Tribune libre du député Philippe Naillet :

Lettre ouverte au ministre de l'Agriculture


Publié / Actualisé
Monsieur le Ministre, La Réunion est frappée depuis plusieurs mois par une sécheresse que l'on peut qualifier d'historique. Les autres territoires de l'océan Indien sont aussi concernés, à l'image du sud de Madagascar qui subit une famine terrible ou encore de l'ile Maurice.
Monsieur le Ministre, La Réunion est frappée depuis plusieurs mois par une sécheresse que l'on peut qualifier d'historique. Les autres territoires de l'océan Indien sont aussi concernés, à l'image du sud de Madagascar qui subit une famine terrible ou encore de l'ile Maurice.

Les professionnels agricoles auraient souhaité vous sensibiliser directement, mais la diffusion du variant sud-africain de la Covid-19 dans notre zone a malheureusement reporté votre visite dans notre département.

Ce déficit hydrique inquiète les autorités locales, le mois de juillet 2020 ayant été le 5e mois le plus sec en 49 ans. Ainsi, la préfecture de La Réunion a dû prendre, dans le cadre du comité sécheresse, des mesures de restriction d'usage de l'eau. Dès le 24 novembre 2020, il était interdit aux particuliers de laver leurs véhicules, d’arroser leurs jardins et de remplir ou maintenir le niveau des plans d’eau et piscines. Depuis, l’absence de pluies durables n’a malheureusement pas permis d’alimenter nos ressources en eau.

Au-delà de ces désagréments domestiques, les syndicats agricoles s’inquiètent également, alors que l’actuelle saison des pluies n’apporte pas les ressources nécessaires. Nous ne comptons plus les appels à l’aide, les récoltes perdues.

Déjà en octobre 2020, le président du Département avait demandé que La Réunion soit reconnue en situation de calamité agricole suite à la sécheresse. Alors que le mois de janvier s’achève, avec un nouveau déficit hydrique en pleine saison des pluies, nous ne pouvons plus attendre. Un arrêté de catastrophe naturelle doit être pris pour soutenir les agriculteurs qui souffrent et doivent préparer d’une part les récoltes de l’hiver austral et d’autre part la prochaine campagne sucrière.

Nous appelons comme vous à une nécessaire sécurité alimentaire sur notre île. La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, indiscutablement, y contribuera.

Je vous prie d’agréer, monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Philippe Naillet

   

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