Tribune libre d'Alain Antoine, avocat du collectif de défense du domaine maritine :

C'est au niveau d'une minorité d'élus que des gardes à vue devraient être envisagées


Publié / Actualisé
Avocat du collectif pour la défense du domaine public maritime, maître Alain Antoine, s'exprime sur le dossier des paillotes de plage et sur les débordements de ce dimanche. Nous publions son courrier ci-dessous (Photo d'illustration)
Avocat du collectif pour la défense du domaine public maritime, maître Alain Antoine, s'exprime sur le dossier des paillotes de plage et sur les débordements de ce dimanche. Nous publions son courrier ci-dessous (Photo d'illustration)

Tout d’abord, j’entends à travers votre média lancer solennellement un appel au calme. Je ne pensais pas que la décision de justice que j’ai obtenue allait provoquer une telle onde de choc.

Je suis néanmoins convaincu que cette crise ne pourra pas se régler dans la rue ou par la violence. Le repli communautaire que je constate sur les réseaux sociaux n’est pour moi qu’une forme d’expression du mécontentement ressenti. Rien de plus.

Ceci étant, certaines personnes, sur les réseaux sociaux, ne peuvent en toute impunité attiser la haine et la violence en se drapant dans l’anonymat. Je rappellerai que cet anonymat est cependant très fragile puisqu’une plainte suffit à obtenir l’adresse IP de l’auteur des commentaires malveillants et de le faire condamner.

C’est ce que j’ai décidé de faire à l’encontre de certains internautes malveillants et nocifs qui me paraissent beaucoup plus dangereux dans leur volonté de semer la haine et la violence que ces deux malheureux manifestants qui se sont simplement mis en scène avec une masse et qui me paraissent être les victimes de cette situation incontrôlée.

Je comprends néanmoins la colère d’une partie de la population qui se sent bafouée en constatant que les paillotes sont toujours en activité et ce malgré le prononcé d’une décision judiciaire.

A cette colère je leur répondrai que la justice à travers une ordonnance parfaitement motivée a entendu les arguments que nous avons avancés. Il n’y a donc pas lieu de crier à l’injustice. Il faut garder confiance ! Nous gagnerons avec des moyens légaux et façon loyale !

D’ailleurs, le tribunal administratif nous a envoyé un message clair d’apaisement en décidant de cloturer l'instance relative à nos requêtes au fond le 30 avril prochain, soit dans un délai très court.

Nous avons donc toutes les raisons de croire en la justice de notre département, en nos institutions et d’attendre sereinement les décisions que seront rendues très prochainement et qui pourront permettre ensuite à la préfecture d’agir avec un maximum d’efficacité et de sécurité juridique pour éradiquer définitivement ce mal qui ronge notre lagon.

Ma détermination dans ce dossier est totale et je ferai tout pour que dans un délai très court je serve à la préfecture les moyens juridiques suffisants pour permettre à Monsieur le Préfet de faire libérer cet espace de non droit et satisfaire ainsi la population.

Enfin, je terminerai mes propos en rappelant que la Mairie de Saint-Paul joue dans cette affaire un rôle plus qu’ambigu. Les conditions abracadabrantesques dans lesquelles ces AOT ont été accordées en catimini méritent que le Parquet de Saint-Denis examine avec une particulière attention cette singulière situation qui est une source vive de colère et d’incompréhension  de la population.

A mon sens c’est au niveau d’une minorité d’élus que des gardes à vue devraient être envisagées et non à l’encontre de malheureux lampistes à qui nous pouvons peut être tout leur reprocher, sauf leur légitime sincérité.

   

3 Commentaire(s)

CHABAN, Posté
C'est dit !
RIPOSTE974, Posté
Ce type doit se faire plaisir
Eric, Posté
"rappelant que la Mairie de Saint-Paul joue dans cette affaire un rôle plus qu’ambigu. Les conditions abracadabrantesques dans lesquelles ces AOT ont été accordées en catimini méritent que le Parquet de Saint-Denis examine... "des preuves, ou un début de preuves. I
l serait bien d'avoir un peu plus de détails.