Tribune libre du député Philippe Naillet :

Monsieur le ministre de la santé, l'ouverture des lits et de postes au CHU est urgente


Publié / Actualisé
Monsieur le Ministre,
La maire de Saint-Denis de La Réunion et ancienne députée Éricka Bareigts a adressé ce 7 février 2021 un courrier au Premier ministre pour lui rappeler la gravité de la situation sanitaire à Mayotte due à l'épidémie de Covid-19. Cette crise a saturé le centre hospitalier de Mayotte. Depuis, les évacuations sanitaires sont quotidiennes vers La Réunion. Le risque d'intensification de la crise Covid-19 par la diffusion du variant sud-africain pèse sur le CHU de La Réunion. La solidarité sanitaire avec Mayotte et les autres territoires de l'océan Indien nous rappelle l'importance et le rôle du CHU réunionnais dans notre environnement géographique (Photo rb/www.ipreunion.com)
Monsieur le Ministre,
La maire de Saint-Denis de La Réunion et ancienne députée Éricka Bareigts a adressé ce 7 février 2021 un courrier au Premier ministre pour lui rappeler la gravité de la situation sanitaire à Mayotte due à l'épidémie de Covid-19. Cette crise a saturé le centre hospitalier de Mayotte. Depuis, les évacuations sanitaires sont quotidiennes vers La Réunion. Le risque d'intensification de la crise Covid-19 par la diffusion du variant sud-africain pèse sur le CHU de La Réunion. La solidarité sanitaire avec Mayotte et les autres territoires de l'océan Indien nous rappelle l'importance et le rôle du CHU réunionnais dans notre environnement géographique (Photo rb/www.ipreunion.com)

Aussi, je me permets de vous relancer concernant la demande des professionnels de santé de La Réunion, depuis plusieurs années, relayée par l’ensemble des élus, concernant un ajustement du coefficient géographique appliqué à notre CHU. Alors que la population réunionnaise en 2006 (date de la dernière augmentation d’un point de ce coefficient) était de 780 000 habitants, elle est aujourd’hui de 858.000. Au vu de la hausse de population prise en charge en temps de crise, comme en temps normal, les critères d'évaluation de notre coefficient doivent être révisés.

La crise Covid-19 que nous connaissons permet de mettre en avant l’engagement de nos personnels hospitaliers. Sollicités au quotidien, ils répondent présents pour nous soigner et sauver des vies et ce, malgré les conditions difficiles dans lesquelles ils évoluent. En effet et depuis plusieurs mois, les hospitaliers tirent la sonnette d’alarme concernant la fermeture de lits, l’accumulation des heures supplémentaires non rémunérées et des rémunérations en dessous de celles pratiquées dans de nombreux pays de l’OCDE.

Dans notre département, les professionnels se sont mobilisés pour davantage de moyens, de lits et de personnels, pour un service public de santé de qualité, des rémunérations à la hauteur de leur utilité sociale. Suite à l’engagement présidentiel, la promesse d’une amélioration de leurs conditions de travail doit être tenue. À La Réunion, cela passe par la réévaluation du coefficient géographique de notre CHU. La Délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale avait rendu le 18 septembre 2019, un rapport sur la situation des CHU de la Guadeloupe et de La Réunion.

Comme vous le savez, la situation de ces établissements publics de soin est particulièrement difficile alors que de nombreux efforts ont été consentis ces dernières années pour réduire de manière structurelle les déficits budgétaires. Une des pistes de réflexion avancées par les rapporteurs concernait la revalorisation des coefficients géographiques qui sont restés inchangés depuis de trop nombreuses années et qui ne tenaient plus suffisamment compte des surcoûts liés à l’insularité de nos territoires ultra-marins et à leur éloignement de l’Hexagone. Ce rapport venait alors confirmer celui déjà réalisé de manière indépendante par le Cabinet Ernst & Young. Malheureusement, les nombreuses demandes formulées collectivement et individuellement
au Gouvernement depuis maintenant près de deux ans sont pour l’instant restées vaines.

Par ailleurs, notre île traverse depuis plusieurs mois une grave crise sanitaire avec la prolifération de la dengue. Les moyens de notre CHU sont pleinement engagés. Cependant, la forte mobilisation de nos personnels lors de cette crise de la Covid-19, ont souligné le fragile équilibre de nos ressources humaines face à la gestion simultanée de deux pandémies. Il apparaît donc nécessaire de surseoir à tout plan de restructuration jusqu'à la fin des concertations sur la réorganisation du système de santé.

Enfin, il apparaît urgent de soutenir l'ouverture des lits et de postes dans les services déjà identifiés. Notre CHU, de par sa construction, doit devenir pleinement l’hôpital français de l’océan Indien. Les évacuations sanitaires de patients mahorais atteints de la Covid-19 sont l’illustration de notre rôle stratégique auprès des autres Français de l’océan Indien. Monsieur le Ministre, la situation est précaire dans nos services de soins depuis plusieurs années. Nous les avons applaudis : maintenant nous devons améliorer leurs conditions de travail.

Je vous prie d’agréer, monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Philippe Naillet

   

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