Terre australes et antarctiques françaises :

L'argot des Manchots : le lexique des mots inconnus et poétiques


Publié / Actualisé
À l'occasion du 250eme anniversaire de la découverte des îles Crozet et Kerguelen, en 1772, un lexique intitulé "L'argot des Manchots", publié aux éditions Hémisphères, Maisonneuve et Larose, traite des mots utilisés en Terres australes et antarctiques françaises. Ce lexique, dont les termes et les sonorités prêtent à sourire, exprime avec onirisme la faune et la flore des Terres australes et antarctiques. Rencontre avec Bruno Fuligni, historien et auteur de ce lexique au vocabulaire rocambolesque (Photo Nelly Gravier)
À l'occasion du 250eme anniversaire de la découverte des îles Crozet et Kerguelen, en 1772, un lexique intitulé "L'argot des Manchots", publié aux éditions Hémisphères, Maisonneuve et Larose, traite des mots utilisés en Terres australes et antarctiques françaises. Ce lexique, dont les termes et les sonorités prêtent à sourire, exprime avec onirisme la faune et la flore des Terres australes et antarctiques. Rencontre avec Bruno Fuligni, historien et auteur de ce lexique au vocabulaire rocambolesque (Photo Nelly Gravier)

Croulalas, popchat, mammintro, bibous, pacha... En voilà des mots tous tordus, aux sonorités biscornues, et au sens abstrus. Pourtant, loin d'être une invention saugrenue, ces mots sont bels et bien utilisés par les habitants des Terres australes et antarctiques Françaises. Bruno Filigni les a répertories et a percé leurs mystères dans son lexique. Il revient avec Imaz Press sur les commencements et les raisons de cet ouvrage.

Comment vous est venue l’idée d’écrire L’argot des Manchots ?

Il y a très longtemps, lorsque j’étais enfant, j’ai vécu à La Réunion. Il y avait de nombreux départs pour les Îles Kerguelen. Cela m’a toujours fasciné et je me suis donc documenté. J’ai publié un livre, intitulé Tour du monde des terres françaises oubliées. À cette occasion j’ai découvert qu’une langue était bien présente, j’ai commencé à noter les abréviations et j’ai constitué, pour moi seulement, un petit dictionnaire

Combien de temps avez-vous mis à réaliser cet ouvrage ?

L’écriture de ce lexique s’est fait sur de longues année, au fur et à mesure de mes lectures. Cela a débuté en 2013. Ces derniers mois, mes recherches ont circulé au sein des Terres Australes Antarctiques Françaises et on permit de m’apporter des précisions sur les expressions qui ne s’employaient plus ou encore sur l’apparition de nouveaux mots

Qu’est-ce qui vous a poussé a publier ce lexique ?

C’est à l’occasion de l’anniversaire des 250 ans des découvertes des Terres Australes Antarctiques Françaises que l’ouvrage vient d’être publié. Cela permet de faire connaître ce lexique surprenant et ludique au grand public et de faire découvrir les  Terres Australes Antarctiques Françaises. " En métropole, les lecteurs ont été très sensibles à ce lexique. Il ne s‘était pas imaginé qu’il puisse y avoir un langage dans une telle contrée, et c’est, en effet, assez extraordinaire. Il sera également proposé à bord du Marion Dufresne. Le voyage y est long et cela permettra aux équipes à bord de comprendre le langage sur place et d’éviter les incompréhensions

Comment se présente le livre ?

C’est un lexique, organisé par ordre alphabétique, allant de A à Z, comprenant pour chaque mot une définition et un exemple, souvent avec le récit d’un écrivain ou d’un aventurier

Pour quelles raisons avoir constitué ce lexique ?

Les gens qui habitent sur place n’ont jamais ressenti le besoin de constituer un lexique. Ce n’est pas tant pour cette raison que je me suis intéressé à ces mots. C’est plutôt pour leur dimension poétique. C’est un langage très expressif. Ils évoquent les paysages, la faune et la flore de ces îles. Ces mots expriment une réalité très onirique. Ces termes sont brefs, mais expriment des choses souvent complexes

Quels sont les mots qui ont une résonnance particulière pour vous ?

Je suis sensible à plusieurs termes, notamment ceux de la faune et de la flore. Il y a le mot "pacha" qui désigne un éléphant de mer. Croulala est le nom donné à un oiseau, ressemblant à un pétrel géant. Le mot vient de cracouass, un oiseau dessiné dans les schtroumf. "Lala" a été rajouté pour symboliser sa marche, dandinante et quelque peu instable, c'est oiseau majestueux quand il vole, mais sur la terre semble avoir mal au dos. Ce qui me plaît également, c’est "popchat", cela signifie une personne qui étudie les chats. Ce qui est amusant, c’est que les animaux sont humanisés par leurs noms et les humains empruntent les noms d’animaux. J’aime beaucoup cette inversion que je trouve inventive

mc/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Quota de pêche et y change de camp, Posté
Ce serait bien de protéger davantage les poissons en limitant la pêche.