Tribune libre de Georges Donald Potola :

Le chien ou l'humain ?


Publié / Actualisé
C'était l'hiver dans l'hexagone, loin des tumultes touristiques de l'été, je flânais un après-midi sur le vieux port de Marseille. Profitant du calme que le mistral imposait aux rares passants, j'admirais mélancoliquement ces grands voiliers attachés aux débarcadères, quand tout à coup dans la brume hivernale, je vis apparaître une Dame et un petit chien habillé tous les deux de façon bourgeoise. Elle et son clébard se dirigeaient vers la cathédrale de la Major. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
C'était l'hiver dans l'hexagone, loin des tumultes touristiques de l'été, je flânais un après-midi sur le vieux port de Marseille. Profitant du calme que le mistral imposait aux rares passants, j'admirais mélancoliquement ces grands voiliers attachés aux débarcadères, quand tout à coup dans la brume hivernale, je vis apparaître une Dame et un petit chien habillé tous les deux de façon bourgeoise. Elle et son clébard se dirigeaient vers la cathédrale de la Major. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Je trouvais plutôt rigolo ce petit chien ainsi vêtu, je ne les quittais plus des yeux, quand mon regard fut attiré par un amas de carton sur lequel dormait un vieil homme. Ce dernier, essayait tant bien que mal de se réchauffer et le petit chien voulu le renifler, la dame tira alors brusquement sur la laisse pour faire comprendre à son chien de ne pas le toucher, elle passa devant le sans-abri sans un regard, ni la moindre compassion, comme s’il n’existait pas.

Cette scène m’a choqué, l’image contrastée de ce chien chaudement habillé par des grandes marques et de cet humain agonisant dans le froid sur le trottoir, et ses passants qui détournent leurs regards, est longtemps restée dans ma mémoire.

Malheureusement, mes 12 années dans ce pays m’ont confirmé que Marseille ne détenait pas le monopole de la pauvreté. J’ai pu voir une réalité que peu de monde souhaite médiatiser, le nombre considérable de SDF qui jonchent les trottoirs des grandes villes françaises. Femmes, enfants, hommes, jeunes et moins jeunes, des gens qui ont été sans ménagement expulsés de leurs logements et jetés à la rue.

La France, fille aînée de l'Église, a bien détourné réellement son regard de la pauvreté. Ma tristesse c’est de voir que les Réunionnais adoptent aujourd’hui la même attitude " le chien avant l’Homme ".

Nos frères comoriens meurent du COVID, les Mahorais sont débordés par l’épidémie, Madagascar agonise, des sans-abris réunionnais décèdent sous les ponts, sur nos belles plages, dans l’indifférence totale.

Que faisons-nous ?

On se mobilise pour des animaux maltraités, abandonnés, pour les bêtes malades. Il y a même une solidarité des vétérinaires et un soutien financier des collectivités pour des associations qui recueillent les chiens. Et de l’autre côté, on polémique contre nos sœurs et frères pauvres de l’Océan Indien qui viennent se faire soigner dans notre île.

Au lieu de les aider, leur fournir de quoi les soigner ou de les évacuer dans nos hôpitaux, on les rabaisse comme des moins-que-rien. On traite d’assistés les Réunionnais bénéficiaires du RSA, on étiquette les chômeurs de paresseux, on exploite les bas salaires, on critique les contrats précaires, on dénonce les pauvres.

D’autres, sans vergogne n’ont pas trouvé mieux que d’utiliser nos sans-abris à des fins électoralistes et veulent ensuite supprimer certaines aides… NOTRE SOCIÉTÉ SE DÉSHUMANISE.

Certes, c’est une bonne action de sauver nos amis les bêtes, mais la priorité doit-être donnée avant tout aux humains malades, maltraités, abandonnés, une vie n’a pas de prix.

Georges Donald POTOLA

   

2 Commentaire(s)

Mangceriz, Posté
Pourquoi choisir ? les 2 espèces sont des êtres vivants... et concernant les problèmes soulevés ... la solidarité est bien présente malgé tout il faudrait que chaque gouvernement prenne ses responsabilités Et si!! une vie humaine a un prix ... d'après Patrick Artus l'économiste français on vaudrait 6 millions..
Colargol, Posté
Non monsieur,j'ai moi même essayé de discuter avec des sdf,beaucoup accepte leur situation ,ne veut pas d'aides,je ne dit pas tous.Vous stigmatisez les réunionnais,en général les réunionnais sont très solidaires et ont bon cÅ"ur,je vois souvent des personnes,des commerçants donner des barquettes de repas aux sdf,des initiatives généreuses comme discutions de nourriture à St Denis,coiffeurs bénévoles,voir même l'opération kere pour le sud de Madagascar.Je comprends et adhère à votre humanité,mais vous annoncez de fausses déclarations.Voyez aussi la solidarité unique,un problème survient sur une radio très écoutée ici,dans la minute suivante un élan de solidarité s'enclenche.vos propos sont erronées.