Tribune libre de Georges Donald Potola :

Rényoné arèt pléré, alé voté


Publié / Actualisé
Les élus sont des voleurs, des corrompus, des escrocs, des menteurs, toujours relaxés. Il y a trop d'injustices à la Réunion, les commerçants sont des profiteurs, les prix sont trop chers. Les Réunionnais sont discriminés sur le marché de l'emploi... Que n'ai-je pas entendu seigneur dans ma petite vie de militant ? (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Les élus sont des voleurs, des corrompus, des escrocs, des menteurs, toujours relaxés. Il y a trop d'injustices à la Réunion, les commerçants sont des profiteurs, les prix sont trop chers. Les Réunionnais sont discriminés sur le marché de l'emploi... Que n'ai-je pas entendu seigneur dans ma petite vie de militant ? (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

À chaque fois, on répondait, le bulletin de vote est un moyen efficace pour sanctionner, pour changer la situation. Engagez-vous, devenez des acteurs, ne soyez plus spectateurs, manifestez avec nous, allons bloquer pôle emploi et les entreprises qui discriminent les Réunionnais. Allons manifester devant les tribunaux contre les injustices.

Mais les saules pleureurs préfèrent se plaindre à la radio ladi lafé, qui enrichit un ancien politicard, et ils croient que l’animateur va faire les choses à leurs places. De plus ils veulent parler à Mme lettre recommandée avec accusé réception, fan des Garden-partys, et qui depuis des années, est une complice des commerçants, des profiteurs, des fabricants de la misère et de l’injustice à la Réunion.

Un jour, on avait reçu un appel  des profs qui juste après le concours ne voulaient pas partir enseigner dans l’Hexagone. Ils nous ont demandé de les soutenir dans une manifestation devant le rectorat. Arrivé sur place, je vois 5 profs présents sur 160, et dans les 5 que 2 volontaires pour rencontrer le recteur, alors que nous étions une trentaine de militants.

Ensuite toute la journée, mon téléphone n’arrêtait pas de sonner, M. Potola excusez-moi pour ce matin, je n’ai pas pu venir, ma grand-mère était malade ; mon fils n’était pas bien ; ma mère m’a demandé de l’accompagner et pas moins d’une soixantaine de gastro. Par contre pouvez-vous dire un mot au recteur pour mon cas, je veux rester à la réunion, je ne veux pas allez dans les banlieues dans le froid…

Je me rappelle aussi de la visite du président François Hollande à la Réunion.
Je reçois un appel venant de Saint-Joseph
- M. Potola, vous êtes invité à une rencontre avec le président de la République.
Moi, le citoyen lambda, je ne demandais pas autant, après tout, je vais pouvoir lui dire ce que j’ai sur le cœur.
Alors je demandais.
- Combien de temps de parole ai-je droit svp Madame ?
Elle me répond
- vous n’avez pas la parole, juste une invitation pour l’écouter. Ah !

J’ai vite compris que ce n’était pas un échange, mais un meeting politique et j’ai décliné l’invitation. Le lendemain, que vois-je dans les journaux ? Un certain Leperlier et d’autres associations ont été refoulés parce qu’ils n’avaient pas d’invitation. Certains sont prêts à prendre la place de la moquette ou du tapis pour se faire voir aux côtés de ces profiteurs.

J’ai souvent vu aussi,  comment  des syndicalistes, des défenseurs de certaines causes, des responsables associatifs, etc. défendre les Réunionnais à la préfecture, pendant les visites ministérielles dans l’Île.

Un discours à l’intérieur, un autre à l’extérieur. Un dossier pour l’intérêt général dans une main, un dossier personnel, familial dans l’autre. À la fin de l’entretien, on remet aux collaborateurs des ministres le dossier personnel et dans le sac ou à la poubelle le dossier d’intérêt général.

Ensuite, dehors  devant la grille, toujours le même mensonge, le ministre nous a entendu tous les dossiers que vous m'avez confiés a été remis aux ministres. Ces 70 % de gens qui ne veulent plus voter ou qui attendent le 2ème tour cautionnent involontairement le système.

Georges Donald Potola

   

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