Tribune libre de Jean Hugues Ratenon :

Organiser une réunion d'urgence sur la leucose bovine


Publié / Actualisé
Monsieur le Préfet, l a filière bovine subit depuis plus de 15 ans des pertes considérables, ruinant les éleveurs: de 2000 à 2012, sur 151 élevages: 81 ont cessé leur activité; il y avait 49 000 bovins en 1943, il ne reste plus que 6500 vaches allaitantes et 2900 vaches laitières en 2016!! Une hécatombe due à la leucose bovine, l'équivalent du cancer chez l'Homme, introduite dans l'île en 2003 par un bateau transportant 400 bêtes contaminées depuis la Métropole.
Monsieur le Préfet, l a filière bovine subit depuis plus de 15 ans des pertes considérables, ruinant les éleveurs: de 2000 à 2012, sur 151 élevages: 81 ont cessé leur activité; il y avait 49 000 bovins en 1943, il ne reste plus que 6500 vaches allaitantes et 2900 vaches laitières en 2016!! Une hécatombe due à la leucose bovine, l'équivalent du cancer chez l'Homme, introduite dans l'île en 2003 par un bateau transportant 400 bêtes contaminées depuis la Métropole.

Ces animaux ont été conduit directement à la Sicalait et à la Sicarévia ou dans les exploitations sans aucune quarantaine. Alors qu'en Métropole ou en Europe les bovins atteint de cette maladie sont immédiatement abattus, à la Réunion une dérogation a été accordée et les animaux malades infectent les autres.

Tout le monde est au courant: l'État, la Chambre d'Agriculture, le Conseil Départemental, la Sicalait, la Sicarévia, le GDS, les vétérinaires, les banques, etc...

Pourquoi ce silence sur ce qui s'apparente à un scandale sanitaire? Des dizaines d'éleveurs ont eu leur cheptel décimé provoquant de très grosses difficultés financières, voire la ruine pour beaucoup d'entre eux; certains sont encore aujourd'hui endettés jusqu'au cou et vivent dans une grande pauvreté.

Monsieur le Préfet, en 2003 : un audit sanitaire, commandé par l'assureur Groupama, a conclu que les animaux transportés en bateau étaient bien atteint de la leucose et que cela allait engendrer d'énormes problèmes sanitaires dans les élevages de l'île. En 2010 : la maladie faisant rage, le Crédit Agricole a demandé que chaque partie soulage les éleveurs de leurs dettes. L'État, entre autre, a refusé.

Le risque était connu mais tout le monde a laissé faire. Pourquoi ? Ce ne sont pas aux éleveurs de payer les négligences du système.

Aujourd'hui , il y a urgence: que toutes les parties assument leurs responsabilités ;
il y a urgence: à soulager les éleveurs de leurs dettes; il y a urgence: à relancer la filière bovine; il y a urgence: au nom du principe de précaution, de protéger les consommateurs.

C'est pourquoi, directement interpellé par les éleveurs, je vous propose de présider une réunion d'urgence que je souhaiterais organiser à la Préfecture avec tous les acteurs de ce dossier: l'Etat, la Chambre d'Agriculture, le Conseil Départemental, la DAAF, le Crédit Agricole, la Sicalait, la Sicarévia, le GDS, l'ADEFAR.

Dans cette attente, je vous prie d'agréer Monsieur le Préfet l'expression de mes salutations les plus respectueuses.

 Jean Hugues Ratenon


                                                    

 

   

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