Tribune libre de Jean Hoarau :

Des lettres, mais pas de chiffres


Publié / Actualisé
"Une situation dégradée mais stable ", " le nombre de patients Covid en réanimation est stable ". Mais encore ? Le communiqué diffusé vendredi soir par la préfecture laisse transparaître une volonté de ne pas trop en dire. Peu de chiffres - en tout cas pas les chiffres effentiels -dans cette longue lettre à la presse. On n'en saura pas plus avant mardi, nous dit-on.
"Une situation dégradée mais stable ", " le nombre de patients Covid en réanimation est stable ". Mais encore ? Le communiqué diffusé vendredi soir par la préfecture laisse transparaître une volonté de ne pas trop en dire. Peu de chiffres - en tout cas pas les chiffres effentiels -dans cette longue lettre à la presse. On n'en saura pas plus avant mardi, nous dit-on.

Pourquoi devons-nous, à La Réunion, nous contenter de données sur le nombre de cas et de malades hospitalisés distillées au compte-gouttes ? " Désormais une fois par semaine ", avait annoncé fin janvier la préfecture. Elles sont finalement égrenées au fil des prises de parole du préfet Jacques Billant et de la directrice de l’ARS, Martine Ladoucette. Ce faisant, les autorités donnent la désagréable impression d’utiliser les statistiques de la situation épidémique et hospitalière en fonction des circonstances, pour justifier leurs décisions, ou absences de décision.

A Mayotte, la directrice de l’ARS est critiquable pour sa conduite automobile nocturne, ou sa méconnaissance des réalités du trafic aérien maispas pour sa communication sur les chiffres de l’épidémie, transmis chaque jour à la presse. De même, au niveau national, les statistiques de Santé Publique France tombent chaque jour avec une régularité de métronome.

Les chiffres, pour peu qu’ils soient sincères, sont la réalité. Ils sont produits quotidiennement par l’administration de la santé publique, qui n’est pas aussi démunie que certains services hospitaliers. Pourquoi nous les montrer un jour, nous les cacher le lendemain ?

Depuis le début de la crise sanitaire à La Réunion, la communication préfectorale, malgré quelques pas de côté qui reflétaient surtout l’absence de maîtrise de la situation ultramarine par Paris, méritait peu de critiques. Depuis l’arrivée du variant sud-africain et le pont aérien d’évacuations sanitaires en provenance de Mayotte, la transparence n’est plus de mise et le Barachois semble de plus en plus gêné aux entournures.

Espérons que les semaines de mars se suivent sans ressembler à celles de février, que les chiffres de l’épidémie évoluent dans le bon sens et que la préfecture veuille bien nous les communiquer.

   

2 Commentaire(s)

La tête et les jambes, Posté
Tout n'est pas.dit ? A croire que les autorités ont plus peur des Reunionnais que du Covid.
NoÃ"l, Posté
Le site covidtracker.fr compile les données officielles et établi des graphiques et tableaux de taux d'incidence par tranche d'âge très détaillés.