Lettre de Philippe Naillet à Emmanuelle Wargon :

"Nous attendons une écoute attentive aux problématiques du logement à La Réunion"


Publié / Actualisé
Madame la Ministre, vous serez dès demain en visite officielle à La Réunion et je vous suis reconnaissant de l'attention portée par le gouvernement à notre territoire. Au lendemain des élections régionales, les attentes sont grandes en matière de logement, tant la situation est fragile. Ce sujet a été régulièrement abordé lors de cette campagne, preuve de la situation difficile vécue par de nombreuses familles. Nous attendons donc une écoute attentive et une sensibilité aux problématiques du logement à La Réunion. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Madame la Ministre, vous serez dès demain en visite officielle à La Réunion et je vous suis reconnaissant de l'attention portée par le gouvernement à notre territoire. Au lendemain des élections régionales, les attentes sont grandes en matière de logement, tant la situation est fragile. Ce sujet a été régulièrement abordé lors de cette campagne, preuve de la situation difficile vécue par de nombreuses familles. Nous attendons donc une écoute attentive et une sensibilité aux problématiques du logement à La Réunion. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Nous espérons surtout des réponses, notamment concernant le manque de visibilité sur l’avancement du deuxième plan logement outre-mer (PLOM 2019 - 2022). Alors que les objectifs annuels ne semblent pas être tenus, en tant que parlementaire, je ne reçois aucune information du Comité de Pilotage du PLOM local de la part du Conseil Départemental de l’Habitat et de l’Hébergement (CDHH). Comment dès lors défendre un budget, défendre des mesures, soutenir les entreprises quand la transparence est absente ?

Cette transparence est aussi nécessaire concernant la consommation de la Ligne Budgétaire Unique (LBU). Alors que celle ci semble avoir été entièrement consommée à La Réunion en 2020, un reliquat issu d’autres départements ultramarins aurait été récupéré par le budget national. Si cela s’avère exact, nous pourrions anticiper les modalités de fongibilité de la LBU entre Outre-mer en cas de non utilisation.

J’attire par ailleurs votre attention sur le dévoiement de la fonction originelle de la LBU, la construction de logements sociaux, vers la rénovation. Alors que La Réunion souffre d’un manque criant de logements, environ 21 000 familles sont dans l’attente selon les professionnels, les crédits sont utilisés pour de la rénovation, ne permettant pas de loger nos familles. Si cette rénovation est nécessaire, elle devrait néanmoins être financée par des dispositifs complémentaires.

L’adaptation des normes est aussi un sujet récurrent. À ce titre, la nouvelle réglementation para-cyclonique prévue à La Réunion vient ajouter une nouvelle norme sans que les acteurs locaux ne soient suffisamment associés à sa rédaction. Alors que le prix du foncier augmente, l’inflation normative risque aussi de renchérir les coûts de construction dans un contexte où la LBU est déjà insuffisante. Je soutiens la demande des acteurs locaux de surseoir à cette nouvelle réglementation.

Enfin, la hausse des coûts de construction est aussi la conséquence de la situation géographique de La Réunion. Nous devons importer une très grande partie de ces matériaux depuis des pays assurant une normalisation européenne. L’augmentation des prix du fret et des matières premières est une vraie difficulté pour les bailleurs sociaux comme pour les opérateurs privés qui ont du mal à boucler leurs opérations. De nombreux appels d’offres reviennent donc infructueux. Or, la situation est urgente car 100 000 Réunionnais habitent encore dans des logements indignes.

Madame la Ministre, votre déplacement doit être utile pour notre territoire. C’est l’occasion de répondre à une attente forte de nos familles qu’est le besoin de se loger. Il n’est pas trop tard pour que l’État s’engage pleinement et assure aux côtés de nos collectivités locales, de nos entreprises, sa mission auprès de nos concitoyens, auprès de notre territoire pour loger dignement nos familles.

Je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma haute considération.

Philippe NAILLET

   

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