Tribune libre de Youssouf Omarjee :

Du disruptif en politique


Publié / Actualisé
Il y a nécessité d'une réinitialisation de la démocratie et du rapport du peuple à ses élu(e)s car " trop de démocratie tue la démocratie ". En effet, au regard du nombre impressionnant de candidatures aux prochaines législatives dans l'ensemble des circonscriptions (une dizaine en moyenne), on se demande si le peuple qui accorde la représentation politique à nos futur(e)s élu(e)s est bien respecté dans ses aspirations. On aurait pu conjurer le sort combiné de l'affaiblissement des partis et du surenchérissement d'une " petite " candidature anecdotique, par le recours au tirage au sort de 5 listes sur l'ensemble des candidatures présentées. Agir ainsi aurait pu permettre de gagner en force de représentativité du peuple. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Il y a nécessité d'une réinitialisation de la démocratie et du rapport du peuple à ses élu(e)s car " trop de démocratie tue la démocratie ". En effet, au regard du nombre impressionnant de candidatures aux prochaines législatives dans l'ensemble des circonscriptions (une dizaine en moyenne), on se demande si le peuple qui accorde la représentation politique à nos futur(e)s élu(e)s est bien respecté dans ses aspirations. On aurait pu conjurer le sort combiné de l'affaiblissement des partis et du surenchérissement d'une " petite " candidature anecdotique, par le recours au tirage au sort de 5 listes sur l'ensemble des candidatures présentées. Agir ainsi aurait pu permettre de gagner en force de représentativité du peuple. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Deuxièmement, nous voyons bien que le peuple aspire à ce qu’il y ait davantage de recours au référendum local pour des décisions impactantes pour l’avenir de la cité car la démocratie représentative comporte aujourd’hui des limites, et, ce d’autant plus que certaines décisions mériteraient d’être prises au plus près de l’échelon local. Il faut donc reconnaître qu’il ne relève pas des attributions d’un parlementaire de faire des promesses électorales à l’instar d’un élu local qui agit pour son territoire communal, départemental ou régional.

Troisièmement, le peuple demande un rapprochement des élu(e)s du terrain, et, pas seulement le temps de la tenue des élections. Nos futurs député(e)s n’échappent pas à cette règle, et, même s’ils disposent d’une permanence, leur rôle les met légèrement à distance de la population. Il n’empêche que le(la) député(e) est aussi-là pour faire de la veille active sur des attentes, des doléances et des besoins de la population en vue de faire voter, s’il y a lieu, une proposition de loi ou en tout état de cause de faire entendre la voix de son électorat à l’Assemblée Nationale lors de la séance des questions orales ou dans le cadre des questions écrites. La faculté de relayer des demandes collectives et/ou dans le cadre de la fonction de réseautage en vue de faire aboutir des démarches ou de mettre en lien les citoyens avec les bons interlocuteurs est aussi appréciée.

Quatrièmement, le peuple est en attente d’un fort rajeunissement de la classe politique et lorsque l’on écoute ce que l’on peut appeler les débats, on se rend compte qu’il s’agit souvent de reproches mutuels quand il n’est pas question d’invectives sur le bilan et/ou sur la qualité du projet politique dont on a du mal à bien percevoir les contours. Il serait peut-être temps d’instituer une limite d’âge pour être candidat en guise de première réforme des institutions. On ne pourrait plus se déclarer candidat au-delà de 60 ans par exemple. Et puis, à quoi bon voter pour un binôme si le second candidat ne peut pas s’engager à mi-mandat parlementaire ?

Cinquièmement, en termes d’exercice des pouvoirs, une réforme réelle et sérieuse doit pouvoir s’envisager afin que les élus d’une intercommunalité soient différents de ceux de la municipalité à l’exception du premier magistrat. De même, on pourrait imaginer qu’aux niveaux départemental et régional, une seconde liste (d’élus) soit amenée à exercer les trop nombreux mandats représentatifs dans les organismes dits " satellites " de ces collectivités respectives. Voilà, par exemple, des pistes d’amélioration de la respiration démocratique qui lui apporteraient davantage de vitalité et seraient garantes d’un nouveau souffle.

Sixièmement, la prise en compte des réalités locales ne doit pas nous laisser accroire à des solutions magiques comme celle de la Zone Franche Globale (dont les effets restent discutables en Corse) ou celle de la suppression de l’octroi de mer (ressource précieuse pour les Communes et Régions d’Outre-Mer). Ces projets de réforme, d’apparence séduisante, pousseraient notre île à verser dans une forme de " dumping social " avec les pays avoisinants dont on connait tous l’extrême pauvreté. Les très grosses entreprises profitant déjà fort bien du système off-shore et des mécanismes de l’optimisation fiscale. Bien au contraire, il faudrait davantage miser sur l’humain et encourager l’entreprenariat à visage humain en l’ouvrant à la possibilité de l’emploi franc (fiscalement parlant) dans une certaine mesure (2,2 SMIC, par exemple).

Youssouf OMARJEE

   

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