Tribune libre de Nadia Ramassamy :

Clôture du Ségur de la santé en demi-teinte


Publié / Actualisé
Le Ségur de la santé prend fin ce mardi 21 juillet 2020, suite à l'accord sur un plan de relance au niveau européen que le Ministre des solidarités et de la santé a présenté 33 propositions retenues dans le cadre du Ségur. Si les annonces faites la semaine dernière en matière de revalorisation salariales sont bienvenues, force est de constater qu'elles sont loin de satisfaire aux exigences des personnels hospitaliers. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Le Ségur de la santé prend fin ce mardi 21 juillet 2020, suite à l'accord sur un plan de relance au niveau européen que le Ministre des solidarités et de la santé a présenté 33 propositions retenues dans le cadre du Ségur. Si les annonces faites la semaine dernière en matière de revalorisation salariales sont bienvenues, force est de constater qu'elles sont loin de satisfaire aux exigences des personnels hospitaliers. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Pour pallier les conditions de travail déjà difficiles, le gouvernement propose aux personnels de santé de faire des heures supplémentaires ! Épuisés par la crise sanitaire, fatigués d’essayer de faire entendre leurs voix depuis des années, ils apprennent qu’une partie de la revalorisation annoncée par le Ministre des solidarités et de la Santé prend en compte les hypothétiques heures supplémentaires qu’ils devront effectuer. Les manifestations répétées n’auront donc pas permis de faire passer le message au gouvernement, qui reste sur une revalorisation partielle.

En outre, près de 2,1 milliards d’euros ont été débloqués pour rénover sur cinq ans " au moins un quart des places " en EHPAD. Sensible aux conditions de vie dans les EHPAD, particulièrement difficiles pendant la crise sanitaire, je pense qu’il est urgent de faire bénéficier tous nos aînés de conditions de vie décentes. Il est regrettable de devoir faire un choix, alors que tous les établissements ont un besoin vital de rénovation.

Aussi, Olivier Véran a indiqué la création de près de 4.000 lits. Si ces lits sont en effet essentiels au bon fonctionnement de nos établissements de santé, c’est surtout suite à la suppression de plusieurs milliers de lits par le gouvernement ces dernières années. J’encourage donc le gouvernement à débloquer des fonds afin qu’ils soient rouverts de manière permanente, et non pas " à la demande ".

Enfin, le Ministre des solidarités et de la santé a annoncé près d’1,4 milliards d’euros destinés à combler sur trois ans le retard sur le numérique en santé. J’espère fermement que cette annonce sera aussi l’occasion pour le gouvernement de trouver une solution alternative au stockage des données médicales des Français à l’étranger. Nous ne devons pas, sous le prétexte de la facilité, laisser ces données être stockées dans des pays qui n’ont pas pas la même conception du secret médical et de la confidentialité qu’en France.

Si le Ségur de la santé est évidemment une avancée certaine pour nos établissements de santé et les personnels qui œuvrent jour après jour à la santé des Françaises et des Français, le gouvernement a manifestement préféré écarter bon nombre de problèmes systémiques.

Cet automne sera débattu le projet de loi de finances de la sécurité sociale, et je me battrai pour que soient débloqués tous les fonds nécessaires à la bonne marche de nos établissements de santé.

Nadia Ramassamy, députée de La Réunion
 

   

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