Tribune libre de Jean-Hugues Ratenon :

Contre la fermeture partielle de l'épicerie solidaire de l'Université de La Réunion


Publié / Actualisé
J'apprends avec stupéfaction que l'Etat compte retirer l'agrément d'une dizaine de services civiques à l'Association Solidarité Etudiante Réunion. Je ne comprends pas cette décision et je regrette qu'il n'y ait pas eu de dialogue avec les étudiants pour aborder cette question et trouver une solution
J'apprends avec stupéfaction que l'Etat compte retirer l'agrément d'une dizaine de services civiques à l'Association Solidarité Etudiante Réunion. Je ne comprends pas cette décision et je regrette qu'il n'y ait pas eu de dialogue avec les étudiants pour aborder cette question et trouver une solution

Quel que soit le motif de cette annonce, peut-on comme cela pénaliser 4000 étudiants ? Je rappelle qu’être étudiant aujourd’hui est extrêmement difficile dans l’hexagone et encore plus à la Réunion. N’oublions pas que la crise covid19 est un facteur aggravant de cette situation.

Nous constatons en effet que beaucoup abandonnent par manque de moyens ; ne voit-on pas que les tentatives de suicides et les suicides sont en augmentation ces derniers mois ; des chiffres alarmants que doivent prendre en compte les gouvernants du pays.

Conscients des difficultés des étudiants, avant même la crise covid, j’ai fait la proposition d’un revenu minimum étudiant que j’ai eu l’occasion d’aborder récemment encore à l’Assemblée Nationale, malheureusement le gouvernement n’a pas trouvé bon de l’étudier. Je rappelle que ce RME existe dans certaines villes de l’hexagone pour aider les parents et les étudiants à faire face à leurs difficultés. 

Je regrette l’attitude du gouvernement et j’espère qu’à un moment il prenne véritablement en considération cette nécessité et mette enfin des moyens pour étudier cette mesure.

Concernant l’épicerie solidaire et le snack, les chiffres sont là : 4000 étudiants les fréquentent. Des chiffres qui font la démonstration des grandes difficultés que rencontrent ces jeunes. Si l’épicerie et le snack pallient autant à leurs difficultés, il est par conséquent urgent de trouver des solutions pérennes pour permettre à la jeunesse réunionnaise d’étudier dans de bonnes conditions.

Faire l’économie de cette réflexion c’est toujours vouloir que la Réunion n’avance pas et surtout que les Réunionnais restent toujours à terre. Je demande au Préfet, qui la main sur l’agrément, d’apporter la solution aux étudiants pour éviter toutes ruptures d’aides aux jeunes en difficulté.

Des solutions existent : agréments pour les contrats civiques ; les PEC d’utilité sociale pouvant être financés par l’Etat et cofinancés par les collectivités locales : Région et Département.

Un budget tellement minime pour une grande solidarité en direction de 4000 étudiants. C’est quoi quelques milliers d’euros pour nos étudiants face à des millions d’euros gaspillés par nos gouvernants sur un territoire marqué par la pauvreté ?

Jean Hugues Ratenon,  député de la Réunion
   


 

   

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