Tribune libre de Adèle Odon :

Lettre ouverte à Monsieur Emmanuel Macron


Publié / Actualisé
Monsieur le Président de la République,
A titre personnel, j'ai voté pour vous, je n'ai voté contre personne. J'ai en effet estimé que mon pays, marqué à la fois par des crises internes et externes profondes, lesquelles étaient susceptibles d'évoluer dramatiquement à tout moment, avait besoin de stabilité, et donc ne saurait souffrir d'un changement de capitaine à la barre en pleine tempête. (Photo - Adèle Odon)
Monsieur le Président de la République,
A titre personnel, j'ai voté pour vous, je n'ai voté contre personne. J'ai en effet estimé que mon pays, marqué à la fois par des crises internes et externes profondes, lesquelles étaient susceptibles d'évoluer dramatiquement à tout moment, avait besoin de stabilité, et donc ne saurait souffrir d'un changement de capitaine à la barre en pleine tempête. (Photo - Adèle Odon)

Vous l’aurez constaté tout comme moi, nos départements d’Outre-mer, dont La Réunion, d’où je viens et où je vis, n’ont pas voté majoritairement pour vous.

Le choix de 217 021 de mes concitoyens réunionnais s’est en effet porté sur la candidate Marine Le Pen, qui a récolté les meilleurs scores au second tour dans chacune de nos 24 communes.


Au titre d’élue locale, je ne peux pas ne pas prendre en compte ce résultat électoral ultramarin si particulier, loin d’être anodin, qui s’inscrit en profonde contradiction avec votre score en national ayant validé votre accès à la plus haute fonction ce 24 avril 2022.

Cette divergence entre nos territoires et l’Hexagone, pour élire un président qui doit pourtant leur être commun, n’a jamais été aussi fortement marquée depuis la départementalisation, soit plusieurs décennies.

Par ailleurs, en comparaison avec votre première élection, en 2017, si les Réunionnaises et les Réunionnais s’étant rendus aux urnes ne vous avaient pas placé en tête au premier tour, ils vous avaient pour autant accordé leur confiance en le faisant au second tour. La situation réunionnaise est inédite.

Entamer votre mandat dans ces conditions nécessite un signal fort adressé à la population réunionnaise, et ce, dès votre prise de fonction.

Un signal, de nature à nous montrer que vous avez, dès aujourd’hui, pris la mesure de ce désaveu, que vous vous y intéressez, personnellement, que vous souhaitez le comprendre, profondément, et y apporter des réponses, au plus vite, dans le dialogue avec ceux là même qui en sont à l’origine, de manière directe et sans intermédiaires.

C’est un appel solennel que je vous adresse aujourd’hui, monsieur le président, afin de donner crédit et corps à votre engagement exprimé hier soir, celui " d’être le président de toutes et de tous ".

Pour " reconquérir le vote des abstentionnistes et des extrémistes " présents sur mon territoire, je vous le demande instamment : soyez le président des Réunionnaises et des Réunionnais ! En vous rendant chez nous, au plus tôt, pour libérer notre parole, et vous en imprégner.

Cette démarche est un préalable indispensable à toute mise à plat de stratégie dans le cadre des législatives de juin 2022, pour gouverner dans l’apaisement et la prise en compte de nos réalités de terrain périphérique.

Si les circonstances externes vous ont contraint à vous tenir éloigné de notre " galé ", mettez fin aujourd’hui à la distance qui s’est installée entre nous, et faites de La Réunion une priorité de votre mandature, par cet acte fort qui consistera à venir, vous-même, vers nous et avec nous, dans la rencontre et le dialogue, pour repenser et réadapter, nécessairement et réalistement, votre programme nous concernant.

Je ne parle pas de grande messe, de livre blanc, d’assises, nous en avons largement fait le tour dans le passé, sans que cela n’ait suffi à stopper l’hémorragie de la défiance. Je veux revendiquer une forme de proximité renouvelée, pour ici et maintenant.

Ne pas le faire serait conduire La Réunion à une impasse, ainsi qu’à la mort certaine de la représentation politique de la République dans notre île à un horizon très proche. Nous ne le méritons pas.

N’attendez pas davantage. Lorsqu’il y a urgence, le plus tôt est toujours le mieux. Et nous sommes une urgence.

Je me tiens, bien entendu, à votre entière disposition pour organiser ce rendez-vous citoyen, en lien avec les forces vives de mon territoire, que je connais, et que j’aime.

Je vous prie de recevoir, monsieur le président de la République, l’expression de ma plus haute considération.

 

Adèle Odon

   

4 Commentaire(s)

Nou lé mal baré, Posté
Nou lé ma baré avec un zélue kom ou.Nous la vote pou un zelue proche de la population pas pou un zelue salon.okilé tout out promesse.mi té croi en band zelue kom ou. mais ou lé pareil même.la prochaine fois guete dans un trou. fini out règne.
Stop dit la taille, Posté
Les gens viennent commenter pour dire le merde. Kossa Zot i veu' À Zot même Zot connais pas' Un péi extrémiste, de droite, de gauche ou au centre' Dans tous les cas Zot lé pas content et peu importe kossa les élus i fait Zot lé pas tcontent. Mette Zot band commentaire dans Zot ki.
Elue manque de respect, Posté
Mme Odon, Vous êtes une élue qui manque de respect à votre électorat comme votre mentor monsieur Melchior.Le peuple du 17ème canton de Saint-Paul, nous vous avons élus sous l'étiquette de la droite républicaine.Aujourd'hui vous vous positionnez avec monsieur Macron que nous combattons au niveau des Républicains.J'espère que vous assumez pleinement votre choix et votre trahision.
Mékoué, Posté
Désolé Madame, vous comme la quasi-totalité des politiques (droite et gauche confondus étant pour la gouvernance mondiale, autrement caution ne serait pas ainsi donnée pour poursuivre la RUINE de notre Pays), encore une fois vous vous contentez de commenter l'écume de cette vague de fond qui soumissionne sur tous les plans la France pour l'ailleurs. ALSTOM; Aéroports; Autoroutes: privatisation de la fonction Régalienne; endettement abyssal ; Etat d'urgence utilisé à des fins arbitraires; déni de démocratie; la représentation nationale ne fonctionnant quasiment plus; les plus hautes instances pilotées par des personnalités ayant été entrepris par la justice ; interdiction de prescriptions par les médecins ; suspension arbitraires de certaines catégories de salariés ; imposition de soins sans la contrepartie de l'efficacité du produit imposé... et face à ces évocations et constats, le discours politique lénifiant se poursuit comme si rien n'était. Enfin semble-t-il, pour commencer à comprendre "l'abandon" organisé de notre Pays depuis 1968, il faut chercher qui, parmi les alliés avec quelques complicités internes et non des moindres, ont fomenté le départ du Général. De l'URSS, la Chine, le Canada, l'Afrique', la France était respectée, faisait trop d'ombre aux autres, donc gênante... Y avait encore là des Hommes de conviction et de parole, hélas le peu de cet acabit qui subsiste, n'est pas écouté'