Culture :

Pascal Montrouge pour une saison lumineuse : "le spectacle vivant est là !"


Publié / Actualisé
C'est à une véritable renaissance que nous avons droit en matière de beaux arts, de musique, de danse, de théâtre, qui répond à une profonde faim de culture, de joie et de liberté. Le public réunionnais est au rendez-vous, la billetterie tourne à plein régime...
C'est à une véritable renaissance que nous avons droit en matière de beaux arts, de musique, de danse, de théâtre, qui répond à une profonde faim de culture, de joie et de liberté. Le public réunionnais est au rendez-vous, la billetterie tourne à plein régime...

Pour Pascal Montrouge, directeur général des Théâtres départementaux de La Réunion (Téat Champ Fleuri à Saint-Denis et Téat Plein air à Saint-Gilles les Bains), esthète, danseur et chorégraphe, l'épreuve infligée par un an et demi de crise sanitaire s'est avérée l'occasion de tremper sa volonté et celle de son équipe à une adversité incontournable, à laquelle il fallait s'adapter, s'organiser, "se doter d'une méthodologie pour temps de crise, c'est à dire fonctionner avec une visibilité limitée à deux semaines, calendrier préfectoral oblige, au lieu de six mois précédemment ! 

Il fallait multiplier les hypothèses, les scenari, et, dès les assurances obtenues de ce que les actions pouvaient être réalisées, tout mettre en place à grande vitesse. Tous les spectacles importés ont été soit assurés, soit décalés…" Donc en dépit de ces mois d'incertitudes, 2020-21, ne fut pas une saison en enfer. Pascal Montrouge estime que cette crise a révélé une dimension essentielle de son être : "Je me rends compte que je suis d'un naturel positif, et que, pour citer Paul B.Preciado, la joie est un acte, une technique  de résistance. Ne pas succomber à la déprime, garder la foi en l'humanité, en sa mission ; ma mission c'est la culture vivante. Nous n'avons pas le droit de baisser les bras. C'est pour cela, que nous avons ajouté à nos programmes des actions lumineuses, une dizaine de représentations apportées aux publics scolaires, et aussi des ateliers couplés à une expérience de grand oral… et c'est littéralement fabuleux…"

De fait, oser la rentrée théâtrale avec Antigone, une tragédie de Sophocle, un vieux grec furieusement moderne, plus de 2460 ans après la "première", donnée à Athènes pour les Dionysies, dans un théâtre à ciel ouvert, comme l'est celui de Saint-Gilles, dans une contextualisation créole, avec la compagnie Kisa Mi Lé, un choryphée nommé Danyèl Waro, tient tout à la fois du symbole et du tour de force ! "Sophocle péi, "c'est une rentrée en fanfare, un projet fédérateur avec du multiples centres d'intérêt, le texte en soi, la traduction du chœur par Danyèl Waro qui appuie sa voix sur son instrument de prédilection… Une tragédie qui traite de problématiques actuelles, le mythe d'Antigone une nouvelle fois réactivé à la lumière d'un débat immédiatement contemporain…"
 
- Hommage aux personnages qui ont joué la bande son de La Réunion -
 
Pascal Montrouge est fier de cet événement dont les deux premières représentations ont été données vendredi et samedi derniers, et qui "résulte d'un partenariat avec le Centre dramatique de l'océan Indien, un très beau projet, avec de belles rencontres artistiques ; un spectacle qui tournera en métropole aussi sur deux scènes conventionnées, à Ivry et Armentières (Le Vivat). La pièce tournera encore à La Réunion fin 2022…" Il faudra sans doute retourner voir Antigone de retour de métropole, les artistes auront magnifié leurs prestations, comme souvent, dans le sens d'une densification.

Dans les faits saison a réellement débuté le 24 septembre dernier, avec le concert symphonique de l'orchestre de la Région Réunion, au Teat Champ Fleuri, car la rentrée initialement prévue en août avait été mise à mal par les contraintes sanitaires, explique Pascal Montrouge, qui se félicite par ailleurs de ce que "la billetterie tourne à plein régime, ce qui signe une réelle faim de culture, de fête et de liberté. Depuis la fin des diverses formes de confinement ou limitations de mouvement, le public retrouve le chemin des théâtres et nous sommes presque certains que la prochaine date sera donnée à guichets fermés, ou presque…"

La programmation repose sur trois pierres angulaires qui sont donc, dans le désordre, l'Antigone de Leocadie, le Festival de Danse en novembre et la création musicale sous la direction artistique de Frédéric Maillot, pour les 50 ans du Teat Plein Air. Initialement prévue pour 2020, cette commémoration aura bien lieu ce mois-ci, avec un réel hommage aux personnages qui ont joué la bande son de La Réunion, toutes ces années, les Gramoune Lélé, Lacaille, Ziskakan, Ousanousava, et la nouvelle génération des héritiers et continuateurs pour faire le lien…

Pascal Montrouge en vient ensuite au Festival Total Danse, "très attendu avec Alonzo King, Claudio Zelato, Soraya Thomas… du lyrique et de petits Ovnis délicieux… ce territoire est fabuleux, car pendant le Festival de Danse, nous travaillons avec toutes les salles de Saint-Denis, de Saint-Pierre et d'ailleurs. Le théâtre et la danse, la musique, le spectacle vivant est là, pour garder le contact avec ce qui se fait de plus pertinent dans le monde !"
 
www.ipreunion.com / [email protected]

   

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