Tribune libre de Jean Hugues Ratenon :

Violences à Bras-Fusil : courrier au ministre de l'intérieur Gérald Darmanin


Publié / Actualisé
Des violences sans précédent se sont déroulées ces derniers jours à Saint-Benoît dans le quartier de Bras-Fusil, et plusieurs personnes, étant au mauvais endroit et au mauvais moment, furent prises à partie. Ces jeunes terrorisent la population et installent un système de terreur dans les cités. Sachez que je condamne avec la plus grande fermeté ces actes ignobles et inhumains perpétrés par des hordes de jeunes hors la loi qui ne respectent pas la vie en communauté. Monsieur le Ministre, le climat est très préoccupant. Que compte faire l'État pour lutter contre cette montée de violence ? En effet, à maintes reprises, j'ai alerté le Gouvernement. (Photo d'illustration : rb/www.ipreunion.com)
Des violences sans précédent se sont déroulées ces derniers jours à Saint-Benoît dans le quartier de Bras-Fusil, et plusieurs personnes, étant au mauvais endroit et au mauvais moment, furent prises à partie. Ces jeunes terrorisent la population et installent un système de terreur dans les cités. Sachez que je condamne avec la plus grande fermeté ces actes ignobles et inhumains perpétrés par des hordes de jeunes hors la loi qui ne respectent pas la vie en communauté. Monsieur le Ministre, le climat est très préoccupant. Que compte faire l'État pour lutter contre cette montée de violence ? En effet, à maintes reprises, j'ai alerté le Gouvernement. (Photo d'illustration : rb/www.ipreunion.com)

Pour mémoire, en date du 25 janvier 2021, j’avais interpellé sur l’insécurité à Mayotte et à cetteforme de (terrorisme) urbain. Entre autres, je disais "nous savons tous que ce qui se passe à Mayotte est en train d’être importé à petit feu dans plusieurs villes de La Réunion". 

J’avais aussi, à cette même date, dit que les élus de Mayotte n’étaient pas écoutés et que les violences s’aggravaient et en plus des résidents, mettaient en danger les Réunionnais et les Français de l’Hexagone travaillant à Mayotte. J’avais clairement signifié que les délinquants sans papiers devaient être exclus du territoire afin de protéger la population et stopper l’extension du phénomène de l’insécurité.

Vous n’avez apporté aucune solution à cela, ni à moi, ni aux élus de Mayotte. Pourtant la situation est grave à Mayotte et les phénomènes à La Réunion sont totalement liés.

Par la suite, le 2 mars 2021 dans l’Assemblée Nationale, je suis revenu à la charge en alertant encore une fois le Gouvernement sur l’insécurité et les violences à La Réunion, de notre proximité avec Mayotte, ainsi que la mauvaise politique d’intégration menée qui conduit à des
violences sporadiques.

J’avais alerté que ces phénomènes ne pouvaient être dissociés du banditisme et des réseaux de drogues. Pour faire face à cela, j’avais abordé la non-application de la loi LOPPSI 2 à La Réunion et l’absence de polices aux frontières au port maritime, alors qu’il est la porte d’entrée des drogues.

En réponse à mes interrogations, votre Gouvernement par la voix de Marlène Schiappa fut totalement déconnecté. Et à ma remarque sur le fait qu’elle ne répondait pas à la question dans l’Hémicycle, elle m’a rétorqué "n’importe quoi !". "N’importe quoi", Monsieur le Ministre, mais malheureusement ce qui devait arriver arriva.

Des scènes de violence réapparaissent à Saint-Benoît et dans plusieurs quartiers, tels que Bras-Fusil et Cité Labourdonnais le 3 novembre 2021. Et nous sommes tous conscients que la consommation de drogue est une des causes.

Devant ces constats, en conférence de presse le 7 novembre 2021, j’ai fait un certain nombre de propositions afin de réveiller les consciences de nos gouvernants. Comme vous le savez, malgré la satisfaction des autorités, je ne suis pas resté là, je suis remonté au créneau car les braises couvent dans les cités de Saint-Benoît.

C’est pour cette raison, que dès le début de cette année, c’est-à-dire le 11 janvier 2022, je n’ai pas hésité à vous questionner une énième fois sur l’application de cette loi LOPPSI 2 à La Réunion, notamment à Saint-Benoît. Votre réponse par la voix de Geneviève Darrieussecq m’a désagréablement surpris par son inconscience de la situation sur le territoire de La Réunion.

Votre réponse, en effet, n’a été aucunement utile sur le sujet car vous m’informiez que le Gouvernement faisait du bon travail et que les violences étaient en diminution sur notre île, et notamment un plébiscite du CLSPD, une panacée qui allait tout régler.

Mais dans la semaine du 17 janvier 2022, tous les soirs, plusieurs dizaines de jeunes se sont rendues dans le quartier de Bras-Fusil et de Bras Canot afin de se battre entre bandes rivales et s’en prendre à toutes les personnes qui croisaient leur chemin. Deux personnes, n’ayant aucune
relation avec ces bandes, ont fait les frais de ces violences inacceptables.

Un jeune fut passé à tabac par une vingtaine d’individus et laissé pour mort. Il est toujours hospitalisé et souffre de traumatisme crânien et de perforations aux poumons.

Un autre homme de 70 ans, fut blessé par une quinzaine d’individus, alors qu’il conduisait avec sa femme et son enfant autiste. Il subit des jets de galets et eut la mâchoire ensanglantée, ce qui lui a valu également une hospitalisation et une opération.

Monsieur le Ministre, constatez maintenant que l’heure est grave. Constatez aussi, que les violences de ces derniers jours montrent que les problèmes s’amplifient et risquent de s’installer durablement à La Réunion.

Je voudrais, par cette lettre, que mes propositions soient étudiées et que des réponses concrètes soient apportées.

D’autant plus que le premier magistrat de la ville concernée, dépassé par l’ampleur du phénomène de violences, supplie maintenant l’aide de l’État et je pense qu’il ne sera pas en opposition aux propositions émises.

Il est urgent d’organiser une réunion de concertation et de demander à Monsieur le Préfet de déployer le dispositif police/gendarme sur la ville de Saint-Benoît. L’état doit être garant pour que justice soit faite aux victimes de ces violences.

Autre aspect, des voix arrivent jusqu’à moi pour m’informer qu’une partie des délinquants incontrôlables de Mayotte débarquent à La Réunion avec la bénédiction des services de l’État.

Pensez-vous que la gestion des problèmes de délinquance à Mayotte passe par le transfert de cette même délinquance à La Réunion ? Si tel est le cas, il faut stopper cela le plus rapidement possible et faire le nécessaire pour régler ce problème.

 

   

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