Courrier des lecteurs d'Emmanuel H :

Chronique d'une mort annoncée


Publié / Actualisé
Comme tous mes collègues du secteur, samedi 14 Mars 2020 à minuit, j'ai dû fermer mon établissement, et je ne sais pas pour combien de temps. J'exploite un snack/restaurant, j'ai deux salariés, suis ouvert depuis 5 ans,7/7 de 10h à 23h et comme beaucoup d'entre nous je travaille en flux tendu et avec une trésorerie inexistante ou du moins investie de suite dans l'entreprise, vu que les banques ne veulent pas jouer le jeu.
Comme tous mes collègues du secteur, samedi 14 Mars 2020 à minuit, j'ai dû fermer mon établissement, et je ne sais pas pour combien de temps. J'exploite un snack/restaurant, j'ai deux salariés, suis ouvert depuis 5 ans,7/7 de 10h à 23h et comme beaucoup d'entre nous je travaille en flux tendu et avec une trésorerie inexistante ou du moins investie de suite dans l'entreprise, vu que les banques ne veulent pas jouer le jeu.

Lorsque le grain de sable du coronavirus s’est mis dans cet engrenage, la machine s’est arrêté et cela risque d’etre définitif. Cf : 40% des entreprises ne devraient pas rouvrir. Les annonces du gouvernement pour soutenir les entreprises auxquelles on a imposé la fermeture sont nombreuses, mais sur le terrain les choses sont différentes …

L’annulation des charges de mars à Juin, c’est une bonne chose mais loin d’etre suffisant, une entreprise telle que la mienne a du retard de paiement sur les charges sociales et fiscal et l’encours fournisseur qui aurait du etre payé avec les rentrées de recettes de Mars, Avril, Mai (et ses ponts) sans oublier ce fameux mois de Juin tant attendu avec la coupe d’Europe de foot.

Les aides de la région et le travail fait par Mr Robert est admirable, mais bien évidement insuffisant. Les informations et accompagnements proposés par Mr Patel à la CCI  sont d’une grande utilité, mais rapidement vaines lorsque l’on se bute aux murs des banques.

Le chômage partiel est le bienvenue, mais comment fait-on lorsque l’on ne peut pas avancer les salaires et que le partiel sera payé environ 1 mois après.
Et la cerise sur le gâteau, ou plutôt le SCNADALE, de nos amis banquiers et assureurs.

Les premiers, les banques par qui le gouvernement promet des prêts garantis. Mais plusieurs témoignages prouvent le contraire, aux plus fragiles, les banques ont refusé le prêt. Je fais malheureusement partie de ceux-là ; la Bred m’a envoyé une liste de documents digne de la pléiade en me disant de ne pas perdre du temps car ça ne serait pas accepté étant client chez eux depuis pas assez longtemps, mon autre banque,  la banque postale a délégué la prise de décision à sa délégation pays de Loire (je ne plaisante pas) et après avoir envoyé tous les documents demandés, j’ai reçu un  refus au bout de trois jours. Un scandale ! et ne me parlez pas des médiateurs IEDOM qui n’ont aucun pouvoir.

Quelle entreprise du tourisme n’est pas fragilisée à La Réunion après Les Gilets jaunes ? Les grèves ? la crise requin, la fermeture des plages, et depuis quatre semaines la fermeture administrative ?

Les banques ne suivent pas pour octroyer les prêts si la capacité de rembourser n’est pas prouvée, c’est un gag, nous sommes fermés sans aucune visibilité sur l’avenir, comment voulez-vous que je prouve ma capacité de remboursement.

Les prêts sont pour ceux qui n’en ont pas besoin, j’ai entendu ces dernières semaines, plusieurs chef d’entreprise affirmant qu’ils avaient de quoi tenir en trésorerie, mais qu’ils allaient quand même demander le max du PGE, car je les cite : " passer à côté d’un prêt à 0,25% et un report des mensualités de un à deux ans, cela serait une erreur de gestion " ECOEURANT !!!!

Les deuxièmes sont  les assureurs qui sont aux abonnés absents, alors qu’il aurait suffi qu’ils actionnent nos garanties " perte d’exploitation ", (quitte à ne payer que 50% et complément par l’état).

Ces derniers estiment les pertes des entreprises à 60 milliards€, donc je pense que 30 milliards redistribués aux assurés auraient couté moins cher que les centaines de milliards annoncés par l’état, et surtout auraient permis aux entrepreneurs de payer les salariés à date et d’etre plus serein dans cette gestion de crise sanitaire.

J’aurais tellement aimé conclure cette chronique avec une vision optimiste des prochains mois, mais même si l’on peut ouvrir au 15 juin, les règles qui seront imposées et justifiées, couteront très cher aux petites entreprises et je ne parle même pas du manque de touriste et la réduction de nos capacités d’accueil.

Emmanuel H. , le 26 Avril 2020
 

   

2 Commentaire(s)

Sapoties, Posté
Malheureusement, c'est toujours les mêmes problèmes, parce que beaucoup abusent du "système", les autres, quand ils en ont vraiment besoin, ne peuvent en bénéficier. Et ça vaut dans tous les domaines, tous les secteurs et toutes les classes sociales.
Vous avez raison, c'est une honte et un SCANDALE, mais tant que les petites TPE/PME ne comprendrons pas qu'elles sont les vaches à lait de l'Etat et qu'elles ne se révolteront pas TOUTES ENSEMBLE, ce sont les GROSSES entreprises qui bénéficieront de tous les avantages pour grossir un peu plus et écraser les autres!!
Ti Léon, Posté
Ne sont-ce pas ces mêmes banques qui ont été sauvées par l'Etat après la crise des subprimes (outils financiers qu'elles avaient elles mêmes créés )?
Le capitalisme financier est un fléau !
Les secteurs stratégiques doivent être contrÃ'lés par l'Etat, pas forcément gérés, mais avec une partcipation telle que les entreprises, ici les banques ou les assureurs, ne puissent pas être exemptées de leurs responsabilités.