Tribune libre de Jean Claude Comorassamy :

Lorsque l'ancienne manche à air de Stella vient raviver des souvenances !


Publié / Actualisé
Malheureusement la chance n'était pas de son côté. Tout d'abord il a eu la fermeture de l'Usine Sucrière en 1978, puis quelques années plus tard les divers travaux de construction de la route des Tamarins entamés de 2003 à 2009, n'ont laissé aucune possibilité de vie à la piste d'aviation de terre battue de Stella commune de St-Leu. Pour l'histoire, retour sur ce passé qui sombre dans l'oubli. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Malheureusement la chance n'était pas de son côté. Tout d'abord il a eu la fermeture de l'Usine Sucrière en 1978, puis quelques années plus tard les divers travaux de construction de la route des Tamarins entamés de 2003 à 2009, n'ont laissé aucune possibilité de vie à la piste d'aviation de terre battue de Stella commune de St-Leu. Pour l'histoire, retour sur ce passé qui sombre dans l'oubli. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

La redécouverte s'est faite à travers une balade au parcours du Grand Stella au dessous du Musée et de la route des Tamarins. Gorge nouée mais content, que j’arpentais il y a quelques jours, les abords de cette route, l’emplacement même de l’ancienne piste d’aviation. Ce fût une source d’immense émotion, de mon passé d’enfance en ce lieu rempli de souvenirs. 

Tout en admirant le paysage de Stella métamorphosé, que j’ai revu au sommet de la petite colline au dessus de l’autoroute de l’ouest, dissimulée dans un paysage verdoyant, cette manche à air ou manche à vent.

Cependant, il ne reste que son mât d’ossature en ferraille, sans sa voilure de forme conique aux bandes blanches et rouges, mais encore debout solidement scellée dans un socle de béton.

Cette aperçue au sommet de ce site sauvage, ne laisse pourtant pas de place à l’ambigüité. Il s’agit bien du même manche à air, datant d’après certains de nos gramounes vers 1936.

C'est ainsi que cette redécouverte vienne raviver des souvenances et surtout celles enfouies de nos anciens qui sont restées intactes, qui aujourd'hui viennent nous dévoiler, l’histoire de cette piste d’aviation en terre battue de Stella.

Empreinte, qui a permis à l’époque à l’avion ou le p’tit coucou l’ancien PDG des sucreries Bourbon M. Emile Hugot de se diriger vers cette piste d'aviation et de se poser dans des bonnes conditions à Stella à côté de l'usine sucrière.

Mais surtout de mesurer la vitesse et la direction du vent pour un atterrissage en toute sécurité afin de se rendre à l’Usine Sucrière de Stella dont il était propriétaire. Par la suite un décollage pour se diriger vers l’Usine de Grand Bois ou s'orienter vers St-Marie.

Un témoin et une histoire à transmettre

Alors, nos anciens nous racontent, que c'est vers 1935 environ que la société des sucreries de Bourbon décida d’aménager une piste en terre battue. L’endroit le plus propice choisi, a été la grande savane à une centaine de mètres au dessous de l'Usine Sucrière. Un petit chemin a été même aménagé, lui aussi à la main d'homme, pour accéder cette piste en voiture.

Ainsi, les premiers travaux de cette piste d’aviation démarrèrent dés son début, par la main de quelques ouvriers de l’Usine et aussi par les ouvriers agricoles de Stella vers 1935 diront les plus anciens.

Un immense travail débuté à la pioche, pelle, barre mine, pic à roc, sabre, râteau, brouette… Puis un engin de type bulldozer à chenilles, qui tracera, aplanira et compactera cette piste en terre battue, d'une longueur d’environ 150 à 200 mètres.

C’était une première datant d’octobre de 1936, dira encore la mémoire collective, que l'avion monoplace de M. Emile Hugot a pu se poser sur cette piste, après avoir réalisé plusieurs rotations à vitesse lente, en raison d’un vent qui soufflait un peu fort.

Au fil du temps, le passage de cet avion est devenu coutumier pour les enfants du quartier, dont les plusieurs anciens remémorent cet événement, qui est resté dans les souvenirs, jusqu’à même en 1977, lors du dernier atterrissage de l’avion de M. Hugot pour se rendre à l’Usine de Stella.

Le seul témoin restant encore visible en dehors de la mémoire collective du quartier, est cette ossature en métallique de cette manche à air. Du coup vienne raviver nos souvenances d’enfance, une belle histoire qui sommeille au pied de la route des Tamarins.

A présent, notre préoccupation première est de sauvegarder ce bel héritage afin de transmettre son histoire aux générations futures. Mais aussi de rendre un hommage particulier à ce pionnier de l’industrie de la canne M. Emile Hugot mais aussi de l’aviation à la Réunion.

Jean Claude Comorassamy

   

8 Commentaire(s)

Johnny dit John., Posté
Je crois qu'en 1977, M. Hugot est venu en avion. Avion qui s'est posé à Stella. Puis il a été ramené en voiture (DS) par le Directeur M. Armand Campenon à l'usine sucrière, direction au laboratoire pour des analyses du jus de canne sortant de l'appareil de diffusion( pour une meilleure rentabilité en sucre ) Qui était le laborantin du jour ' Très apprécié par le Valère Villaret le chimiste de stella , c'était lui qui a fait diverses analyses en présence de M. Hugot, d'où peut-être l'hommage rendu dans l'article. Il me semble qu'il a été un travailleur de cette usine jusqu'à la fermeture et surtout vécu son enfance à côté de l'usine. Merci à lui pour ce témoignage.
THIERRY , Posté
Espérons que le vent fort d'hier au soir a bien épargné ce pilonne en fer! Serait dommage qu'il soit tombé.
Babouk, Posté
A BatirayM. Ratenon est en campagne électorale, il communique à tous azimuts sans grand intérêt. Il fait du bruit comme depuis 5 ans.
Léonus., Posté
Je sors de la grande surface de Portail, la manche à air est bien visible de la route des tamarins avant la sortie à droite direction Stella et du Musée. Effectivement, je pense qu'il avait bien un terrain d'aviation dans le paraphe comme indiqué dans l'article. A sauvegarder monsieur le maire....
Jean Luc, Posté
M. Poudroux fera une intervention à l'assemblée bientôt, sa va fé rire la bousse ou bien M. Thierry Robert et le maire '....
Batiray , Posté
Pas de réaction du député Ratenon , le patrimoine ce n'est pas son domaine à la région ' Lui qui n'est pas avares de communiqués, peut-être bientôt sur le cyclone, le prix de tomates et autres légumes, sur le pouvoir d'achat avec les augmentations,....il pense quoi sur les EHPAD '
Marguerite, Posté
Mme Bello va s'en occuper pour la préservation de l'histoire.
Bruno , Posté
Émouvante comme histoire ! Il faut préserver ce patrimoine avant qu'un cyclone ne le détruit. Un beau récit.....