logements sociaux en souffrances,c est l état qui exil nos jeunes diplômés etc... La culture et la connaissance sont des armes.d'emancipation.
Bernard, Posté
Ne pourrait pas ton essayer d'avancer plutôt que de pleurer en permanence
Josumé, Posté
La ville de Saint-Denis respecte la loi en délivrant un permis de construire. C'était un terrain de l'État vendu à un bailleur social. Comme expliqué dans la presse, une partie sera préservée. Et cette prison était plus connue comme la honte de la France que comme un lieu de mémoire.