Tribune libre de Jean Claude Comorassamy :

Gayar souvnans' dan' la kour tabisman de Stella Matutina


Publié / Actualisé
Cette semaine empruntant l'ancien chemin, jadis appelé " somin Karmon", longeant l'un des plus anciens Temple Tamoul de la commune de Saint-Leu. A l'époque la piste était en " galets " et poussiéreuse, alors qu'aujourd'hui bitumée, désormais baptisée " allée des flamboyants ", qui mène tout droit à l'ancienne usine sucrière de Stella Matutina où notre père et bien d'autres ont longuement travaillé durant des années. C'est là que se dresse le lieu dit " pavillon Martin " construit de pierres et de mortier de chaux. Un lieu rempli de souvenirs et d'émotions.
Cette semaine empruntant l'ancien chemin, jadis appelé " somin Karmon", longeant l'un des plus anciens Temple Tamoul de la commune de Saint-Leu. A l'époque la piste était en " galets " et poussiéreuse, alors qu'aujourd'hui bitumée, désormais baptisée " allée des flamboyants ", qui mène tout droit à l'ancienne usine sucrière de Stella Matutina où notre père et bien d'autres ont longuement travaillé durant des années. C'est là que se dresse le lieu dit " pavillon Martin " construit de pierres et de mortier de chaux. Un lieu rempli de souvenirs et d'émotions.

Dès lors face à ce " pavillon Martin " (maison d’hôte du directeur) qui a servi au bon docteur Gabriel Martin dans les années 1950. Ce bâtiment était aussi utilisé par la suite comme une infirmerie pour les " travayers tabisman ", et sur sa grande place, c’est là que se déroulaient des projections cinématographiques, organisées toujours par la direction pour toute la population, particulièrement les ouvriers et leurs enfants. Des privilégiés disaient certains.
 
C’est avec un brin nostalgique, que je me remémore une fois de plus, d’une image à l’autre, ce " tabisman " lieu de mon enfance, qui s’était arrêté de fonctionner en 1978 et par la suite devenu  Musée en 1991. Ainsi, mes souvenirs de gamin des années 1960, m’envahissent encore aujourd’hui, alors qu’à cette période j’étais à peine âgé de huit ans.
 
Ces moments magiques qui ont remplis nos vies de petits plaisirs
 
Dès cet instant me voilà replonger dans  mes " souvnans’ de marmay lontan", moment où se manifestent actuellement les fêtes du 20 décembre et de Noël.
 
Sur cette grande place au devant du  " pavillon Martin ", chaque année au moment de célébrer Noël, des jeux étaient organisés pour les petits et grands, des jouets (ballon plastique, poupée, animaux en peluche, toupie, petite voiture, soldat en plomb, la grande toupie carrousel…..), ballon, friandises sont offerts gratuitement à tous les " mamay tabisman " dont les parents travaillaient à l’usine.
 
A ce même endroit, une fois par mois un film était projeté sur grand écran. Du même coup on se sentait fiers et vraiment privilégiés de vivre ces moments magiques, à comparer à d’autres gamins. Un bus scolaire appelé " car tabisman " transportaient tous les enfants scolarisés aux écoles du Piton, le matin, midi et soir (l’usine a été le précurseur dans ce domaine). Ce même bus, était affecté tous les dimanches aux familles pour se rendre à la première messe à l’église de St-Leu à 4 h du matin. Le temple Tamoul qui se trouvait à quelques encablures de l’usine, avait aussi droit pour sa marche sur le feu du 2 janvier, des tonnes de filaos et du charbon. En contrepartie une estrade était fabriquée et réservée au personnel de direction et de leurs familles pour une meilleure visibilité sur cette marche sur le feu.
 
Du coup, toujours immergé de mes souvenirs d’enfance, je revois encore les quelques empreintes de l’emplacement de notre calbanon, où mes sœurs, frères, les " marmay la kour ", des voisins proches, l’endroit même où nous avons grandi ensemble dans la " kour batisman ". En tout cas, ce sont de très bons souvenirs qui me soient restés impérissables à jamais, et les décennies passées n’ont rien effacé les valeurs de cette tradition, solidarité et partage. C’était le bon vieux temps.
 
Finalement, si le travail à usine de Stella nous a toujours renvoyés aujourd’hui encore, une image d’activité aux conditions pénibles. C’était bien une réalité de l’époque. Malgré tout, nous garderons en mémoire, toute la fierté et le privilège affiché de nos anciens d’avoir fait partie de cette grande aventure. Par contre, des petits avantages aux enfants, eux ont pu bénéficier les quelques plaisirs délicieux. C’est bien le côté merveilleux de cette belle histoire de l’ancienne usine sucrière de Stella Matutina.
 
Jean Claude Comorassamy

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !