Crise économique et sociale :

Flambée des prix du gaz et des carburants - "Mais que font les décideurs politiques ?"


Publié / Actualisé
Dans un contexte social difficile, une hausse des prix des carburants et de la bonbonne de gaz est annoncée pour le 1er mars 2013. Dans une semaine, la bonbonne de gaz coûterait 22 euros, le litre de sans-plomb devrait afficher au moins 1,66 euro et celui de gazole devrait coûter au moins 1,28 euro. Si cela se confirme, les niveaux records de février 2012 seraient atteints ou presque. On se souvient qu'il y a un an, ces augmentations sur les produits pétroliers et gaziers avaient attisé la colère des professionnels de la route, des associations de consommateurs et de la population. Ce qui avait ensuite laissé place à des émeutes. Pour Jean-Hugues Ratenon, "en un an, on n'a rien fait, il n'y a pas eu de réflexion de la classe politique et du gouvernement pour éviter de nouvelles augmentations". Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR (fédération nationale des transporteurs routiers) estime pour sa part que "rien n'a changé en un an". "Au contraire, il y a beaucoup plus de tensions, les élus doivent prendre leurs responsabilités". Il ajoute : "mais que font les décideurs politiques ?"
Dans un contexte social difficile, une hausse des prix des carburants et de la bonbonne de gaz est annoncée pour le 1er mars 2013. Dans une semaine, la bonbonne de gaz coûterait 22 euros, le litre de sans-plomb devrait afficher au moins 1,66 euro et celui de gazole devrait coûter au moins 1,28 euro. Si cela se confirme, les niveaux records de février 2012 seraient atteints ou presque. On se souvient qu'il y a un an, ces augmentations sur les produits pétroliers et gaziers avaient attisé la colère des professionnels de la route, des associations de consommateurs et de la population. Ce qui avait ensuite laissé place à des émeutes. Pour Jean-Hugues Ratenon, "en un an, on n'a rien fait, il n'y a pas eu de réflexion de la classe politique et du gouvernement pour éviter de nouvelles augmentations". Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR (fédération nationale des transporteurs routiers) estime pour sa part que "rien n'a changé en un an". "Au contraire, il y a beaucoup plus de tensions, les élus doivent prendre leurs responsabilités". Il ajoute : "mais que font les décideurs politiques ?"

 7 euros de plus sur le gaz, au moins 5 centimes de plus sur le litre de sans-plomb et au moins 2 centimes sur le litre de gazole. Voilà ce qui attend les Réunionnais dans une semaine. Les prix des carburants atteindraient se rapprocheraient des niveaux records de février 2012 où le sans plomb était à 1,66 euro et le gazole à 1,29 euro. Des records qui avaient suscité la colère des usagers de la route, et avaient conduit les transporteurs à bloquer les routes et l'économie réunionnaise. Un mouvement plus général contre la vie chère s’était alors formé, et avait ensuite provoqué des émeutes dans plusieurs communes de l’île.

Pour Jean-Hugues Ratenon, les augmentations annoncées pour le mois de mars "étaient prévisibles". "En un an, il n’y a pas eu de réflexion de la classe politique et du gouvernement. Chacun pense à son propre intérêt et rien n’est fait pour protéger la population", condamne-t-il. "L’ARCP s’est battue pour la bouteille de gaz à 15 euros et on a gagné cette bataille. Mais nous voulions que ce financement se fasse sur une baisse des marges, et les élus de La Réunion ont préféré, de manière lâche, prendre de l’argent dans les caisses de la Région et du Département", lâche-t-il.

"La Région et le Département ont annoncé en décembre 2012 qu’ils ne financeront plus la bouteille de gaz à 15 euros à partir du 1er mars. Depuis, l’ARCP tire de nouveau la sonnette d’alarme, et se mobilise par des manifestations, des pétitions, pour alerter sur la nécessité de trouver un juste prix", indique Jean-Hugues Ratenon. "Mais que font les décideurs politiques ? On ne les voit pas. Pourquoi nos élus ne se manifestent-ils pas contre l’injustice ?", demande-t-il.

"La classe politique et l’Etat doivent prendre leurs responsabilités, mais ils ne servent que leurs propres intérêts", estime le président de l’ARCP, qui ne manque pas de faire remarquer que le président de la Région, Didier Robert, a financé le dispositif quand le gouvernement de Nicolas Sarkozy était encore en place, et que maintenant que c’est François Hollande qui est au pouvoir, il se rétracte.

Quant à savoir si ces augmentations ne risquent pas de provoquer des mouvements et des émeutes comme en février 2012, Jean-Hugues Ratenon répond : "Moi, je ne suis pas partisan des émeutes. Je suis pour la manifestation, mais contre la violence. Je suis pour que l’on trouve des solutions pérennes pour la population, et c’est aux élus de prendre leurs responsabilités".

Pour Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR, et à la tête des revendications contre la hausse des prix des carburants en février 2012, l’annonce de nouvelles augmentations est "une pilule dure à avaler pour les professionnels de la route comme pour la population, surtout en ce moment, alors que la jeunesse se révolte par rapport au problème du chômage". "La hausse sur les prix des carburants est vue comme une provocation et une injustice par les professionnels de la route et par une bonne partie de la population je pense", ajoute-t-il.

Jean-Bernard Caroupaye estime que "rien n’a changé en un an". "Au contraire, il y a beaucoup plus de tensions", dit-il. "Les jeunes n’ont pas de travail, les entreprises sont confrontées à des difficultés, il y a un faible pouvoir d’achat. Il y a une véritable souffrance, et les élus ne réagissent pas", condamne-t-il. "Ils sont silencieux, ils se dérobent face à leurs responsabilités, ce n’est pas normal", souligne le président de la FNTR.

Il ajoute que "s’il y a une flambée des prix, les professionnels de la route feront valoir leurs droits". "On a signé un protocole d’accord sur le gazole détaxé. Il y a une clause qui dit qu’en cas de flambée des prix, il y aura une révision de cette détaxe. La Région a intérêt à tenir ses engagements", indique Jean-Bernard Caroupaye. Enfin, il estime que "les produits pétroliers font partie des produits de consommation courante" et qu’ils devraient "être intégrés dans le bouclier qualité-prix. 

La population réunionnaise se passerait bien des augmentations annoncées, surtout dans le contexte social actuel, particulièrement tendu. Les barrages dressés dans plusieurs communes de l’île par des manifestants réclamant des contrats aidés et les émeutes qui ont eu lieu au Port ces derniers jours, en sont la preuve.

www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Piff50, Posté
Il faut être cohérents ! Les réunionnais réclament depuis des années l'égalité avec la Métropole. C'est déjà fait dans un certain nombre de domaines. Je signale tout de même que la bouteille de gaz en Métropole coûte entre 28 et 32 euros. Les conseils régionaux n'ont jamais financé une partie du prix. Le super sans plomb est actuellement à 1,72 euros et le gazole à 1,40 euros. Alors l'égalité ? Je peux vous dire qu'en Métropole les gens ne sont pas plus riches qu'à la Réunion et en plus, ici, il faut affronter l'hiver (le prix du fuel domestique pour se chauffer a triplé...ne parlons pas du chauffage électrique !). Je suis réunionnais vivant en Métropole et je comprends qu'à la Réunion il y ait des familles très modestes qu'il faut aider. Mais ce ne sont pas celles-là qui protestent et qui descendent dans la rue pour un oui et pour un non. Alors chers compatriotes, et surtout ceux qui vocifèrent en permanence, ayez un peu de sérieux et allez aider ceux qui, près de vous, sont certainement plus malheureux que vous.
Alimeme, Posté
Quel flambée du gaz ? C'est un juste retour à la normal. Arrêtez de faire croire que c'est nouveau. Le prix a été réduit TEMPORAIREMENT, ça veut bien dire ce que ça veut dire!