Économie - Petit commerce :

30 % de chiffre en moins


Publié / Actualisé
L'année 2008 a été une année difficile pour le petit commerce à La Réunion. Les 23 000 entreprises du secteur affiche un chiffre d'affaires en baisse de 30 %. La crise est passée par là et c'est tout l'avenir de ces commerces de proximité qui se joue
L'année 2008 a été une année difficile pour le petit commerce à La Réunion. Les 23 000 entreprises du secteur affiche un chiffre d'affaires en baisse de 30 %. La crise est passée par là et c'est tout l'avenir de ces commerces de proximité qui se joue
Jean Cadivel, président de l'antenne Est du syndicat de La Réunion du commerce alimentaire (SYRCAB) annonce "que la baisse du pouvoir d'achat a influé sur le comportement des clients". Il explique que "les consommateurs n'achètent que le nécessaire et font très attention au prix". Il remarque une augmentation des crédits."Avant je consentais des crédits pour aider les clients à terminer le mois, maintenant c'est dès le 15 qu'ils me demandent des petits bons".

La limitation des points de vente de tabac sur l'île n'est pas non plus sans inquiéter les patrons de boutiques. " La cigarette en plus de représenter 20 à 30 % de notre chiffre d'affaires est aussi un produit d'appel. Si nous perdons le droit de vendre du tabac, c'est bien plus de 20 à 30 % de notre chiffre que nous allons perdre" précise Jean Cadivel. En parallèle à cela, les boutiquiers éprouvent de plus en plus de difficultés à s'approvisionner. "Le groupe OK ne fournira plus les boutiquiers en 2009. Nous allons vers l'inconnu et il faudra que l'on s'organise comme une coopérative pour acheter tous ensemble pour moins cher".

Pour parer à la chute des bénéfices, la SYRCAB tente de moderniser le commerce alimentaire de proximité en introduisant le concept de "boutique service".


Moderniser les centres-villes

Adam Patel est un commerçant spécialiste du bébé à Saint-Denis. Il remarque comme ses confrères une baisse significative de la clientèle et du chiffre d'affaires. Il précise "qu'il y a un manque à gagner mais qu'il y a toujours une masse d'argent à dépenser. Ce seront donc les meilleurs produits qui l'emporteront". Il relativise la baisse de son chiffre en expliquant " que ce sont juste les progressions du chiffre qui ne sont plus à 2 chiffres. La crise, elle n'a rien de nouveau, on l'a tous vu venir. Moi j'ai 20 ans d'expérience, je la mets à profit comme je peux".

Il y a par contre des choses qui ne dépendent pas des commerçants, Adam Patel est agacé par le manque d'attractivité du centre-ville de Saint-Denis. " On nous demande d'ouvrir les magasins jusqu'à 19 heures, mais les consommateurs ne viennent pas. C'est normal, il n'y a pas de lumière, pas d'animation, ça ne donne pas envie" explique le commerçant.

"Pourtant dans le centre-ville, il y a des magasins de qualité en termes de produits et d'expositions, nous n'avons pas à rougir des vitrines parisiennes. Mais, il faudrait rayer d'un coup de baguette magique toutes les verrues de la rue Maréchal Leclerc" lance-t-il avec vigueur. Le problème selon ce commerçant, c'est le défaut de maximisation des surfaces, et "la politique de l'autruche de la ville de Saint-Denis, l'arrêt du projet pôle océan en est l'exemple".


Le président de la FEDACTION (Fédération Départementale des Associations d'Artisans, de Commerçants et de Travailleurs Indépendants organisés de la Réunion), Ibrahim Patel explique que sa structure sert à coordonner l'action de toutes les associations adhérentes.

La question de l'organisation des centres-villes soulève trois problèmes selon lui. Le premier est celui de la sécurité, de l'éclairage et des moyens de transport. "60 % des employés habitent les écarts de la ville, et certains ne se déplacent qu'en transport public. À partir de 18 heures, se déplacer devient compliqué, voire impossible" affirme-t-il.

Il note que très peu de zones sont adaptées aux projets de modernisation des centres-villes, il y a Saint-Denis et sa rue piétonne, Saint Pierre et la rue des Bons Enfants, et prochainement Le Port et Saint-Paul. "Ce qu'il faut, c'est que les associations de commerçants se rapprochent des mairies qui sont demandeuses de projets" déclare Ibrahim Patel.

Les projets en commun permettent la mise en ?uvre du fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce. Le président de la FEDACTION indique que "ce fond sert à améliorer les outils de travail des petits commerçants ". Il conclut en exprimant deux souhaits. D'abord "il faut que les associations de commerçants comprennent que leurs actions ne doivent pas se limiter à l'organisation de manifestations commerciales". Ensuite ces mêmes commerçants doivent admettre "qu'on ne fait plus de commerce comme il y a 20 ans et qu'il est absolument nécessaire de se moderniser".
   

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