Tribune libre de l'Union des Femmes Réunionnaises :

La société réunionnaise a besoin de justice sociale


Publié / Actualisé
Chaque année depuis 2009, le 20 février, a lieu la journée mondiale de la justice sociale, dont l'objectif est de prôner l'égalité des droits pour tous les peuples et la possibilité pour tous les êtres humains de bénéficier du progrès économique et social, et ce sans discrimination. A la Réunion, nous sommes particulièrement concernés par ces problématiques que sont la pauvreté, l'exclusion et le chômage, et il est primordial que les politiques publiques prennent la mesure de l'ampleur de ces maux et qu'ils s'y attaquent sérieusement. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Chaque année depuis 2009, le 20 février, a lieu la journée mondiale de la justice sociale, dont l'objectif est de prôner l'égalité des droits pour tous les peuples et la possibilité pour tous les êtres humains de bénéficier du progrès économique et social, et ce sans discrimination. A la Réunion, nous sommes particulièrement concernés par ces problématiques que sont la pauvreté, l'exclusion et le chômage, et il est primordial que les politiques publiques prennent la mesure de l'ampleur de ces maux et qu'ils s'y attaquent sérieusement. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Une injustice sociale très visible selon les indicateurs

De nombreux indicateurs permettent de se rendre compte de cette injustice sociale qui gangrène la Réunion, qui cumule les taux records de chômage et de recours aux minima sociaux.

52% des réunionnais vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Un tiers de la population relève des minima sociaux.132 350 réunionnais sont demandeurs d’emplois. Le chômage des jeunes est deux fois plus élevé qu’en métropole, alors que nous sommes la 3ème région la plus jeune de France. Les jeunes, les populations des quartiers défavorisés, mais aussi les femmes sont les plus touchés par ces problématiques. 61% des femmes réunionnaises vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Leur salaire est de 14% inférieur à celui des hommes. Ce sont elles qui ont aussi le plus de difficulté à accéder à l’emploi, et il s’agit très souvent d’emplois précaires, de temps partiels, de contrats à durée déterminée ou de contrats aidés. Les mères isolées cumulent les facteurs de risque de pauvreté : leur faible niveau d’études et les problèmes de garde d’enfants sont des freins à leur insertion professionnelle, et un tiers seulement d’entre elles ont un emploi.

Tous ces chiffres démontrent à quel point le fléau de l’injustice sociale nous concerne tout particulièrement et qu’il n’est pas envisageable de poursuivre sur cette voie.

Une contextualisation nécessaire pour comprendre d’où viennent ces maux

Pour comprendre d’où viennent ces chiffres records, il faut comprendre comment la pauvreté de cette société créole et postcoloniale s’est créée.

Le temps de la colonisation et la société de plantation divisée entre dominants et dominés est un héritage qui a un poids considérable dans l’instauration de cette pauvreté, dûe à ses principes rigides de division sociale et ses conséquences durables.

Avec la départementalisation en 1946, se met en place une nouvelle structuration des rapports sociaux. Cette départementalisation venait avec de belles promesses d’égalitarisme, par rapport à la France hexagonale, mais aussi au sein même de la société réunionnaise.

Dans les années 1960-1970, nous sommes passés d’une économie rurale à une économie tertiaire. Mais malheureusement, les offres de formation n’ont pas suivi ces bouleversements sociétaux. La majorité de la population est alors illettrée et le développement du système scolaire se cantonne au primaire.

Dans les années 1970-1980, des progrès ont été faits mais cela est encore insuffisant. En 1990, on constate une sous-qualification dans la population des plus de 15 ans : 70% n’ont aucun diplôme et 20% ont un niveau CEP/BEPC/CAP ou BEP.  74 ans après la départementalisation, les injustices et les inégalités sociales sont frappantes. La société réunionnaise est divisée en deux : une frange de la population est formée, instruite, stable et l’autre est sous-qualifiée, précaire et exclue.

Ce problème sociétal de l’injustice sociale doit être pris à bras le corps.

L'Union des Femmes Réunionnaises

   

1 Commentaire(s)

Poupette, Posté
cela n'existe pas la justice sociale ! Aujourd"hui on a les réseaux sociaux pour le dire mais rien ne bouge on est toujours sous dictature de mafia politique; hier soir on entendait le maire de st pierre dire qu'il allait tout faire pour éviter le couvre feu dans sa commune mais il a oublié son mariage fastueux organisé il y a 1 mois...