Musique :

Elica prépare son opus : "Nous avons tous besoin d'espoir"


Publié / Actualisé
Une jeune femme au mental d'acier qui croque la vie à pleine dents et insuffle énergie, force et espoir. C'est tout l'effet Elica qui nous revient avec son nouveau titre Tena Manantena qui figurera sur l'EP actuellement en préparation et annoncé pour le second semestre 2022. Rencontre avec une belle étoile qui file vers le firmament (Photos Tropik Visions).
Une jeune femme au mental d'acier qui croque la vie à pleine dents et insuffle énergie, force et espoir. C'est tout l'effet Elica qui nous revient avec son nouveau titre Tena Manantena qui figurera sur l'EP actuellement en préparation et annoncé pour le second semestre 2022. Rencontre avec une belle étoile qui file vers le firmament (Photos Tropik Visions).

- Après "Laisse a mwin" vivre en 2016 et Mayaz l’an dernier, voici votre dernier titre Tena Manantena… Un nouveau message d’espoir ? -

Comme la plupart de mes titres, je m’inspire de tout sur ce qui ce passe autour de moi et dans le monde. J’évoque souvent la pauvreté, la misère et la condition féminine, et au regard du contexte actuel, j’estime que nous avons tous besoin d’espoir et que quoi qu’il arrive, j’aime à croire qu’on tient le bon bout. Dans toute chose, il faut en sortir du positif et tant qu’on est debout tout est possible.

Alors oui, je suis là pour délivrer un message d’espoir, mettre de la lumière dans les cœurs, dire qu’il ne faut jamais baisser les bras, donner de la force pour ne pas plonger et déprimer.
Le clip a d’ailleurs été tourné de nuit. Une manière de dire qu’après l’obscurité vient la lumière ?
Tout à fait. Parfois, la vie ne nous fait pas de cadeau mais quelles que soient les épreuves, la lumière est au bout du tunnel. Nou tienbo, nou larg’pa parce qu’en chacun d’entre nous sommeille un guerrier ou une guerrière !

- Votre expérience personnelle est-elle également source d’inspiration ? -

En effet, en 2016, en pleine finale du concours Run Star, on m’a diagnostiqué une forme rare de cancer dont je suis à présent guérie et pendant la maladie, je me suis rendue compte que la vie est précieuse.

On a de la chance d’être sur un beau caillou, de pouvoir vivre dehors, marcher, voir le ciel, la mer, les montagnes etc…  J’ai aussi rencontré des patients merveilleux, sans compter les infirmières que je considérais comme des anges. Grâce à ces personnes, j’ai pu me forger un mental herculéen pour sourire et prendre une revanche sur la vie, car on a tous cette force en nous, mais un petit coup de pouce est parfois nécessaire pour aller de l’avant. À travers ma musique, je veux transmettre cette force d’entrevoir la lumière.

- Vous êtes née d’un père malgache et d’une mère réunionnaise. Votre musique est-elle à l’image de votre métissage ? -

Oh que oui et j’en suis si fière ! C’était tout simplement évident de mettre en avant ce mélange des cultures dans ma musique mais aussi dans les sonorités qui me viennent d’ici, de Madagascar ou encore d’Afrique. Et puis La Réunion offre une telle palette de cultures qu’il faut en être fiers. Cette richesse est une vraie force.

- Vous dites ne pas aimer l’idée d’être limitée à une case. Est-ce une façon d’affirmer votre identité musicale ? -

Être multicase tout en montrant et affirmant sa propre personnalité, c’est super beau et très important sinon ça ouvre la voie à la frustration. J’ai eu cette chance de pouvoir faire plein de choses car j’ai des goûts très éclectiques. Au fil de mes rencontres, j’ai découvert d’autres univers qui m’ont enrichie. La musique c’est quelque chose d’universel et dans la mienne, j’utilise des sonorités de ci de là, comme un riz cantonnais délicat, mais tout en gardant ma propre identité.

- Comment avez-vous vécu cette période Covid ? -

Au début ça n’a pas été simple vu mon statut d’intermittente du spectacle. Mais j’en ai profité faire du jardinage (rires). Plus sérieusement, ça m’a permis de me concentrer sur la création et de retravailler ma voix car avec la maladie, j’avais perdu vocalement. Je l’ai vécu aussi comme un exutoire pour écrire tout ce que je ressentais par rapport à ce qui se passait autour de nous. Ça m’a fait prendre conscience des vraies valeurs, et m’a permis de relativiser un certain nombre de choses. Je pense que ça va se ressentir dans mon EP.

- Justement, parlez-nous de cet EP… -

Il sera composé de six titres avec des sonorités mélangées à l’image du titre sorti récemment mais il y aura également quelques surprises.Tout s’est enclenché en 2020 et ti lamp ti lamp, on a formé une super équipe avec notamment Sskyron, Tim Zéni, Michaël Pouvin, l’association Fenomenn, ma productrice Yaëlle Trulès et mon chorégraphe Jérémy Fontaine. Je suis très reconnaissante à ce petit monde d’avoir cru en moi car jusqu’à présent je m’auto-produisais et j’espère de tout cœur que ça ne s’arrêtera pas là, car à terme j’aimerais sortir un album. Dire que c’est EP est comme une ode à la vie prend tout son sens.

- Quel regard portez-vous sur la société actuelle ? -

Notre modèle actuel fait qu’on n’accorde plus assez d’importance aux vraies valeurs. Il faut savoir prendre du recul au risque sinon de passer à côté de plein de belles choses. On se perd et c’est dommage ! Or, on a besoin de solidarité, de discuter, d’échanger… Et à ceux qui estiment que ma façon de penser est utopique, j’affirme que ce n’est pas le cas. La vie est si belle et si précieuse qu’il faut en profiter chaque jour qui passe.

vw/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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