Tribune libre de Aide et Action :

Travail des enfants, l'autre épidémie


Publié / Actualisé
Rapidement après l'émergence de la pandémie liée à la COVID‑19, Aide et Action, association internationale de développement par l'éducation, alertait quant au risque de voir les efforts - menés par les gouvernements et les organisations - pour lutter contre le travail infantile mondial balayés par l'accroissement de la pauvreté lié à la crise sanitaire. Nous publions ci-dessous le communiqué de Aide et Action. (Photo d'illustration : AFP)
Rapidement après l'émergence de la pandémie liée à la COVID‑19, Aide et Action, association internationale de développement par l'éducation, alertait quant au risque de voir les efforts - menés par les gouvernements et les organisations - pour lutter contre le travail infantile mondial balayés par l'accroissement de la pauvreté lié à la crise sanitaire. Nous publions ci-dessous le communiqué de Aide et Action. (Photo d'illustration : AFP)

2021 restera l’année où le travail des enfants aura, pour la première fois, augmenté en plus de 20 ans. L’an dernier, un rapport révélait ainsi que le nombre d’enfants travailleurs avait augmenté de 8,9 millions au cours des quatre dernières années, passant de 152 à 160 millions ; soit 1 enfant sur 10.

La pauvreté extrême contraint les familles démunies à devoir mettre leurs enfants au travail, surtout lorsque ces derniers sont déscolarisés lors des confinements et des fermetures d’écoles. Or, avec la pandémie de COVID-19, plus de 200 millions de personnes supplémentaires ont basculé dans l’extrême pauvreté. Et ce nombre pourrait atteindre 1 milliard d’ici à 2050[3].

La multiplication des crises économiques et des conflits globaux, mais aussi l’inefficacité des politiques économiques et sociales de nombreux pays, ont conduit à une importante augmentation du nombre de ménages vivant avec moins de 1,90 dollars par jour et, corollairement à une hausse du travail infantile.

Aide et Action demande aux gouvernements de prendre des mesures urgentes, notamment l’accès à une éducation gratuite, publique et de qualité pour toutes et tous. Au-delà des cadres légaux et règlementaires (âge minimum du travail, conditions de travail, outils et mécanismes pour annihiler le travail des enfants), Aide et Action demande également la mise en place de politiques proposant aux familles des activités économiques leur permettant de vivre décemment, sans devoir avoir recours au travail des plus jeunes, et de mettre en place une couverture sociale universelle.

Dès juin 2020 et la réouverture des écoles, Aide et Action avait repris ses activités de soutien aux minorités ethniques du Laos et du Vietnam et mis l’accent sur les compétences et l’orientation professionnelles ainsi que sur les moyens de subsistance.

En 2019, en Inde, Aide et Action a développé, en partenariat avec l’UNICEF, l’initiative " ville sécurisée " qui repose sur un système de protection de l’enfance, solide et performant. Ainsi, nous avons contribué à renforcer les structures de protection de l’enfance telles que le département de la promotion de la femme et de l’enfant, les comités de protection de l’enfance, les commissions de la justice pour mineurs, ou encore les unités et services de police spéciale pour mineurs.

En permettant à tous, filles et garçons, d’apprendre à lire, écrire, compter ; en les aidant à devenir des citoyen(ne)s autonomes et éclairé(e)s ; en leur donnant l’opportunité de - à terme – d’obtenir un travail rémunéré et décent, Aide et Action saura convaincre les familles que " tout commence par l’éducation " et protègera les enfants du travail infantile.

   

1 Commentaire(s)

SOMANKE , Posté
C'est sans doute le combat le plus important et le plus utile des prochaines décennies Ils sont l'avenir de l'humanité et pourtant tout se pense autour de l'adulte, du consommateur.160M d'enfants assassines, sans compter les maltraités autrement.On est prêt à entrer en guerre pour quelques milliers d'adultes tues (et ils n'ont pas à mourir pour des egos malades). 1 enfant, voire plus sur 10 méritent bien au moins une mobilisation sinon une certaine guerre.Le devoir d'ingérence est bien sélectif