Création d'entreprise :

Le micro-crédit à la rescousse


Publié / Actualisé
Devenir son son propre patron ou sortir du chômage : grâce au micro-crédit, le rêve peut devenir réalité. Jusqu'au 10 juin 2011, Micro crédit Réunion se déplace dans l'île, à la rencontre des futurs porteurs de projets. Une chance pour ceux auxquels les banques refusent de prêter l'argent nécessaire à leur activité. Mais cette aubaine à un coût : 9,71% de taux d'intérêt.
Devenir son son propre patron ou sortir du chômage : grâce au micro-crédit, le rêve peut devenir réalité. Jusqu'au 10 juin 2011, Micro crédit Réunion se déplace dans l'île, à la rencontre des futurs porteurs de projets. Une chance pour ceux auxquels les banques refusent de prêter l'argent nécessaire à leur activité. Mais cette aubaine à un coût : 9,71% de taux d'intérêt.
A l'occasion de la septième édition de la semaine du micro-crédit, des représentations de Microcrédit Réunion sillonnent l'île à la rencontre des porteurs de projets qui ne peuvent accéder aux crédits bancaires classiques. Chômeurs aux assedics ou sans ressources peuvent ainsi constituer des dossiers pour se voir octroyer des crédits pouvant aller jusqu'à 6000 euros à rembourser dans une période maximale de 30 mois.

Et à la Réunion, le taux de remboursement est particulièrement élevé. " 95,5% des emprunteurs remboursent leur crédit dans les temps ", indique Ibrahim Badrouzamani, responsable de l'agence Microcrédit Réunion de Saint-Denis. Présente sur le marché du Chaudron mercredi 8 juin, la structure a reçu des projets divers et variés : réalisateur audiovisuel, agent commercial, restaurateur... Les projets sont aussi divers que les individus qui les portent. Jeunes, moins jeunes, sans emploi, au RSA, en emploi précaire, petits salariés.... le public est large.

" Aujourd'hui, nous proposons des micro-crédits qui s'adaptent aux besoins des personnes ", poursuit Ibrahim Badrouzamani. Crée en 1989 en France et représentée à la Réunion par Microcrédit Réunion, l'ADIE (association pour le droit à l'initiative économique) octroie aujourd'hui des prêts correspondant à chaque situation : pour l'investissement, pour acheter du stock, pour les agriculteurs ou pour constituer un fonds de roulement. En partenariat avec le Pôle Emploi, Micro-crédit Réunion propose même des micro-crédits visant à aider les gens à accéder ou conserver leur emploi (financement d'un véhicule ou le passage du permis de conduire).

Aide inespérée à ceux que les banques boudent, le micro-crédit reste un crédit très cher. Les emprunteurs paient un taux d'intérêt de 9,71% sur la somme empruntée. C'est bien au dessus des crédits classiques offerts par les banques. " Mais nous proposons ce taux pour la totalité du crédit. En plus, nous accompagnons les porteurs de projet dans leurs démarches ", argumente Ibrahim Badrouzamani.

Autre réalité : seules 60% des entreprises crées sont pérennes à trois ans. " Mais 89% des 40% restants s'insèrent et retrouvent un emploi rapidement. Même s'ils ont échoués en tant que chef d'entreprise, ils ont repris confiance en eux et ils peuvent valoriser une expérience ", indique encore Ibrahim Badrouzamani.

Microcrédit Réunion peut d'ailleurs se féliciter d'être à l'origine de belles réussites personnelles. Parmi elles, un employé d'une société de nettoyage qui a obtenu un premier micro-crédit de 3000 euros pour installer sa propre société d'entretien. Trois ans plus tard, il vient d'obtenir un second crédit de 6000 euros et emploie 6 personnes. Autre success story : cette habitante de Saint-Paul, qui, employé d'un salon de coiffure, a construit de A à Z son propre salon dans sa cour et connait un beau succès.

" Ce sont souvent des gens qui ont la gnaque. Des gens qui font un métier passion et qui veulent devenir leur propre patron ", poursuit Ibrahim Badrouzamani. Les domaines qui ont le vent en poupe sont principalement ceux qui ne nécessitent pas de local et peu de frais de fonctionnement. Parmi eux, l'esthétique, et notamment l'onglerie, la restauration et le petit commerce ambulant. Souvent pratiqué en complément d'une activité salariée, ce métier peut devenir l'activité principale à terme.

En ce sens, le statut d'auto-entrepreuneur crée en 2009 par le gouvernement a facilité ce type de pratique et la création d'entreprise en général. S'il ne règle pas le problème de la précarité, ce statut permet de lutter, dans une certaine mesure, contre le chômage qui frappe près de 30% de la population. " Ce que l'on remarque, c'est que les gens ont une véritable envie de travailler. Ils ne veulent pas rester chez eux à ne rien faire ", conclut Ibrahim Badrouzamani.

Depuis l'année de sa création en 1994, Microcrédit Réunion a octroyé plus de 3500 micro-crédits à 2800 entreprises réunionnaises. Grâce à son soutien, 3300 emplois ont été créés ou consolidés. Une véritable contribution à la création d'emploi à la Réunion qui se situe entre 4 et 5000 dans le secteur salarié chaque année.


Où?
Saint-Denis, au Barachois le jeudi 9 juin
Saint-Pierre, place de la mairie, jeudi 9 juin
Saint-Paul, front de mer en face du marché forain, le vendredi 10 juin.

Marine Veith pour
   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !