Tribune libre de l'Association des maires de La Réunion :

Ils demandent la suspension des loyers des commerçants à Bruno Le Maire


Publié / Actualisé
Monsieur le ministre, depuis le 11 février, les centres commerciaux de La Réunion, à l'instar de ceux établis en Hexagone, subissent les conséquences des fermetures administratives décidées par l'État afin de lutter contre la propagation de l'épidémie de Covid-19.
Monsieur le ministre, depuis le 11 février, les centres commerciaux de La Réunion, à l'instar de ceux établis en Hexagone, subissent les conséquences des fermetures administratives décidées par l'État afin de lutter contre la propagation de l'épidémie de Covid-19.

Dans notre département, trois bailleurs principaux se partagent les principales parts de marché des baux commerciaux : GBH (Groupe Bernard Hayot), groupe excellence de Thiaw Kim, et le groupe Mercialys basé à Saint-Etienne.

Suites aux décisions du président de la République, prises dès 2020, les deux premiers bailleurs ont décidé de suspendre les loyers et de proposer des échéanciers à leurs locataires, preuve s'il en est que le capitalisme social peut fonctionner, dès lors qu'il est basé sur des valeurs communes d'humanité, de développement du territoire, de création de richesses au bénéfice du plus grand nombre.

À La Réunion, ce partage des richesses permet le développement économique d'un territoire exigu mais performant en termes de croissance et le bien-être matériel d'une population en quête d'accès au progrès. Dans le même temps, le groupe Mercialys, récemment installé sur le marché réunionnais a opposé une fin de non-recevoir au groupement de commerçants avec lequel il travaille et privilégie la négociation de gré à gré.

Nul besoin d'être grand clerc pour considérer cet état de fait (la négociation de gré à gré) comme un abus de position dominante ; situation rigoureusement interdite dans la pratique par la législation européenne. En ces temps implacables pour tout un chacun, dans lequel personne n'est épargné, je considère que les règles de la main invisible du marché ne sauraient s'appliquer et que seule doit prévaloir l'union sacrée.

À La Réunion, ces 400 enseignes qui ont subi les fermetures, ont dû mettre au chômage partiel 2500 collaborateurs. Ce sont autant d'humanités et de souffrances qui viennent s'ajouter à une situation au bord de l'implosion sociale.

Nous sommes dans une situation très exceptionnelle. Des mesures très exceptionnelles s'imposent.

Aussi, j'en appelle à votre sagesse et votre autorité morale et politique, afin d'engager une discussion à votre niveau auprès des dirigeants du groupe Mercialys, pour que ceux-ci, à l'instar des autres bailleurs, suspendent le paiement des loyers, sans condition, jusqu'au rétablissement de la situation et la fin des négociations que vous menez actuellement auprès de Bruxelles.

Je prends soin, Monsieur le ministre de préciser que nos commerçants demandent une suspension des loyers, et non pas une annulation, car une des valeurs portées par ces entreprises familiales c'est l'honneur. Honorer ses dettes vis-à-vis de ses créanciers à condition que les moyens soient accordés pour le faire. Je suggère donc la mise en place dès à présent d'un protocole d'accord de suspension des loyers au moyen d'un table ronde placée sous l'autorité de l'État, réunissant tous les bailleurs sans exception et les commerçants locataires.

Bien évidemment, toute autre forme d'intervention de l'État qui aille dans le sens d'un règlement amiable et d'un partenariat à somme positive est la bienvenue. Comptant sur votre sens du progrès social et économique, je vous prie d'agréer, Monsieur le ministre, l'expression de ma très haute considération.

   

1 Commentaire(s)

John , Posté
UN MINISTRE DE LA HONTE