Tribune libre de Graziella Yeng-Seng Camélé :

Une nourriture saine pour tous


Publié / Actualisé
Professionnelle de santé et candidate aux élections départementales sur le canton Saint-Pierre 2, je tiens à réagir à certains faits d'actualité notamment sur l'usage de certains pesticides et herbicides à La Réunion. (photo : Emmanuel Doulouma)
Professionnelle de santé et candidate aux élections départementales sur le canton Saint-Pierre 2, je tiens à réagir à certains faits d'actualité notamment sur l'usage de certains pesticides et herbicides à La Réunion. (photo : Emmanuel Doulouma)

Notre département détient le triste record à savoir qu’il est le 2 ème département au niveau national pour l’usage du glyphosate dans notre agriculture. Il est important de rappeler Le Centreinternational de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l'OMS, a classé le glyphosate comme "cancérogène probable" en 2015. Cette décision signifie que les experts ont estimé qu'il y a un degré de certitude élevé et que l'herbicide peut engendrer des cancers.

Même si l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) considère, elle, que les risques du glyphosate pour les consommateurs sont limités, ces seuils restent très controversés par certains professionnels de santé à l’instar du Robert Barouki, médecin, toxicologue et directeur de recherche à l'Inserm prévient : " C'est un sujet difficile avec pas mal d'incertitudes et il est nécessaire d'approfondir nos connaissances. Les autorités fixent des valeurs arbitraires à partir des informations dont elles disposent, mais la science évolue, donc il ne faut pas les considérer comme valables éternellement."

Des traces du pesticide ont ainsi été identifiées chez une trentaine de volontaires dans le cadre d'un test organisé par l'association Générations futures en 2017. A La Réunion en 2019, sur les 21 personnes testées, des élus, des artistes mais aussi des citoyens - dont certains font attention à ce qu'ils consomment – les analyses sont toutes positives aux glyphosates, sans exception. Toutes sont en moyenne 11 fois au-dessus de la limite fixée par l'Oms de glyphosate dans l'eau potable.

Il est donc impératif de changer de modèle de production agricole à la fois dans la méthode et dans notre capacité à produire localement afin de garantir à fois une nourriture saine aux réunionnais et la souveraineté alimentaire de notre ile.

C’est le rôle du Conseil départemental d’impulser cette transformation de notre modèle agricole en déployant les moyens nécessaires pour nos agriculteurs et garantir aux consommateurs des produits locaux sans pesticide. La Réunion est capable de bâtir ce modèle conforme à la fois à notre environnement par préservation de nos sols tout en respectant la qualité de notre nourriture qui en plus des maladies cancérigènes peut causer des ravages comme le diabète, l’hypertension et l’obésité dus à une mauvaise nutrition. Le "bien-manger" s’acquiert également par l’éducation et la prévention en milieu scolaire notamment dans nos collèges.

Sur le plan social, nous devons engager le droit d’accès à une nourriture saine pour tous à La Réunion et particulièrement à Saint-Pierre. Il y a là, une injustice sociale que nous devons combattre et corriger lorsque des personnes avec peu de moyen doivent se contenter des produits alimentaires à bas prix et pas forcément de bonne qualité. Nous connaissons l’impact de cette alimentation sur notre santé !

   

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