Tribune libre de Loulou :

Soyons réalistes ! Exigeons une autre économie !


Publié / Actualisé
On croyait que la crise sanitaire allait affaiblir la toute puissance de l'économie de marché, ou tout du moins, à infléchir ses objectifs inaltérables de maximisation de ses profits. On imaginait de leur part une redistribution solidaire, au regard de la détresse sociale et psychologique dans laquelle est plongée la grande majorité de nos populations. On aurait pu penser qu'avec un cadre libéral toujours favorable, abondé en ce temps de crise, par des aides faramineuses des états, elle aurait pu chercher à restreindre les inégalités croissantes causées par son insatiable soif de pouvoir et de concentration de richesses. Que nenni! Rien! Nada! Kom dit kréol, zéro calbass, la fimé grand bois! ansort a ou tousèl dan out misère!! (Photo d'illustration AFP)
On croyait que la crise sanitaire allait affaiblir la toute puissance de l'économie de marché, ou tout du moins, à infléchir ses objectifs inaltérables de maximisation de ses profits. On imaginait de leur part une redistribution solidaire, au regard de la détresse sociale et psychologique dans laquelle est plongée la grande majorité de nos populations. On aurait pu penser qu'avec un cadre libéral toujours favorable, abondé en ce temps de crise, par des aides faramineuses des états, elle aurait pu chercher à restreindre les inégalités croissantes causées par son insatiable soif de pouvoir et de concentration de richesses. Que nenni! Rien! Nada! Kom dit kréol, zéro calbass, la fimé grand bois! ansort a ou tousèl dan out misère!! (Photo d'illustration AFP)

Devant ce capitalisme outrancier qui engendre précarité et désastres écologiques, et qui voit dans chaque catastrophe, des opportunités financières, il est illusoire de venir quérir à cet endroit, une quelconque forme de solidarité ou d’équité. Encore moins de charité, parce qu’on serait capable de s’entendre dire : " S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! " Hélas! Les habitants des quartiers prioritaires ou des zones urbaines dites sensibles, estampillés " Politique de la ville ", les travailleurs précaires, les petites et moyennes entreprises qui essaient de survivre à une mondialisation effrénée, et aujourd’hui à un virus dévastateur, ne connaîtront pas de jours meilleurs, s’ils devaient subir ces fléaux. Le peuple n’a heureusement pas attendu pour s’indigner et préparer une contre-offensive territorialisée.

Alors, entre les anticapitalistes d’une part et les modérateurs du modèle libéral, d’autre part, il serait intéressant de se pencher sur l’alternative que proposent les acteurs économiques qui entreprennent autrement et solidairement, dans nos cités et nos territoires. Ce sont ces " sans-culottes " des quartiers, armés de leurs associations, de leurs savoir-faire, de leur démocratie participative, de leur volonté farouche de participer et de " faire société ", qui ont permis que l’économie devienne également sociale et solidaire.

Ce sont ainsi des associations, des coopératives, des mutuelles, des Structures d’Insertion par l’Activité Economique (Entreprises d’Insertion, Ateliers et Chantiers d’Insertion, des Régies de Quartiers, des Groupements d’Employeurs), entre autres, représentant 11% de l’emploi salarié dans notre pays ici, à la Réunion, qui travaillent inlassablement en faveur de l’insertion sociale et professionnelle des publics en difficultés et éloignés de l’emploi. Ces entreprises viennent pour exemple, participer au développement de l’économie circulaire ; l’économie de la revalorisation, quand les débats sont cristallisés autour de la gestion des déchets,  de la lutte contre le gaspillage des matières premières et la préservation de l’environnement. Ce sont encore ces structures qui ont été mises largement à contribution pour fabriquer les masques en tissu et relayer par là-même, la solidarité.

En effet, ces entreprises sociétales, encadrées par la loi du 31 juillet 2014 relative au développement de l’Economie Sociale et Solidaire, viennent souvent apporter des réponses à des besoins sociaux non suffisamment satisfaits par la puissance publique ou le secteur privé traditionnel. Sans négliger toute forme de performance économique, nécessaire à la viabilité de leurs actions, elles privilégient avant tout dans leur objet, l’utilité sociale, et par conséquent l’humain, au détriment des intérêts uniquement financiers.

D’autres voies de développement économique sont ainsi possibles, plus éthiques et plus solidaires, si tant est que ces capacités créatrices et innovantes, appuyées par la force des réseaux, se structurent et se professionnalisent de plus en plus, pour asseoir leur légitimité et leur particularité.

Le modèle alternatif économique est en construction…et en révolution.

Henry Loulou HIPPOLYTE

   

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